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22/04/2007

Président ciel !

Suite au débat sur l'anachisme de droite sur le blog d'Alain Bagnoud, je trouve ce texte de circonstance:

"Être gouverné, c'est être gardé à vue, inspecté, espionné, dirigé, légiféré, réglementé, parqué, endoctriné, prêché, contrôlé, estimé, apprécié, censuré, commandé, par des êtres qui n'ont ni titre, ni la science, ni la vertu... Être gouverné, c'est être à chaque transaction, à chaque mouvement, noté, enregistré, recensé, tarifé, timbré, toisé, coté, cotisé, patenté, licencié, autorisé, admonesté, empêché, réformé, redressé, corrigé.

C'est sous prétexte d'utilité publique et au nom de l'intérêt général être mis à contribution, exercé, rançonné, exploité, monopolisé, concussionné, pressuré, mystifié, volé ; puis, à la moindre réclamation, au premier mot de plainte, réprimé, amendé, vilipendé, vexé, traqué, houspillé, assommé, désarmé, garrotté, emprisonné, fusillé, mitraillé, jugé, condamné, déporté, sacrifié, vendu, trahi, et pour comble, joué, berné, outragé, déshonoré. Voilà le gouvernement, voilà sa justice, voilà sa morale ! Et qu'il y a parmi nous des démocrates qui prétendent que le gouvernement a du bon ; des socialistes qui soutiennent, au nom de la liberté, de l'égalité et de la fraternité, cette ignominie ; des prolétaires qui posent leur candidature à la présidence la République !"
Proudhon  - Idée générale de la révolution au XIXe siècle 1851

 

02:25 Publié dans Lecture | Lien permanent | Commentaires (1) |

21/04/2007

Voyages

Chaque année, plus de 700 millions de touristes parcourent le monde. En 2010 on devrait atteindre le milliard. *

Un milliard d’agités occupés à gaspiller de l’énergie pour nous appeler d’un col à 5416 mètres dans les Annapurnas et revenir ensuite nous assommer avec leur récit de voyage en nous montrer des centaines de photos jusqu’à l’ennui le plus soporifique et le bâillement mal dissimulé. Au diable les portables et les appareils photos numériques

Des milliers de bordelais s’en vont à perpète sans avoir vu La Rochelle ou Saint Malo ni même la dune du Pyla et la bassin d’Arcachon. Des dizaines de milliers de parisiens qui ne connaissent pas les Alpes, les Vosges ou le Massif central et qui partent pour Bora Bora, le Machu Picchu, Phuket… Des millions d’Américains pansus et fessus qui croisent sur les mers, se font dorer à Cancun ou aux Maldives… J’ai rencontré un couple de Miami à Las Vegas qui connaissaient bien l’Europe et les tables de jeux mais n’étaient jamais allé au Grand-Canyon ni à Brice Canyon, à deux pas de LV. Ce que je faisais à Las Vegas ? Hum, je ne faisais que passer…

medium_taj-mahal.jpg Certes les voyages forment la jeunesse et déforment les valises mais, pour sauver la planète, n’est-il pas temps de donner aux jeunes le dégoût des voyages faciles, des files d’attente dans les aéroports, des maladies tropicales, des pays politiquement peu sûrs, des repas trop épicés et potentiellement dangereux pour nos estomacs fragiles, … Cela prendra du temps mais il faut commencer aujourd’hui pour que, plus âgés, ils cessent de trimballer leur carcasse aux quatre coins du monde pour un milliardième photo du Fuji-Yama, de la tour Eiffel, du Golden Gates, du Mont-Blanc, des sources du Nil, du Piton de la Fournaise ou du Taj Mahal.

* De l'art d'ennuyer en racontant ses voyages
Un petit livre de Matthias Debureaux
chez Cavatines

 

08:50 Publié dans Géographie | Lien permanent | Commentaires (7) |

19/04/2007

Alzir Hella

medium_peur.jpg.

Si

vous cherchez

sur Google

« Alzir Hella »

vous trouvez

10'600 références.

Mais qui était

Alzir Hella ?


Hella Alzir Léonce Guillaume (1881-1953) typographe, correcteur, syndicaliste, anarchiste puis communiste.

Hella fut un ami et traducteur de Stefan Zweig. Un traducteur de pas mal d’autres écrivains allemands comme Erich Maria Remarque ("à l’ouest rien de nouveau"). Il a aussi traduit Tolstoï à partir de l'allemand et encore Saidjah en Adinda de l’écrivain néerlandais Multatuli. Pourtant vous ne trouverez pas grand-chose sur sa vie.

Edouart Douwes Dekker (1820 - 1887), également connu sous son nom de plume Multatuli (« J'ai beaucoup souffert » en latin) est un écrivain néerlandais connu pour son roman pamphlet Max Havelaar.

Max Havelaar est une branche de l'association inter-nationale F.L.O. (Fairtrade Labelling Organization). Max Havelaar est actuellement le principal label de commerce équitable.

18/04/2007

A pied

medium_rlstev.jpg.

Les

voyages

à pied

.

