11/09/2010
Koffi Kwahulé
Un groupe de jeunes de Saint Julien en Genevois a monté « Brasserie » de Koffi Kwahulé que l'on peut voir ces jours à la salle du Savoie.
Brasserie met en scène les suites d’une guerre qui a détruit tout le pays. Les vainqueurs, deux clowns sanguinaires, ont réussi à prendre la Brasserie seul bâtiment a avoir résisté au massacre. Cette source de revenus du nouveau pouvoir dépend d'une bavaroise superbe (Pauline Gindrat) et hystérique, Magieblanche, avec laquelle il leur faut composer car elle maitrise la bière.
Quatre très jeunes et excellents comédiens*, avec une pèche d’enfer, nous restituent ce monde absurde agréablement mis en scène par un non moins jeune Alexis Bertin. On rit de tant de dérision et on grince des dents quand on sait ce que l’Afrique à pu nous réserver de situations similaires depuis la décolonisation.
Spectacle complet avec de la musique live, une création de Raphaël Marconi, jouée par Yoann Pathos et Alexis Robinet, qui ponctue la pièce. En plus, après la pièce, on peut boire une excellente bière avec un étiquette comme sur l'affiche d'Andréa et Léa Marconi. Le tout pour un prix dérisoire.
Koffi Kwahulé est une ivoirien, né en 1956, dont le théâtre est mondialement reconnu. Il a aussi écrit un premier roman en 2006, Babyface Prix Ahmadou Kourouma et il vient d’en sortir un deuxième, Monsieur Ki. Une spécificité de KK, outre ses thèmes africains, est son écriture « Jazz ». Il pousse très loin les sonorités, les phrases saccadées qui donnent un rythme jazzy à la langue française.
*Esteban Corroy U., Christophe Balthus, Pauline Gindrat, Vincent Derriey
11:18 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (1) |
09/09/2010
Chiffres

La dictature
du chiffre
Il y a un domaine de l’informatique qui s’appelle « Business Intelligence », BI pour les intimes. Il s’agit ici d’intelligence au sens anglais comme dans CIA, la Centrale de l'Intelligence Américaine. Difficile à traduire, la preuve, en français on utilise généralement « Aide à la décision. » C’est l’ensemble des techniques qui permettent d’appréhender le plus objectivement possible la réalité d’une activité. On puise les données dans de grandes banques de données et on présente les informations sous forme de beaux tableaux, de graphiques, de comparaisons...
Un des aspects importants de la BI est des définir des indicateurs clé, des buts chiffrés à atteindre ou, si possible, à dépasser. Facile quand il s’agit de chiffre d’affaire, de bénéfice ou de nombre d’employés. Plus difficile quand il s’agit d’évaluer la qualité d’un service ou la satisfaction des clients. Mais qu’à cela ne tienne les malnageurs et les marquetueurs ne se laissent pas impressionner par ce genre de détail.
Les politiciens non plus d’ailleurs qui se sont bien mis ces dernières années à cette culture du chiffre. Il y a de nombreux effets néfastes à cette frénésie de tout mesurer. Par exemple, la police met des contraventions, enlève des points aux endroits où c’est le plus simple (et rentable) pour eux sans se soucier des dangers créés par tous ces gens qui finissent par rouler sans permis.
Pour satisfaire aux résultats demandés, les gens soumis à la dictature du résultat pervertissent la réalité. pour la rendre plus jolie. On voulait améliorer le travail des gens, en fait on le détériore... mais qu’importe si les chiffres sont bons. J'essayerai de revenir avec des exemples.
09:09 Publié dans Ressources | Lien permanent | Commentaires (2) |

