18/03/2017
Carrières de lumière
Naguère, on avait raté Cézanne dans les carrières de lumière au Baux de Provence, cette fois on ne voulait pas rater Breughel, Bosh et Archimboldo.

Pour ceux qui ne connaissent pas, le spectacle utilise les anciennes carrières de calcaire pour afficher des œuvres animées dans une totale immersion. La peinture défile sur les murs et sur le sol dans une ambiance musicale très riche. C’est magique ! On l'a vu trois fois mais sans doute qu'à la quatrième on aurait encore découvert pas mal de détails tant la richesse de ces toiles et de l'animation qui en est faite est profuse.

A la fin de la projection des trois peintres, on assiste à la projection dans le même style d’images tournées par Méliès au début du XXième siècle. C’est aussi très beau.
Cocteau a utilisé les carrières pour un film, du coup on peut voir, a l'écart du grand spectacle un film sur Cocteau, nettement moins intéressant.
Si vous y allez, prenez une petite laine, il ne fait pas chaud dans les carrières.
10:29 Publié dans Art, Naples | Lien permanent | Commentaires (2) |
17/03/2017
Une pinte de bon sang
Trois jours de marche dans les Calanques pour renouer avec une habitude printanière. Ensuite on a agrémenté le voyage par un petit arrêt à Arles (ou est-ce en Arles, RV ?) dans le but de visiter les Carrières de Lumière aux Baux de Provence.
![]()
Excellent restaurant dans la vieille ville, Le Criquet, cuisine provençale, ravioles, poisson… Visite de la ville, les arènes, le théâtre (amphi), la librairie Actes-Sud et arrêt dans la cathédrale Saint Trophime qui se pare du titre de primatiale. Dans la chapelle des rois, je découvre un truc étonnant.
On connaît le goût des catholiques pour les reliques. Si on rassemblait les vestiges de la vraie croix on pourrait construire les charpentes d’une petite ville. On a aussi le lait de la sainte vierge, quatre-vingt-dix églises à travers le monde en détiennent. Et il y a aussi le prépuce du christ découpé à sa circoncision, ces morceaux foisonnaient au moyen âge, le dernier a disparu au XVIième siècle.

Les bouddhistes ne sont pas en reste, avec les cendres de Bouddha on comblerait le lit du Gange. On trouve sa dent qui échappa à la crémation et causa pas mal de guerres.

Les musulmans ont gardé l’empreinte du pied de Mahomet qui chaussait du 49. Il a posé son pied dans le marbre, noblesse oblige. De lui on a aussi un étendard et un bol pour nourriture hallal.
Mais attention, nous sommes à l’époque d’Internet, plus question de faire dans la relique approximative. On ne peut pas en rester au temps de Saint Janvier (vers l'an 300) et d'une petit fiole de sang qui se liquéfie 3 fois par an à Naples mais pas toute les fois faut bien le dire.
Non. La superstition 2.0 se doit d'être à l'heure du numérique. Avant sa mort on a sans doute prélevé pas mal de pintes de sang du futur saint Jean Paul II. Combien de pintes ? Le chiffre est secret. Seuls les amis de François Fillon sont au courant. L’un d’eux, l’évêque de Cracovie distribue le sang de Jean-Paul II mort il y a 12 ans à peine et fait santo subito. C'est ainsi que le clergé de la plus grande commune de France, Arles, a pu organiser grandes processions et réjouissances pour célébrer la sainte relique 2.0.
Pas de doute, avant de mourir le Jean Paul a laissé en héritage des pintes de sang. Il a aussi laissé en héritage des tissus imprégnés de son sang dans une chapelle des Abruzzes. Des voleurs l’on piqué sans savoir que c’était une sainte relique. Depuis ils l’on rendu. J'ai pu me procurer la photo de l'interrogatoire des coupables, des roumains de la famille du comte Dracula que l'on a interrogé en espagnol.
(Pour la dernière fois où avez-vous caché le tissu imprégné du sang de JP II?)

17:03 Publié dans Religion | Lien permanent | Commentaires (2) |
16/03/2017
Calanques
Les calanques de Cassis à Marseille. Quand on bossait on allait marcher toutes les années lors d’un week-end prolongé. Premier jour Port Miou, Port Pin et En Vau. Puis deux longues balades, un jour depuis La Gardiole, un jour du côté de Marseille.

Même chose cette fois. Le deuxième jour nous sommes partis du parking après les Baumettes (route de Morgiou) . Descente sur Sormiou. Montée en direction de Morgiou en suivant les mêmes balises du 5rouge.Puis le 1bleu sur la crête sans descendre dans à Morgiou. Retour sur le 1bleu puis un petite boucle pour revenir par le chemin des douaniers le 2noir. Pas trouvé le dernier bout.
Le troisième jour départ de la Gardiole (route Gaston Rebuffat) par le 6jaune. En marchant sur ce chemin, j’ai connu un grand moment d’ataraxie*, ce qui ne m’arrive pas si souvent. La température était idéale, la montée tranquille sans effort mais en controllant bien le souffle… Puis descente par le 6rouge sur les falaises du Devenson, un peu de difficulté, montée sur le 8vert, casse-croûte, Catherine redescend par le GR et moi par le vert, pas très prudent de le faire seul (désescalade sur deux fois 8 à 10 mètres.)
* Ataraxie – Absence de troubles du corps et de l’esprit.

09:59 Publié dans Montagne | Lien permanent | Commentaires (0) |
13/03/2017
Sagesse
Il y a pas mal d'année nous étions allés à Anvers et après le port, nous avions visité le petit musée Plantin Moretus.
J'avais acheté une sorte de parchemin sur lequel était imprimé un poème de Plantin (1514-1589). Depuis ce temps, il est punaisé sur un mur de mon bureau et je le relis parfois avec grand plaisir.
"Christophe Plantin, né à Saint Avertin Val de Loire, et son gendre Jan Moretus formaient un duo de choc. Ils furent les premiers imprimeurs à l’échelle industrielle. 400 ans plus tard, vous entrez chez eux et leurs ateliers sont intacts, comme s’ils venaient juste de sortir pour faire une course."
![]()
Je vous livre le poème dont je me plait à penser que c'est le seul qu'il ait écrit. Je serais bien content d'en écrire un aussi beau. Je mettrais peut-être méditation en place de dévotion et taper sur un clavier au lieu de dire son chapelet mais pour la philosophie générale, je signe.
Avoir une maison commode, propre et belle,
Un jardin tapissé d'espaliers odorans,
Des fruits, d'excellent vin, peu de train, peu d'enfans,
Posseder seul sans bruit une femme fidèle,
N'avoir dettes, amour, ni procès, ni querelle,
Ni de partage à faire avecque ses parens,
Se contenter de peu, n'espérer rien des Grands,
Régler tous ses desseins sur un juste modèle,
Vivre avecque franchise et sans ambition,
S'adonner sans scrupule à la dévotion,
Dompter ses passions, les rendre obéissantes,
Conserver l'esprit libre, et le jugement fort,
Dire son chapelet en cultivant ses entes,
C'est attendre chez soi bien doucement la mort.
* Les entes sont les greffes de plantes, un mot de cruciverbiste.
18:03 Publié dans Questions essentielles | Lien permanent | Commentaires (3) |

