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11/11/2014

Commémoration

commemoration%2B1er%2Bmars%2B2012%2B002.JPGCe n’est pas le 100ième anniversaire de la grande guerre, seulement la centième de sa déclaration. Une déclaration de guerre pour quatre ans de souffrance et des millions de morts, de vies brisées. Cérémonie à St Julien, comme dans toutes les communes de France. Plutôt de bonne tenue.

Avec les lettres de poilus dites par Josy et Jean, cela a duré une bonne heure. Le temps de la messe du dimanche que l’on trouvait bien longuette, il est vrai.

Et partout, on en rajoute sur la patrie, sur le sacrifice de nos héroïques soldats et autres  conneries. César parle de mythe, le mythe de la nation française… Sans doute.

488ea4ee-74f7-11e1-be88-e1c47c730794-493x328.jpgEt on a donné des noms de rue à Foch, Joffre, Clemenceau et même pour ce boucher de Nivelle [image], généralissime et commandant en chef, qui a envoyé au casse-pipe tellement de jeunes hommes avant que Pétain ne prenne la relève comme chef boucher. A part Pétain, ils sont tous inhumés aux Invalides.

Parmi les huiles civiles ou militaires de l'époque, le seul qui s’en soit bien tiré, c’est Jaurès. Il a su se faire assassiner au bon moment pour éviter d’être complice de la boucherie. Car tout ces soi-disant grands hommes, de quelque pays qu’ils soient sont responsables de ce massacre absurde qu’en bonne logique humaniste ils auraient dû stopper  C'est le problème, enkysté dans la démocratie, des élites incapables et qui finalement font le jeu des nationalismes féroces et des populistes. Le XXième siècle est plein d'exemples, celui-ci en prend bien le chemin.

Pour moi le 11 novembre, je suis encore le petit garçon que son grand-père emmenait avec lui au bistrot à Abondance le dimanche après la messe. Il était italien le grand père Laurent né Besso. Chaque semaine, avec André de Miolène et quelques autres poilus abondanciers rescapés de Verdun,  ils refaisaient leur guerre dans une version édulcorée, pudeur oblige. Le 11 novembre, jour de gloire, ils allaient à leur banquet offert par la mairie, banquet où même le rital était accepté. Lui, il avait fait la guerre dans la Haut Adige avec crampons, cordes et piolets contre les autrichiens.

En souvenir de Besso, un bout de film de Francesco Rosi Uomini contro (1970) avec Gian Maria Volontè. La scene dans laquelle l’obtus général Leone (Alain Cuny) envoie à la mort des soldats revêtus d’absurdes cuirasses (le famoze corazze) et malgré l’échec de la manœuvre envoie le reste des soldats à l’attaque. Un film tiré du livre d’Emilio Lussu sur ce thème qui avait trouvé son apogée en 57 dans Les Sentiers de la Gloire.

À noter qu'avec 2 800 soldats fusillés pour mutinerie, abandon de poste, mutilation volontaire ou désertion, l'Italie détient le record de 14-18 (Grande Bretagne 1 800, France 2 500 condamnations dont 600 exécutées).

15:38 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (4)

Commentaires

Vu hier les combats dans le Haut Adige, le portage de canons à la verticale de falaises.

Le Haut Adige me rappelle qu'en 1965, je passais en stop le col du Brenner (?) alors qu'un conflit opposait toujours l'Italie et l'Autriche sur cette zone (soldats en armes, sacs de sable)

Écrit par : Aredius | 12/11/2014

émue à cette évocation du grand père...

Écrit par : Josiane | 13/11/2014

Oui, c'était quand même un personnage qui malheureusement ne se livrait pas beaucoup...

Écrit par : joël | 15/11/2014

Merci de nous rappeler le 11 novembre… Ou l’armistice… En attendant une ou des autres… Les soldats, les humains, l’économie ont droit au repos et à besoin de temps pour se ‘refaire’.
Merci aussi de signaler que malgré un système fort de control et de pression, des humains ont cherché à échapper à la logique de la ‘finalité’ de la guerre.
Je vous rappelle, et suggère de voir le film ‘Joyeux Noel’ pour ceux qui ne l’ont pas vu. Un film écrit et réalisé par Christian Carion à partir de faits vrais rapporté par des soldats. Un film de guerre en plus, peut-être. Un évènement religieux, rien à voir. Ici la religion a enfin été une chance pour des humains, de vivre un moment différemment.
La ou les boucheries… Et les bouchers… Ceux d’alors ont été formés à la même école, donc on ne peut guère espérer mieux ou différemment en matière de résultats. C’est vrai qu’après une répétition, l’Europe a échappé aux cycles d’une tous les 25 ans. En fait nous devons cela aux économistes qui ont déclaré les deux dernières comme étant déficitaire pour tout le monde. Depuis, on se contente de guerres dites ‘locales ou régionales’.
Cependant, dans le fond, rien n’a changé. Prenez simplement les budgets militaires des nations, c’est celui qui est toujours en tête et toujours aussi dispendieux (bien souvent entre 15% et 25% du budget). La formation des bouchers continue. Et apparemment l’entreprise pour la transformation de l’humain en chair à canon pour ‘l’au-delà’ a toujours des preneurs. C’est vrai que ce sont souvent des volontaires, ou des gens qui, comme les religieux se sentent ‘appelés’. Note : Je parle ici d’un ‘principe’ et en aucun cas critique les personnes qui consentent au sacrifice suprême pour le bien de nos nations.
Le Maître a raison, il faut continuer de se méfier car l’appel pourrait aussi être adressé à tous ceux qui sont sourds et aveugles aux problèmes de nos sociétés. Ils vont se retrouver vite fait, bien fait, avec un fusil entre les mains au lieu d’un clavier pour y coucher leurs pensées profondes.

Écrit par : Dan | 24/11/2014

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