23/01/2016
Raccourci
En 1953, Boris Vian, grand satrape du collège de pataphysique, se moquait du robot à Ducros (le vulgarisateur scientifique d’Europe 1) dans un lettre à André Parinaud, grand arbitre des élégances littéraires au Figaro qui semblait inquiet à cause de ce fameux robot poète. Lisez l'extrait sur le site (lien) et la référence à Pic de la Mirandole, célèbre pantomathe. ("Hé va donc gros robot !")

Il se peut que Vian ait eu tort sur ce coup. Seize ans plus tard, en 69, je commençais à apprendre l'informatique. Programmes sur cartes perforées envoyés à l'IMAG, l'Institut de Maths Appliqués de Grenoble ou "tournait" jour et nuit un IBM 360 "gigantesque" d'un méga de mémoire que l'on appelait familièrement le KK.
En décembre 1977, sortait le rapport Nora-Minc (oui Alain Minc, le petit péteux prétentieux pantoconseiller de Sarko qui vit de la manne autoroutière). Voici ce que cela donnait à l'époque :
Trente huit ans plus tard, le monde de l'info est devenu tentaculaire, les jobs ont été engloutis dans les pattes de nos robots et les mémoires de nos disques durs. On parle de singularité et de transhumanisme. C'était le raccourci. Que faut-il en penser ?
11:25 Publié dans Science | Lien permanent | Commentaires (2) |
21/01/2016
Asclépias
Et si on parlait de l’asclépias. Une plante nommée d’après le dieu grec de la médecine, asclépios. Une plante donc avec des propriétés curatives. Les indiens d’Amérique le savaient, ils s’en servaient aussi comme édulcorant. On s’en est servi pour faire du caoutchouc.
Depuis, on considère la plante comme une mauvaise herbe et on l’arrose abondamment de produit fabriqué par Monsanto. Il se trouve que les papillons monarques qui migrent du Canada au Mexique ne mangent que des asclépias, plantes qui sont toxiques pour les oiseaux et les herbivores. Les monarques deviennent aussi toxiques pour leurs prédateurs. La disparition des asclépias entraîne celle des monarques.
Des jardiniers écolos et bien intentionnés ont planté des asclépias pour les monarques. Ils ont choisi une variété tropicale qui font de très jolie fleurs, variété qui ne meurt pas en hiver. Mauvaise pioche : Les monarques trop contents de trouver de la bouffe toute l’année ne migraient plus et pondaient dans ces plantes qui propageaient un virus et qui donc augmentait la mortalité des monarques. Comme quoi, il ne suffit pas d’avoir de bonnes intentions.
Depuis peu, l’asclépias est cultivée au Québec sous le nom de soyer du Québec pour ses fibres qui ont des propriétés hydrofuges. C'est un bon isolant acoustique et thermique. Le roi Louis XV utilisait déjà la soie d'Amérique pour ses vêtements chauds. La conquête britannique a mis un terme à ce début d'exploitation. Perfide Albion !
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Ci-dessus, le contenu des graines du soyer du Québec, l'asclépias syriaca (de Syrie, une erreur géographique) qui est aussi appelée arbre à perruches à cause de la forme de ses graines.

23:22 Publié dans hallucinant, Plantes | Lien permanent | Commentaires (0) |
20/01/2016
Animaux
Les dernières nouvelles de l’homme nous parlent parfois des animaux. C’est ainsi qu’on apprend qu’au Japon, un grand requin blanc de 3 mères 50 n’a pas supporté la vie en aquarium et qu’un orque écossais de 6 mètres 20 s’est lamentablement échoué compromettant le sauvetage des épaulards du Royaume Uni. En revanche, les requins continuent de pulluler à la City.

