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04/11/2014

Karl Polanyi

AVT_Karl-Polanyi_3422.pngSur les conseils de Cyprien, j’ai regardé une partie des épisodes de la série qu’Arte a consacré au Capitalisme et j’ai découvert Karl Polanyi (photo) et son œuvre majeure sur le socialisme démocratique « La grand transformation. » Polanyi est mort en 1964, c’était un précurseur dans sa vision de l’économie et aussi un érudit de haut vol.

Du coup, j’ai pensé à Duboin et j’ai tenté de voir s’il y avait association entre les deux. Plusieurs sites mentionnent les deux noms sans liaisons particulières. J’ai trouvé sur l'excellent blog de Paul Jorion un article dû à Michel Loetscher intitulé « Aux sources du revenu d’existence pour tous » que je vous encourage vivement à lire. Il part de loin… et associe les deux hommes dans une large perspective sur le revenu d'existence.

Extraits :

Le 6 mai 1795, en des temps de grande détresse, les juges du Berkshire se réunissent à l’auberge du Pélican, à Speenhamland et décident d’accorder aux pauvres des compléments (subsidies in aid of wages) selon un barème indexé sur le prix du pain. Il s’agit de la reconnaissance d’un « droit de vivre » afin de garantir la survie des exclus et d’éviter la désagrégation de la société par l’octroi d’un revenu minimum, versé indépendamment de toute « activité productive »… Le gouvernement de Sa Majesté étend ce système en faisant voter la « loi Speenhamland » – avec l’arrière-pensée d’écarter le risque de contagion révolutionnaire qui a balayé la France…  

Le système des allocations de Speenhamland revient en fait à utiliser des ressources publiques pour… subventionner les employeurs, prompts à embaucher les bénéficiaires d’un secours public auxquels ils pourraient verser un salaire bien inférieur au minimum vital – et à « faire baisser les salaires au-dessous du niveau de subsistance » comme l’analyse Karl Polanyi (1887-1964) : « Le système de Speenhamland était un fossé édifié pour la défense de l’organisation rurale traditionnelle, alors que la tourmente du changement balayait les campagnes, et faisait d’ailleurs de l’agriculture une industrie précaire » (1). Cette expérience de « salariat social »  s’effondre à cause de son effet paradoxal : la généralisation de la pauvreté

(...)

Seul, Jacques Duboin en défend l’idée avec constance depuis l’entre-deux-guerres jusqu’aux « trente glorieuses ». Depuis Rareté et abondance (1944), l’évidence demeure : « Plus la production est scientifiquement organisée, moins elle distribue de revenus ». La question centrale est moins que jamais celle de la production que celle de sa répartition et de sa distribution.

Autre article à lire sur Duboin publié sur le Colibri

17/08/2014

Croissance

Et on reparle de la croissance qui est à zéro chez nous et négative en Allemagne. Cette fameuse croissance qui serait la seule solution à tous nos maux. A chaque fois, je repense à Jacques Duboin et à ses solutions que malheureusement personne n'a voulu appliquer.

Plutôt que de faire un article de plus, je préfère vous donner le lien sur le site "Revenue de base". Lisez cet article qui parle de Duboin, de l'abondance et de l'économie distributive...

jacques-duboin.jpgLe banquier et industriel Jacques Duboin (1878-1976), ancien député et membre du gouvernement d’Aristide Briand, avait fondé le Mouvement Français pour l’Abondance et jeté les bases d’une nouvelle économie de distribution où la monnaie serait limitée aux besoins réels et l’avoir mis au service de l’être. À l’heure où le débat sur le revenu universel d’existence revient sur le devant de la scène, il n’est pas inutile de rappeler qu’il est, tout au long du XXe siècle, le premier théoricien et héraut, étrangement oublié, du « revenu social pour tous».

A propos du bus de la croissance...

10:07 Publié dans Duboin | Lien permanent | Commentaires (0)

26/04/2013

Singularité

singularitypetit.gifCroyez-vous à la singularité ? Bien sûr me direz-vous. Chacun est un être singulier. Et il faut éviter de se singulariser. Frigid Barjot en est un bon exemple. Sa singularité la rend ridicule, et c’est une marque de bizarrerie et d’orgueil mal placé.

Il y a aussi la singularité mathématique. Pour la fonction y=1/x, la valeur zéro de x est une singularité qui ne donne aucune valeur pour y.

Mais quand la science fiction parle de singularité, elle traduit une acceptation du terme anglais singularity qui désigne le moment à venir où les machines seront devenues plus intelligentes que leurs créateurs et auront donc pris le pouvoir.

Il se peut que Frigid Barjot soit déjà un avant projet de la machine singulière, un brouillon un peu raté. Il faut avouer que cette hypothèse ne rassure pas vraiment.

La grande Relève

En 1935, Jacques Duboin, crée un mensuel, La Grande Relève.

Pourquoi ce titre ? Parce que, depuis quelques décennies, dans les pays industrialisés, on assiste au remplacement du travail humain dans la plupart des processus de production de biens et de services, par des machines, par des automates, par des commandes, par des informations.

