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20/05/2006

Blog à Part

Passage à l'émission
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00:00 Publié dans Livre Inter | Lien permanent | Commentaires (0) |

19/05/2006

Débats

medium_livre_inter14.jpgVotes

et

débats

-

Photo Joëlle Abadie -

Eva Bettan 

Jean Echenoz

Arrivée prévue le dimanche vers 15 heures à la maison de la radio pour un début des débats à 16 heures. J’y suis à moins le quart. Joël Labadie est déjà là et cause avec les hôtesses, à l'écart deux messieurs qui m’ont précédé. Les jurés arrivent dans le hall et se mêlent à la queue du concert dominical de la maison ronde. 15:30, nous sommes invités à monter par petits groupes vers la salle des débats. On a déjà un peu discuté. Il semble bien que mes craintes de victoire du Nicolas Fargues sont sans fondement.

En bout de table Eva Bettan et Jean Echenoz auxquels va se joindre Paul-Louis Mignon fondateur du prix. Puis les 24 autour des la table. Derrière un preneur de son et quelques personnes que l’on n’identifie pas et que se révèleront être Vincent Josse, Cyril Sauvageot et... pas mal de gens du service culturel qui nous ont sélectionné. Patricia Martin va se joindre à eux un peu plus tard. A 16 heures, le tour de table commence, ensuite je perds la notion du temps. Quatre heures vont passer comme un charme.
 
La consigne n’est pas très claire, parler de ses coups de cœur et ses rejets. Joël Egloff ne viendra pas. Il donne son tiercé gagnant. Certains s’étalent, d’autres sont plus brefs. Quelqu’un annonce qu’il donnera son choix plus tard.  Personnellement j’aimerais avoir mieux défendu le Deville mais je vais trop vite, mentionne le Harang et explique que le Fargues m’a fortement déplu. Je laisse la parole à mon voisin qui attaque par : « J’ai commencé par lire en premier Je vais de mieux en mieux et je me suis dis que cela ne pouvait que aller de mieux en mieux. » Certains livres sont violemment rejetés mais presque tous les livres sont cités en tête de sélection de l’un ou l’autre juré sauf deux. Le livre de Harang semble faire l’objet du plus grand nombre de suffrages mais rien de sûr ne se dégage.

Pas de pose officielle, dans le couloir je discute avec Patricia Martin et d’autres, il semble qu’ils surveillent les jurés qu’ils ont sélectionné pour voir s’ils correspondent à leur lettre :-) Premier tour, La chambre de la Stella est en tête avec 8 voix sur 26. Deux voix pour le Deville qui semble déjà battu. Consigne d’Eva Bettan : « Battez-vous pour votre livre, après le vote, les regrets ne seront pas de mise. » Alors on se bat… Pas facile de trouver encore des arguments après plus de deux heures de débats. Alors on fait flèche de tout bois. Troisième tour, le Harang est encore en tête avec 10 voix contre 9 au Tanguy Viel. C’est serré !

Re-débat, les arguments s’épuisent. Les citations et lectures commencent. Très belles phrases du Tanguy Viel, balancées à souhait. Pour Jean-Baptiste Harang, il faudrait lire des passages plus longs. Troisième tour, majorité simple, égalité 12-12. On repart dans la discussion pour un quatrième tour et la victoire de La chambre de la Stella. Je suis content.

Les perdants sont de bons perdants et on se retrouve autour des tables du repas où nous sommes intercalés avec des gens de France Inter, pour ma part je suis avec Vincent Josse et Gille Schneider et une voisine charmante dont j’ai oublié le nom. Le héros de la soirée arrive tout ébaubi, il rentre d’une séance de signature à Guéret qui comme chacun le sait est le chef-lieu de la Creuse près de Dun le Palestel où se trouve la maison d’enfance de Jean-Baptiste qui abrite la chambre de la Stella. On refait le débat et on refait même notre radio favorite.

Eva Bettan et Cyril Sauvageot partent au festival de Cannes. Il vont interviewer les stars du 7ième art. Le repas dure jusqu’à une heure du matin.

