06/06/2010
Cerises
Dimanche, depuis le Plateau d’Assy, montée vers les chalets du désert de Platée, désert encore partiellement enneigé, . Très belle balade malgré un ciel pas toujours bleu. Le désert de Platée est un grand lapiaz, un lapiaz est une surface calcaire pleine de trous creusés par l’eau de ruissellement, c’est une forme de structure karstique. Le désert de Platée est paraît-il un des plus grands réseaux de grottes d'Europe.

Nous avons croisé trois bouquetins. Normalement les bouquetins vivent en bande mais pour le coup, on a vu une petite famille, un gros mâle, une femelle (on dit une étagne), en quête de sels minéraux sur une paroi vertigineuse, et un petit sans doute de juin dernier (2009 donc).

Nous avons aussi croisé à 1665 mètres deux petits cerisiers couverts de fleurs, face au Mont-Blanc. Ils étaient entourés d'un grand nombre de rejets formés sur les racines. Un lointain pique-nique est sans doute été à l’origine de ces deux arbres. Il est assez étonnant de trouver ces arbres bien en dessus de 1000 mètres. Donneront-ils des cerises cette année ? En tout cas, les fleurs étaient bien développées.

Petit arrêt à l’église Notre-Dame-de-Toute-Grâce construite par l’architecte de Thonon, Maurice Novarina et qui abrite des œuvres de Pierre Bonnard, Fernand Léger, Jean Lurçat et son élève Paul Cosandier, Germaine Richier, Georges Rouault, Jean Bazaine, Henri Matisse, Georges Braque, Jacques Lipchitz, Marc Chagall, Jean Constant-Demaison, Ladislas Kijno, Claude Mary, Carlo Sergio Signori, Théodore Strawinsky etc. –excusez du peu- qui vinrent signer peintures, sculptures, tapisserie, vitraux, céramiques et mosaïques.

21:28 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (2) |
05/06/2010
Transcendant
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Corps,
Groupes
et tribus.
L'ensemble de Mandelbrot (en noir),
illustration d'un système dynamique
dans le plan complexe
En math, les mots prennent des sens un peu étrange. Il en va ainsi des corps, des anneaux, des groupes ou des tribus. Les nombres peuvent être réels ou imaginaires. ils peuvent aussi perdre la raison et devenir irrationnels. Certains d’entre eux, mais pas tous, sont alors transcendants. A noter que c’est comme dans la vie : une personne rationnelle n’est jamais transcendante et que les gens irrationnels ne sont pas tous transcendants, loin s'en faut.
Les nombres transcendants refusent catégoriquement d’être des solutions d’une équation polynomiale. On les comprend. C'est un corps plutôt rebelle et même anarchiste. Leur refus est intrinsèque, donc indépendant de tous caractères extérieurs. D’ailleurs, pourquoi y aurait-il des caractères extérieurs ? On ne sait pas.
A noter que rationnel, même pour un nombre, vient aussi de ratio, raison. La raison d’un nombre, c’est quand il accepte de se retrouver sous forme de ratio. La raison du plus fort est toujours la meilleure, c'est pareil avec les nombres. Les nombres réels sont donc des nombres bien sages contrairement aux irrationnels transcendants. Quand aux imaginaires, on les appelle aussi complexes, ce sont juste des réels un peu plus difficiles à imaginer. C’est grâce à eux que l’on construits ces merveilleuses fractales si mystèrieuses et attirantes. Mais attention, elles mènent tout droit au chaos.
Quant à la tribu, c’est un ensemble non vide de parties de X, stable par complémentation et par union dénombrable (donc aussi par intersection dénombrable). Les tribus permettent de définir rigoureusement la notion d'ensemble mesurable. En ces temps de rigueur cachée, les tribus stables par complémentation se font très rares.
* La raison d'être des nombres réels est d'offrir un ensemble de nombres avec les bonnes propriétés permettant la construction de l'analyse
08:57 Publié dans Mathématique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : oulipo |
03/06/2010
Le modèle sportif
Le sport comme modèle de la société française.
Après avoir déclaré "On est très heureux et très honoré (d’avoir eu l’organisation de l’euro2016) Nicolas Sarkozy a dit, dans son style habituel, « "Nous, nous pensons, en France, que le sport c'est une réponse à la crise » en ajoutant « Et qu'est qu'il y a de plus fort que le sport ? »
Et moi, je dis : « Voilà qui fout la trouille ».
Pourquoi ?
Si je recoupe avec une déclaration de Michael Llodra «Les gens pensent que quand tu es dans le Top 100 (du tennis) tu roules sur l'or. Moi, je connais un type qui a fini une année 90e au classement et à qui il restait 10.000 euros pour vivre.» C’est ça le sport, tout pour les premiers, pas grand-chose pour les autres. Beaucoup de professionnels, une masse énorme d’aspirants et pas même une centaine de gars qui peuvent en vivre. C’est évidement pire chez les filles ce qui confirme le modèle.
Plus le sport est « fort » comme dit le président, plus l’écart se creuse. En foot, c’est donc bien pire. Des centaines de millions pour quelques uns, des broutilles pour les autres.
Voilà, ce modèle de société, c’est notre réponse à la crise. On diminue les impôts des sociétés en supprimant la taxe professionnelle et autres exonérations, on protège les plus riches avec un bouclier fiscal, en revanche, on va faire bosser plus longtemps les plus pauvres qui n’ont pas eu la chance d’aller à l’université et qui ont pris des jobs moins payés... si Dieu leur prête vie, il finiront avec une retraite misérable.
C’est la société que Saint Martin (Hirsch), ex-compagnon d’Emmaüs à chercher à construire. Aujourd’hui, il nous vend son livre pour nous expliquer qu’en France les riches ne partagent jamais leur manteau. Fallait y penser avant monsieur Hirsch.
Dessin à la Dubout sur le blog de Chantal
Sportif assis sur sa marche du podium

09:33 Publié dans Textes | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : martin hirsch, inégalités sociales |
01/06/2010
Petaflops
Qu’est ce qu’un petaflops ? Ce n’est pas un super flop comme, par exemple, la fuite gigantesque dans le golfe du Mexique. Pourtant avec des petaflops on essaye de modéliser en trois dimensions la fameuse maréée noire.

Un flops est une opération de base (à virgule flottante), disons une addition ou une multiplication effectuée par un ordinateur en une seconde. (FLoating point Operations Per Second). Un megaflops, un million de flops. Un gigaflops, un milliard. Un teraflops, mille milliards. Un petaflops, un million de milliards (ou un milliard de millions si vous préférez).
Les chinois viennent de sortir le Nebulae, nuages en latin, un superordi à 3 petaflops théorique. En vitesse réelle cela le met deuxième avec 1,271 petaflops, ce qui fait déjà beaucoup. La première place appartient à Jaguar, un superordi étasunien basé sur le Cray XT5.
Pendant que le pétrole de BP se déverse sur les côtes, les superordis essayent de prévoir la manière dont la marée noire va se répandre. On vient de donner en urgence 1 million d’heures de superordi d’un centre de calcul de l’université du Texas pour tenter de modéliser la marée de pétrole dans la mer.
A noter le nombre de superordis des Top500 par continent :
Amérique : 290 (dont 282 aux USA)
Europe : 144 (27 en France*)
Asie : 58 *
Afrique : 1
Et les africains veulent deux sièges, au conseil de sécurité de l’ONU. C’est pas sérieux Ceci n'a effectivement rien à voir avec les petaflops.
*Un ordi européeen dans le top10, il est allemand.
09:40 Publié dans Au fil de la toile | Lien permanent | Commentaires (7) |

