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04/02/2008

Annonay -2-

Une petite note sur les films vus ces derniers jours.

Un film dans le cadre de la semaine du cinéma allemand du rouge et noir.

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Quatre minutes
 
Une jeune détenue hyper violente, em- prisonnée pour meurtre est confrontée à une vieille professeur de piano qui a détecté en elle du génie et veut la présenter au concours du Conservatoire. Un film riche en péripéties sur la manière dont ces deux femmes que tout oppose vont s'apprivoiser, et même finir par s'unir dans leur opposition respective à la violence normative de la société allemande.

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Ensuite cinq films durant le premier week-end du festival du premier film à Annonay. 

Pour commencer un film de 1957. 

Douze hommes en colère.

 

Un jury doit statuer sur le cas d'un jeune homme accusé du meurtre de son père. Onze des douze jurés le croient coupable. Mais le douzième en doute et va user de son intégrité pour remettre en question un verdict acquis d'avance, jusqu'à faire changer d'avis les onze autres jurés, un par un

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Puis le chef d’œuvre de 1991 de  Krzysztof Kieślowski

Deux femmes : une histoire mêlée. Alors que Weronika vit à Cracovie, Véronique, elle, vit à Clermont-Ferrand. Sans qu'elles ne se connaissent, la mort de Weronika, qui s'évanouit et s'éteint durant son premier concert de choriste, semble changer sensiblement la vie de l'autre Véronique. Un film magique sur la vie et le destin qui tire les fils des marionnettes humaines.

 

 

Le samedi soir, un moyen métrage de Marc Fitoussi avec Aure Atika et Chantal Banlier, Bonbon au poivre. Et le premier long métrage (hors compétition) de Marc Fitoussi sorti en Septembre : La vie d’artiste dont je parlerais demain. Suivi d’un débat avec Laurent Delmas de France-Inter, Gaël Labanti directeur artistique du festival, Marc Fitoussi, Aure Atika, Thomas Litli, cinéaste, et la  productrice des films Haut et Court. Haut et Court est une société de production et distribution de films de qualité. Cette année Haut et Court à obteni une carte blanche du festival d'Annonay. 

Le dimanche deux films encore :

L’âme des guerriers et C’est la faute à Voltaire.

03/02/2008

Birmane

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J’aime bien les écrivains qui racontent des histoires. J’aime bien les écrivains qui me font voyager. Quand le pétrole approchera de sa fin, on autorisera seulement quelques écrivains à voyager et à nous raconter leurs voyages. Certains seront factuels et géographques  d’autres nous construiront de belles fictions à saveur de vérité. C’est ce que fait Christophe Ono-dit-Biot.

Christophe a passé pas mal de temps en Birmanie et il en est sorti ce roman savoureux Birmane qui nous entraîne dans cette Birmanie fermée et mise à sac par un groupe de généraux qui ont confisqué le pouvoir. On a beaucoup parlé de la Birmanie pendant quelques jours quand les moines se sont fait massacrés par le régime. On en  parle parfois à propos de Aung San Suu Kyi l’opposante institutionnelle, prix Nobel de la paix, trop connue pour être liquidée et mise en résidence surveillée. Ce pays est un des rare sur la planète qui offre encore un tel parfum d’aventure.

César est un garçon pas très sûr de lui, plaquée par sa compagne en Thaïlande, il décide de tenter l’aventure en Birmanie. A Rangoon, où la paranoïa le dispute à la moiteur tropicale, il rencontre Julie, médecin humanitaire, très belle et mystérieuse dont il tombe amoureux. César va transiter par les boîtes de nuit où la jeunesse dorée de Rangoon s’amuse puis par les casinos de Mong-La entourés de lupanars. Cette ancienne bourgade de paysans shans est devenue en quelques années un petit Macao perdu au milieu des montagnes, étincelant de néons. Il séjourne dans des villages lacustres du lac Inle à la vallée des Rubis pour arrivé au milieu des Karens en rébellion continuelle.  César suit sa route de l’aventure en quête d’amour et d’absolu dans le pays le plus fermé, le plus enivrant, le plus sensuel de toute l’Asie.