16:55 Publié dans Livre Inter | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : Littérature |

17/05/2006

Article d'Isabelle

Un article d'Isabelle Bordes, membre du jury, journaliste localière, paru dans Ouest-France. Article envoyé par Christophe Angot :

medium_jury3.jpg

L'article en format normal à télécharger:

http://perinojo.perso.cegetel.net/

23:05 Publié dans Livre Inter | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : Littérature |

16/05/2006

Heureux élu

medium_jbh.jpgCet homme,

air inquiet derrière ses lunettes,

est Jean-Baptiste Harang

l’heureux élu de notre jury perspicace

présidé par Jean Echenoz.

Etre reçus deux jours comme nous l’avons été par le service culturel et la direction de notre radio favorite, pour des lecteurs comme nous c’est comme de passer deux jours à Claire Fontaine reçus par les bleus avant la coupe du monde pour des footeux. Patricia Martin, Vincent Josse, Cyril Sauvageot, Gilles Schneider, Eva Bettan. Un régal de tous les instants. Délibérations passionnantes, repas riches d’échanges, émissions en grands et petits studios, Rebecca Manzoni Eclectic, Le fou du roi, le carrefour de l’Odéon, puis le 13-14 avec Yves Decamp et enfin le téléphone sonne d'Alain Bédouet.

Des auteurs prestigieux comme Echenoz, talentueux comme Harang et tellement proches et à l'écoute nous parlant d’écriture, des mystère de l'écriture, du plaisir d’écrire, de la vanité d’écrire…    

Avez-vous remarqué que c’est le nous qui est venu sous mes doigts ? Un signe qu’en très peu de temps, des liens se sont créés entre les 24 jurés et que cette aventure a été partagée. Une aventure de lecteurs pas toujours d’accord mais solidaires de la décision commune.

Je vais reparler de ces deux jours, de ces trois jours puisque nous (ma femme et moi uniquement) en avons profité pour visiter l’expo sur le douanier Rousseau. Très belle expo.

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23:30 Publié dans Livre Inter | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : Littérature |

15/05/2006

Pre-posté

Voilà, quand vous lirez cette note, le prix aura été attribué.

Pas sûr que ce soit parmi mes favoris…

Tant pis je me mouille voici ma liste :

1-La tentation des armes à feu de Patrick Deville

2-La chambre de la Stella de Jean-Baptiste Harang

3-Chroniques de l'asphalte de Samuel Benchetrit

-Insoupçonnable de Tanguy Viel
-J'ai renvoyé Marta de Nathalie Kuperman
-Entre les murs de François Begaudeau
-Je vais de mieux en mieux de Marie-Dominique Lelievre
-J'étais derrière toi de Nicolas Fargues
-Les pays immobiles de Bayon
-Fuir les forêts de Fabrice Gabriel

…et voici une ébauche de ce que je pourrais avoir dit dimanche 14 quand on m’interrogera :

Je crois que sans le livre Inter je n’aurais jamais eu l’idée de lire le livre de Patrick Deville. Rien n’aurait semble-t-il pu m’attirer dans ce livre, ni la 4 ième de couverture, ni ce qu’on disait de Patrick Deville. Si j’avais établi de critères objectifs avant de lire les 10 livres, tel que l’intérêt de l’histoire, la cohésion de l’œuvre, la construction… que sais-je, bien peu auraient été satisfaits. Et pourtant, aussi bien à la lecture qu’à la relecture ce livre m’a procuré un plaisir énorme. Pourquoi ?

J’ai aimé cette balade à travers les temps et les lieux. Cette curiosité qu’est la photo de Baltasar Brum avec un pistolet Smith et Wesson dans chaque main, photo qui traverse la vie de l’écrivain à deux ans d’intervalle. Ce livre inconnu d’Aldoüs Huxley associé à l’auteur par son personnage principal Faning dans un délire de cette jeune actrice anglaise blonde et fragile. Cette randonnée à travers l’ex-URSS, entre Bakou et Tbilissi, où l’on rencontre la mythique voiture Lada* et des poètes au destin tragique toujours liés aux armes à feu et le couple flamboyant Essenine et Isadora Duncan, on parle de voyages et de voyageurs. La littérature et le voyage dans un miroir. Une grande maison jaune et blanche dont le balcon donnait sur la Caspienne. Et puis… ce film d’Hitchcock, Topaz, oublié, incompris… Voilà. A la première lecture, je ne savais pas pourquoi je me suis fais envoûter. Une seule solution pour le savoir, il fallait que je le relise.