Ainsi, consciemment ou non, l'humanité est-elle en train de vivre une véritable mutation, qui est l'aboutissement des recherches faites par les hommes pour diminuer leur peine à produire ce dont ils ont besoin pour vivre. Ils ont été «relevés» par la machine. Et du coup, il faut que l’économie devienne distributive.

La machine pense(ra)-t-elle ?

Malgré sa fabuleuse capacité d’anticipation, le génie de Duboin ne pouvait pas prévoir qu’un jour les machines pourraient résoudre avec autant de facilité un grand nombre de problèmes intellectuels que se pose l’homme. Il ne pouvait pas prévoir la fameuse loi de Moore qui explique que la vitesse des processeurs double chaque un an et demi. Et pas que les processeurs. La mémoire des ordinateurs a été multipliée par mille chaque 13 ans. 1983, 256K ; 1996, 256 Mega ; 2011 : 256 Giga. 

ldp32174-2011.jpgEt on n'en connaît pas encore la limite.

Dans son roman Rainbows End, Vernor Vinge nous parle à travers une fiction du moment où la machine va finir par prendre son essor, disons vers 2025-2035.

Vernor Vinge est un informaticien et écrivain de science fiction très représentatif des adeptes de la singularité. Est-ce que ses prédictions auront autant de succès que celles des voyages extraordinaires de Jules Verne, un siècle plus tôt ? Ce serait inquiètant, je crois.

La singularité, est-elle possible ?.

13:24 Publié dans Duboin, Science | Lien permanent | Commentaires (0)

07/05/2012

Roosevelt 2012

Dans la première moitié du XXième siècle, Jacques Duboin prêchait dans le désert quand il parlait de la grande relève de l'homme par la machine, plaidant pour une économie distributive et stigmatisant les apôtres du pur libéralisme économique.

Il semble bien qu'à droite comme à gauche on ait pas encore compris que le paradigme a changé et qu'il est peut-être encore temps de changer  le monde. C'est pourquoi, s'appuyant sur l'expérience de Roosevelt et du New Deal un collectif veut prendre les chose en main. Alors on signe ici.

logo-roosevelt2012.png

Nous avons décidé d'agir

« Chacun de nous peut changer le monde. Même s’il n’a aucun pouvoir, même s’il n’a pas la moindre importance, chacun de nous peut changer le monde » écrivait Václav Havel quelques semaines après la chute du Mur de Berlin.

En 1989, ce sont des femmes et des hommes "sans la moindre importance" qui ont changé le cours de l’Histoire. Vingt ans plus tard, le système néolibéral s’effondre à son tour. C’est à nous, les citoyens, de dire dans quelle société nous voulons vivre. Société d’injustice et de chaos ou société d’équilibre et de convivialité ? A nous de choisir. A nous d’agir.

Capture-decran-2012-02-20-a-22.jpeg

Dire l’extrême gravité de la situation

Il y a déjà plus de 5 millions d'inscrits à Pôle Emploi, des millions de précaires et nul doute hélas que nous allons bientôt replonger en récession.

La crise des subprimes est née aux Etats-Unis et une nouvelle crise est en préparation : la dette totale des Etats-Unis atteint 358 % du PIB. En 2011, alors que la dette publique augmentait de 1.300 milliards, le PIB a augmenté de 260 milliards seulement. Le PIB augmente 5 fois moins vite que la dette ! De plus en plus de dette pour de moins en moins de croissance... La première économie mondiale est comme une voiture, qui a besoin d’un litre d’huile tous les 300 mètres. A tout moment, elle peut casser une bielle et le moteur va exploser. Des coupes budgétaires colossales sont prévues à partir de 2013 qui risquent de faire plonger les USA dans une récession historique.

En Chine, la bulle immobilière a atteint plus du double du maximum atteint par la bulle aux Etats-Unis avant la crise des subprimes. En 2009, pour éviter la récession, le gouvernement a ordonné aux banques d’accepter toutes les demandes de crédit qui leur parvenaient...

28/05/2011

Frédéric Lordon

Connaissez-vous Frédéric Lordon ? C'est un économiste français indispensable. Il est directeur de recherche au CNRS.

Ses travaux comportent notamment un programme de recherche spinoziste en sciences sociales et ses récentes propositions concernant la crise financière avec son ouvrage Jusqu'à Quand ? Pour en finir avec les crises financières ont été accueillies avec intérêt.

Il propose un impôt nommé le SLAM (Shareholder Limited Authorized Margin, ou marge actionnariale limite autorisée) pour lutter contre les « ravages de la finance ». Le SLAM consiste à fixer un niveau de rentabilité actionnariale maximale au-delà duquel est appliqué un taux d'imposition confiscatoire.

Ecoutez le répondre à l'intriguante question, déjà posée par Kou l'ahuri, : "Les financiers sont-ils plutôt cons ou plutôt cyniques ?"


Frédéric Lordon parle du monde de la finance par Complot_helleno_balayeur