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11/08/2013

à la nabocoque

Un lecteur qui se dit « somme toute assidu » de ce blog, sans doute interpellé par mon interjection « Va te faire cuire un œuf, hé banane ! », m’a gentiment envoyé cette petite recette que l’on doit à Nabokov. Une preuve que les grands esprits ne négligent pas les détails de la vie quotidienne qui font la joie des petits matins blêmes. 

27005_0_1_-Coupe-oeuf-coque.jpgA noter que perso, plutôt que de Tapoter en rond autour de la coquille avec une petite cuillère, puis enlever ce couvercle en faisant levier, j’utilise ce coupe-œuf-coque, assez pratique à condition que l’œuf ne se fasse pas la malle.

Œufs a la nabocoque

           

Faire bouillir de l'eau dans une casserole (quand des bulles apparaissent, c'est que ça bout !). Prendre dans le frigo deux œufs (quantité pour une personne). Les passer sous l'eau chaude courante pour les préparer à ce qui les attend. Les placer l'un après l'autre dans une cuillère, et les faire glisser silencieusement dans l'eau (bouillante). Consulter sa montre. Se tenir au-dessus d'eux avec une cuillère prête à les empêcher de heurter les fichus bords de la casserole (ils ont tendance à rouler). Si malgré tout un oeuf se fissure dans l'eau (qui bout maintenant comme une enragée) en commençant à dégorger un nuage d'une substance blanche, comme un médium de l'ancien temps, le retirer et le jeter. En prendre un autre et faire plus attention. Au bout de 200 secondes ‑mieux vaut compter 240 avec les interruptions ‑ entreprendre de repêcher les œufs. Les placer chacun dans un coquetier, le gros bout vers le haut. Tapoter en rond autour de la coquille avec une petite cuillère, puis enlever ce couvercle en faisant levier. Prévoir du sel et du pain (blanc) beurré.

           

Montreux, 13 novembre 1972

Texte inédit paru dans le Magazine Littéraire  N° 379,  septembre 1999

Traduit de l'anglais par Hélène Henry

NB: Il existe des versions plus travaillées du coupe-œuf-coque. L'auteur de ce blog n'acceptera aucune réclamation.

coupe-oeufs-a-la-coque.jpg

 

10/08/2013

Muray et sa blonde

philippe-muray-1.jpg

Philippe Muray (1944-2006) était sans doute un sale type. Mais un sale type qui savait écrire. Il était plus réac qu'Eric Zémour. Il savait mettre en valeur les idées les plus rétrogrades. C'était un réac de toutes obédiences, anti progrès, anti société, anti règles, anti tout, misanthrope, misogyne, misandre, misengarde, misenbière, misosocialo, misantout et même limite fascho.

Cependant, il faut bien admettre que les idées réacs font des textes plus marrants que les idées de la bien- pensance de gauche. Les exemples pullulent dans la littérature du siècle dernier... Chardonne, Nimier, Laurent, Blondin...

En effet, la littérature comme le théâtre est beaucoup plus attirante quand elle est nous fait nous poiler. Une figure de style qui essaye de nous convaincre du bien fondé de la générosité, de l’altruisme, des bons sentiments, de la compassion est toujours plus affligeante que la même figure qui transperce d’un trait la carapace de vertu d’une dame patronnesse ou d'un politicien compatissant. 

Muray savait comme personne poser des questions et dégonfler les baudruches de la modernité et de la post modernité. Il s’en prenait au clinquant, au faussement charitable, aux dévouements bidons, aux lois protectrices, au désintéressements factices... Et forcément, il s’en dégageait une impression de haine de tout ce qui est gentillesse, douceur et bonté, d'où mon qualificatif de "sale type".

Lucchini, après avoir dit Lafontaine et Céline, s’est attaqué à Muray. Il a notamment dit sur scène le poème « Tombeau pour un touriste innocente » qui, il faut bien l’avouer est un petit bijou. Mon passage préféré « Petit poulets de grain ayant accès au pré ». Fabrice dans sa loge :

Rien n´est jamais plus beau qu´une touriste blonde
Qu´intervieuwent des télés nippones ou bavaroises
Juste avant que sa tête dans la jungle ne tombe
Sous la hache d´un pirate aux façons très courtoises

Elle était bête et triste et crédule et confiante
Elle n´avait du monde qu´une vision rassurante
Elle se figurait que dans toutes les régions
Règne le sacro-saint principe de précaution

La suite ici

13:52 Publié dans Humour, Textes | Lien permanent | Commentaires (5) |

09/08/2013

Inch'Allah

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Il y a indiscutablement un problème de fierté arabe ou plutôt de fierté mal placée qui conduit plutôt à une mésestime de soi que perçoivent beaucoup d'arabes. Ceci peut s’expliquer par les dictatures, le développement économique en panne, des libertés publiques en berne, etc… Certes ! On nous dit que les « révolutions » pourraient changer tout ceci.

Bien sûr, bien sûr !

A condition qu’elles ne s’enferrent pas dans un retour à des traditions d’un autre âge, les soi-disant « spécificités culturelles » voire génétiques prônées par Ehnarda ou les supporter de Morsi. Pour illustrer la chose, j’ai trouvé ce petit texte de Joumana Haddad publié le 17 juin dans Now de Beyrouth et reproduit par Courrier International :

Au bout d’une heure de retard, le pilote de Tunis Air a finalement pris le micro pour nous assurer que notre avion décollerait bientôt “bi iznillah” (si Dieu le permettait), que nous arriverions à destination plus tôt que prévu “inch’Allah” (si Dieu le voulait bien) et que le climat de la capitale serait chaud et ensoleillé “alhamdulillah” (grâce à Dieu).

Il est intéressant de noter que la version anglaise de son message ne reprenait pas exactement les mêmes termes. Ce pilote était apparemment d’avis que les passagers étrangers (les “infidèles”) préféraient croire que leur avion volerait grâce à ses compétences de pilotage et quelques lois physiques ; que la durée de notre vol serait raccourcie grâce à des vents favorables ; et que les conditions météorologiques locales seraient du genre estival du fait des saisons et de cette chose qu’on appelle “la rotation de la Terre autour du Soleil”.

Voilà résumé en deux paragraphes, ce qui fait problème. Tant que les avions continueront de voler alhamdulillah, décolleront bi iznillah et arriveront inch’Allah, les révolutions continueront de battre de l’aile.

Et c’est ainsi qu’Allah est grand aurait conclut mon ami Vialatte.

06/08/2013

Pharmaciens

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Pharmaciens fuyant l'orage

Analyse de l'oeuvre de Chaval ci-dessus par Alexandre :


Hélène Babu - Lecture - Les pharmaciens fuyant... par Alexandre_Vialatte

07:45 Publié dans Vialatte | Lien permanent | Commentaires (0) |