Je n’ai pas mieux compris la seconde fois mais cela a confirmé à quel point j’aimais ce livre inclassable. Cet OLNI, cet Objets Littéraire Non Identifiés qui nous promène de McGuffin en McGuffin. Il y a bien sûr un style agréable, une écriture musicale mais aussi une écriture qui se fait oublier, on ne trouve pas de ces phrases dont on se dit qu’elles sont bien trop léchées pour être honnêtes. Ces quatre textes voyageurs imbriqués m’ont fait pétiller les neurones.

J’ai tellement été envoûté parce livre que j’ai de la peine à passer à mes deuxième et troisième coups de cœur que son la chambre de la Stella et les chroniques de l’asphalte. Pour ces deux romans je vais me répèter :


Jean-Baptiste Harang ne soigne pas le suspens mais il soigne le style. Ses descriptions sont longues et nombreuses mais elles ne lassent pas. On les déguste comme des tranches du cake de la grand-mère. Son livre a un petit côté suranné, pas seulement dans son sujet mais aussi dans sa manière. Une écriture de l’autre siècle, des paragraphes faits sur mesure pour y tailler des dictées pour les élèves attentifs aux détails mais aussi pour les distraits.


Pour Benchetrit, je disais une écriture simple, décontractée et efficace, une mise en scène à l’intérieur des chapitres bien faite, je me suis laissé emporter par la fraîcheur de ces petites histoires, l’atmosphère du quartier. Un livre sympathique.

 

* Lada dont j’ai possédé un exemplaire jaune.

PS: Le livre de Deville ressemble un peu à ce blog. Géographie et littérature. De plus il est précédé d’une citation de Victor Segalen dont je lis que pour obtenir son doctorat de médecine, il soutint en 1902 une thèse dont le titre était Les Cliniciens ès lettres. Le sujet en était les névroses dans la littérature contemporaine. 

12/05/2006

Bilan provisoire

medium_li.2.jpgJ-2.

Dimanche 14

Le verdict

Dimanche donc, réunion des jurés dans la maison ronde. Je vous raconterai. En attendant je continue de rassembler mes idées et le débat est toujours intense dans ma tête. Il y a quelque chose qui fait de la littérature un art à part. On écrit pour communiquer et on écrit pour créer du beau. Cette question me poursuit depuis mes cours de français du collège passés à plancher sur des textes magnifiques de Racine ou de Molière… textes dont on se demandait bien à quoi cela pouvait nous servir. Peut-être à prendre le goût de la belle langue, ce qui n’est déjà pas mal.


Communication ou esthétique ? Les deux ne sont bien sûr pas incompatibles mais entre un poème et une note scientifique il y a de la marge et on comprend bien que la littérature scientifique ne puisse pas laisser trop de place à la poésie. En ce qui concerne les dix livres Inter, il y a aussi des degrés, bien que la plupart des livres soient, heureusement, du côté de la belle littérature, pourtant entre le Deville et le Gabriel d’un côté et le Benchetrit ou le Bégaudeau de l’autre, il y a du champ.

Et puis on aimerait rencontrer le grand coup de foudre, le Parfum, Cent ans de solitude… et puis... non. Bien sûr c’est placer la barre un peu haut mais c’est aussi pour ça que je me suis lancé dans cette aventure. C’est un rêve, plonger dans un bain de littérature. Voilà, j’aurai été juré du livre Inter…


Pour répondre à la question de Ruth, non pas d'overdose, content quand même que cette phase de préparation se termine et un peu impatient de savoir la suite comme quand on tourne une page. 
A suivre…

09:50 Publié dans Livre Inter | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : Littérature |

11/05/2006

Lecteurs

Et il n'y a pas d'activité plus belle et morale que la lecture. Lire des romans c'est déjà un acte de liberté. Je suis d'ailleurs favorable à ce qu'on paie les lecteurs. Ils ont une véritable activité civique morale de pensée. Si on proposait le smic à quelqu'un qui veut devenir lecteur, je suis persuadé qu'il n'y aurait pas énormément de volontaires. Pour être lecteur, pas juste lire des histoires, il faut des années de pratique, des années d'entrainement, parce qu'on ne peut pas lire de la littérature française contemporaine si on n'a pas lu l'anglaise du XVIIIe sicècle, si on n'a pas lu les classiques...les lecteurs sont des héros.

Patrick Deville