J’ai beaucoup aimé ce livre que m’a offert Dario pour mon dernier jourde boulot chez les fous. Je l’ai lu assez vite et sans sauter de page. Seule la fin m’a un peu déçu mais l’auteur avait mis la barre à une telle hauteur qu’il était sans doute difficile pour lui de finir sur un point d’orgue.

05:50 Publié dans Lecture | Lien permanent | Commentaires (1) |

01/02/2008

Der des der

e69e8730d35955b554a96fb567adb705.jpgCette année on fêtera le 90ième anniversaire de la fin de la der des der. 90 années de paix et de prospérité ! Non, je déconne. L’année commence fort pour les derniers poilus, le premier janvier Erich Kästner, dernier survivant allemand de l'armée impériale de Guillaume II, est mort dans l’indifférence générale. Les journaux tudesques se sont aperçus de sa mort trois semaines plus tard. Ensuite, le 12 janvier est mort le dernier poilu polonais, Stanislaw Wycech, il n’avait que 105 ans. Membre de la POW, il était trop jeune pour être enrollé dans l’armée allemande. Wycech avait repris du service en 1919 pour combattre l'envahisseur russe aux portes de Varsovie. Il reste encore deux ou trois anglais survivants de la der des der Henry Allingham, 110 ans, doyen des britanniques et Harry Patch son second. Il reste 2 américains, 2 canadiens, 2 italiens, aucun russe, ni hollandais, australiens, néerlandais, belge, autrichiens, néo-zélandais sans compter les africains, serbes, tchèques...  et toutes  les  nations  mêlées à ce grand carnage: 9'381'551 morts, 23'149'975 blessés.

Le 21 janvier Louis de Cazenave [photo] s’en est allé, c’était l’avant dernier français. Le dernier, Lazare Ponticelli, est né italien, naturalisé en 39 seulement, un beau symbole en ces temps où il ne fait pas bon être estranger dans ce pays. On apprend à cette occasion qu’ils étaient tous deux pacifistes, qu’ils avaient maintes fois refusé des honneurs et qu’aucun des deux ne souhaitaient des funérailles nationales estimant que leurs compagnons de tranchée méritaient autant qu’eux et que surtout, à 20 ans, ils méritaient de vivre, un point c’est tout !

« Cette guerre, on ne savait pas pourquoi on la faisait. On se battait contre des gens comme nous»

C’est leur dernier pied de nez à tous ces fauteurs de guerre qui comme disaient Boris Vian n’ont même pas réussi à les terminer proprement, la preuve il est resté des survivants. On regrette un peu que ces gradés qui les ont envoyé au casse-pipe n’aient pas pu assister à ce dernier pied de nez.

Ceci dit leurs remplaçants es qualités ont fait des déclarations bien connes… on pouvait compter sur eux. Voilà ce qu’a dit le petit Napoléon par la voix de son sinistre-se-crétaire des  anciens combattants, Alain Marleix le 21 décembre dernier : (il a tenu à réaffirmer) « …la reconnaissance de la France, et la dette imprescriptible que les générations actuelles et à venir avaient contractée à l'égard de ces hommes qui firent le sacrifice de leur jeunesse et parfois de leur vie pour défendre la grandeur et la liberté de la France." Ceci n’est pas de l’anti-Sarkozy mais de l’antimilitarisme car ils auraient tous fait pareil, Pompidou, Giscard, Chirac, Mittérand, et même Jospin le Trosko. Ils nous auraient tous payé de mots !

Quand on connaît un peu l’histoire, ce qui s’est passé en Septembre 1914, et la boucherie inutile pendant 4 ans, on est atterré qu’un siècle plus tard on puisse encore dire de telles conneries à propos de la der des der, un carnage provoqué pour défendre les fortunes d’un petit nombre de possédants. Pour défendre des colonies, pour assouvir des nationalismes étroits et déjà au nom du modernisme. NON, on a pas de dette envers eux, les poilus, on a juste à avoir honte pour ces gens qui les ont envoyé au casse-pipe et une tristesse pour ces internationalistes qui n’ont pas réussi à empêcher cette "dernière guerre".