Nous sommes si pressés d’agir, d’écrire, de réunir des biens, de nous faire entendre un instant dans le silence moqueur de l’éternité que nous oublions une seule chose dont celles-là ne sont que fragments : vivre. Nous tombons amoureux, nous buvons sec, nous courons de ci de là sur la terre comme des moutons apeurés. Demandez-vous maintenant si, au bout du compte, vous n’auriez pas mieux fait de rester au coin du feu chez vous, occupé au bonheur de penser. Rester à contempler, se rappeler les visages des femmes sans les désirer, être partout et avec tout en sympathie, mais vous contentez de rester où vous êtes et ce que vous êtes, n’est-ce pas connaître la sagesse et la vertu à la fois et demeurer dans le bonheur ?

Après tout, ce ne sont pas ceux qui portent la bannière qui jouissent de la procession, mais ceux qui la regardent de leur balcon. Une fois que vous aurez saisi cela, vous serez d’humeur à être un parfait hérétique vis-à-vis de la société. Ce n’est pas l’heure de vous dérober, ou de prononcer de grands mots vides.

(…la marche à pied...)

Est-ce que, pendant cet intervalle, vous avez été le plus sage des philosophes ou le plus insigne des ânes ? L’expérience humaine n’est pas encore en mesure de répondre ; mais au moins vous avez connu un magnifique moment, et abaissé les regards sur les royaumes de la terre. Que ce fût sagesse ou folie, le voyage de demain vous emportera corps et âme vers quelque autre paroisse de l’infini. Celui qui est membre de cette confrérie ne voyage pas en quête de pittoresque mais à la recherche de certaines humeurs joyeuses – De l’espoir et de l’esprit qui accompagnent les premiers pas le matin et de la paix, de la plénitude spirituelle au repos du soir.

 Des promenades à pied – Robert Louis Stevenson 1876 

01:25 Publié dans Textes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : randonnée, pedibus, philosophie |

16/04/2007

Quand lire est une fête

medium_elegance.jpg

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L'égance

du

Hérisson

 ---

Muriel

Barbery

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Edition Feryane

ou NRF

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Je reprends ce titre de JLK pour les arpenteurs du monde car l’élégance du hérisson est selon moi une vraie fête. Offre-vous trois ou quatre heures de fête en vous plongeant dans cet immeuble haut standing, rue de Grenelle, où se croisent deux récits.

Madame Michel d'abord, la concierge qui nous parle d’elle. 54 ans, 27 ans de service dans l’immeuble, elle joue à la perfection le rôle de la gardienne peu amène, revêche et un brin basse de plafond. On s’aperçoit bien vite que son plafond est en fait assez haut, voire même très haut. Elle adore la littérature, le cinéma et l’Art en général. Planquée dans sa loge Renée Michel est un puit de culture qui nomme ses chats d’après Tolstoï, le dernier en date, obèse à souhait s’appelle d’ailleurs Léon.

Au cinquième étage vit dans 400 m2 une petite fille de douze ans, Paloma, surdouée, suicidaire et misanthrope dans une famille très gauche caviar, le père est député socialiste, la mère est depuis des années en psychanalyse, antidépresseurs et plantes vertes, la fille aînée, Colombe est le cauchemar de Paloma, à cause du bruit et de sa vacuité de jeune adulte déjà lancée sur les rails d’une vie de riche. Paloma a tout compris de la vie, elle philosophe avec conviction dans un style juvénile mais pas djeun pour un rond.

Ces deux personnages nous sont immédiatement sympathiques à travers leur récit. On est dans l’anti Houellebecq. On est dans les bons sentiments et la pensée positive, un brin fleur bleue… personnellement j’aime bien, cela change de ce monde où il faut être le plus fort et pousser les copains pour passer. On se marre aussi aux dépends de l’université-pouet-pouet, de la psychanalyse-escroquerie-intellectuelle, des riches snobs, branchés et impitoyables, des grandes bourgeoises qui s’écharpent pour une petite culotte soldée 299 euros 90…

C’est superbement écrit, c’est très littéraire, Muriel Barbery s’en est donné à cœur joie vu que sa concierge est le nec plus ultra de la culture, elle ne nous épargne pas trop côté vocabulaire et théorie, ce qui n’est pas pour me déplaire, c’est même instructif parfois (la phénoménologie de Husserl) et amusant. On pourrait lui faire le reproche de trop de caricatures, je ne le ferais pas, j’ai trop pris de plaisir à cette lecture. En plus Madame Michel, notre concièrge, est, comme moi, fan d’Ozu… alors forcément c’est trop beau ! D’ailleurs, dans la deuxième partie, Ozu va arriver tel Zorro, mais je vous laisse le plaisir de la découverte. Ames sensibles prévoyez un mouchoir pour la fin.

Les lecteurs difficiles trouveront peut-être le début un peu long, mais laissez-vous donc aller, la deuxième partie est un pur régal, soyeux à souhait, agréable comme les pâtisseries de Manuela, l'amie de Renée, poétique, joyeux et communicatif. Bref, lisez-le et si vous n’aimez pas venez m’engueuler ici. Je ne rembourserai pas le livre mais je veux bien compatir... enfin, un petit peu.

01:30 Publié dans Lecture | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : littérature, ozu |