13/12/2006
Parfum 13
Parfum d'avent
Vendredi 12 décembre
C’est bizarre qu’on ne soit pas vendredi 13, les journaux sont remplis de mauvaises nouvelles. Le gouvernement n’arrive pas à tenir son programme vertueux. Le parti des libéraux s’est allié avec les populistes de Marine Verdoux, ils veulent sortir de l’Europe, supprimer les taxes vertes et faire repartir la croissance économique à tous prix.
Et en plus mon patron est furieux parce que j’ai fait une petite remarque à son neveu. Je ne me souvenais même pas de quoi il s’agissait… ah oui je lui ai dit que c’était idiot d’avoir fait acheter cette nouvelle photocopieuse... que l’ancienne allait très bien… Bref, il ne faut pas toucher à un cheveu du gamin.
Christèle est rentrée toute abattue du boulot, elle ne répondait pas à mes questions et elle a fini par craquer…
- Phil, je n’en peux plus de garder ça pour moi.
- Garder quoi ?
- Le secret du projet sur lequel je travaille.
- Tu peux m’en parler, je n’y comprendrai goutte comme d’hab. mais va y parle… ça te soulageras.
- Si, tu vas comprendre facilement. Tu sais cette frénésie d’achats que l’on observe depuis quelque temps, eh bien c’est à cause de Biomol et en particulier de mes travaux.
- Non !
- Si, j’ai travaillé sur une molécule dont le nom de code est Férociné…
Elle m’a tout expliqué. C’est un peu long à détailler ici et je suis bien trop fatigué pour ça mais je suis très inquiet…. Elle ne doit en parler à personne, pas même avec sa copine Evelyne, encore moins avec moi.
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12/12/2006
Parfum 12
Parfum d'avent
Jeudi 11 décembre
Ce soir Christèle est à nouveau rentrée très perturbée. Quand je lui ai dit que samedi j’allais acheter un nouvel ordinateur pour mes parents, elle a eu l’air encore plus effondrée. Elle a commencé d’un air grave, elle avait visiblement quelque chose de très important à me dire
- Phil, il faut qu’on parle…
- Chérie tu as l’air bouleversée.
- Tu sais… je crois que tes parents n’ont pas besoin d’un nouvel ordinateur, ils savent à peine se servir de celui qu’ils ont.
- Oui, mais il a déjà cinq ans, c’est vieux pour un ordi.
- Peut-être mais cela va coûter un maximum de taxe de recyclage. Si vraiment tu y tiens, on pourrait ajouter de la mémoire sur celui quils ont.
- Si c’est une question d’argent…
- Non, bien sûr que non.
Je dois bien reconnaître mes parents n’ont pas besoin d’un nouvel ordi. Je ne sais pas ce qui me prend en ce moment, d’habitude c’est plutôt moi qui freine l’envie acheteuse de Christèle… et là, c’est plus fort que moi… Bon, je vais me coucher
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11/12/2006
La vie
Un extrait de
Tristano
Meurt
-
Antonio
Trabucchi
prétend que:
la vie ne procède pas par ordre alphabétique comme vous le croyez. Elle apparaît... un peu ici et un peu là, comme bon lui semble, ce sont des bribes, le problème est ensuite de les recueillir, c'est un petit tas de sable, et quel est le grain qui soutient l'autre ? Il arrive que celui qui est au sommet et qui semble soutenu par tout le tas soit au contraire celui qui tient ensemble tous les autres, parce que ce tas n'obéit pas aux lois de la physique, tu enlèves le grain dont tu pensais qu'il ne soutenait rien et alors tout s'écroule, le sable glisse, il s'étale et il ne te reste rien d'autre à faire que des gribouillis avec le doigt, des allées et venues, des sentiers qui ne mènent nulle part, et ainsi de suite, tu es là à tracer des allées et venues, mais où sera-t-il passé, ce grain béni qui tenait tout ensemble... et puis un jour le doigt s'arrête tout seul, il n'arrive plus à faire des gribouillis, il y a sur le sable un tracé étrange, un dessin sans logique ni construction, et tu soupçonnes tout à coup que le sens de toute cette affaire était dans les gribouillis.
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Parfum 11
Parfum d'avent
Mercredi 10 décembre
Christèle est encore rentrée tard du travail. Elle a toujours les traits tirés… Son chef lui a octroyé un quatorzième mois et une grosse prime. Elle ne connaissait pas le montant, c’était un pourcentage sur un programme de récompense pour les cadres, elle a essayée de me faire le calcul, elle s'est embrouillée... cela semblait trop énorme… et ça n’avait pas l’air de la réjouir plus que ça. Quand je lui en ai demandé la raison, elle s’est mise à pleurer. J’avoue que je n’ai pas su quoi faire sur le moment. Un comportement aussi curieux à de quoi surprendre. Finalement je l’ai prise dans mes bras et les choses se sont arrangées comme d’habitude.
J‘ai failli écrire : « …à de quoi surprendre, vous ne trouvez pas ? » En fait c’est ce qui me frustre avec l’écriture d’un journal, c’est que je ne sais pas à qui je m’adresse.
C’est une fin d’année trépidante. Au boulot, on m’a adjoint un aide vendeur, Antoine, un cousin du patron qui ne m’a pas l’air très doué pour la vente, heureusement il est assez gentil. Il s’est installé dans mon bureau en attendant.
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