Chez nous, on cherche un piège contre les frelons asiatiques qui prolifèrent. Pourtant, selon une étude allemande, l'absence de vie sexuelle chez les insectes vivant en colonie serait le secret de leur succès écologique et évolutif. Chez les insectes sociaux, les ouvrières sont un excellent exemple de comportement altruiste car elles évitent de se reproduire et mettent toute leur énergie dans l'éducation de leurs frères et sœurs. L’étude s'est penchée sur le cas des bourdons qui ont aussi une vie sexuelle limitée.
On ne copule donc pas dans les ruches, on bosse pour l'avenir de l'espèce. Il y en a qui devraient en prendre de la graine.
Parlant d'abeille, en Afrique, il arrive que la petite bête effraie la grosse. Les éléphants craignent les abeilles qui ont pourtant une vie sexuelle limitée comme expliqué plus haut. Du coup, pour protéger les cultures, des ruches sont installées sur des poteaux ou des arbres tous les dix mètres autour du champ et reliées entre elles par un fil. A chaque fois qu'un éléphant tente de franchir cet obstacle, il secoue les ruches et énerve les abeilles. Or, lorsqu'il entend l'insecte, il émet un grondement spécifique « anti-abeilles » pour informer ses congénères avant de fuir. On peut aussi, par souci d’économie, se contenter de l’enregistrement du cri de l'éléphant attaqué sans s'encombrer des abeilles ni des fils.
Par souci d'économie, c’est la méthode qu’on choisira à Saint-Julien si les éléphants menacent nos cultures.
Nos cheveux blanchissent, nos jeans se délavent mais le rouge du rouge-gorge, le noir de la pie et le bleu du geai, le blanc du cacatoès, le vert de l’arara… dure toute la vie du volatile. Les scientifiques tentent de comprendre pourquoi pour fabriquer des tissus aux couleurs qui ne pâliront plus.
Les fabricants de vêtements n’en voudront pas. Trop durable ! En revanche, Saint-Julien pourrait en équiper ses employés des parcs et jardins si on arrive à fabriquer un tissu orange assez solide pour un coût modeste.
19:49 Publié dans Science | Lien permanent | Commentaires (0) |
18/01/2016
Divers cités
Les dernières nouvelles de l’homme sont pleines de choses étonnantes. Pour commencer Lucien m’envoie une invitation à une exposition dont le texte d’accompagnement dit « Reflets de réalités, de points de vue hétérodoxes. Reflux de mémoires historiques, nuances contextuelles entre parachute et parallèle. Confrontation de nébuleuses et de ressentis dans le décentrement. Confrontation de dogmes patrimoniaux, de sciences du divers et de protocoles artistiques… »
Parachute et parallèle, moi j’ajouterais bien... parapluie et paracétamol…
A part ça, les géniaux ingénieurs se proposent de stocker les donnés sur des brins d’ADN. Paraît qu’on pourrait stocker toute l’information présente sur Internet dans un appareil de la taille de 1 centimètre et l’ensemble des données mondiales dans quelques litres de solution... De vin rouge peut-être.
Bien sûr, il ne faudrait pas boire les litrons en question sous peine de faire disparaître tout le savoir du monde !!!
Autre nouvelle d'importance : "l’homme dort moins que les animaux."
On dort 7 heures par jour (ou par nuit) en moyenne alors que certains singes dorment 16 ou 17 heures. C’est, semble-t-il, parce qu’on dort mieux que les bestioles. Je connais pas mal de contre-exemples, comme mon ami Daniel qui dort toute l’année comme une marmotte en hiver ou Paul qui prétend qu'il n’a pas dormi ces dix dernières années.
L’étude nous dit qu’on profite mieux de notre sommeil paradoxal et qu’on a pris l’habitude de bien dormir grâce à la présence du groupe autour du feu se camp qui rassure le dormeur. Pour ma part, ça fait pas mal de temps que je n'ai pas dormi autour d'un feu de camp. Par contre, il semble que l’utilisation de l’ampoule électrique n’ait pas changé les choses pour ce qui est du sommeil. Donc éteignez les lumières et...
Bonne nuit !
21:29 Publié dans Courrier International | Lien permanent | Commentaires (2) |

