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22/06/2008

Monstre

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L’homme fut étonné d’apprendre que la montagne proche de Genève qu’il parcourt chaque semaine a, un beau jour des années 1800, été escaladée par un monstre. Un vrai monstre.

La montagne, elle, n’a rien de monstrueuse, une simple montagne à vache. Il n’y a rien  de plus rassurant qu’une vache qui paît en paix sur la montagne. Un vache repue qui a pu (ou qui est pue, mais pû de paître n’existe pas) tout son sou.

Paître nous fait défault.

La montagne s’appelle le Salève. Une bien belle montagne qui borde Genève au sud et qui a même sa maison. Maison où l’on trouve toutes sortes d’ouvrages locaux et un petit musée régional. Cette maison est une manière de  reprendre aux genevois un petit bout de cette  montagne  qu'ils  ont créée en inventant la varappe.

Revenons au monstre. Un vrai monstre puisque c’était un monstre de littérature. Et quel monstre ? La créature de Frankenstein. Ne me dites pas que vous pensiez que Frankenstein était un monstre. Non ? Frankenstein n’était que le créateur du monstre. Le grand ancêtre de tous les fabricants de robots et autres androïdes plus ou moins malfaisants.

D’accord, mais que vient faire le héros de Mary Shelley et son monstre alpiniste dans une note de ce blog ? C’est ce que nous a appris l’autre soir Georgette Chevalier, une prof de français à la retraite. Une soirée organisée par la bien nommée Salévienne ou l'on a parcouru l'oeuvre et ses références à la Savoie. En fait un brin de curiosité nous l’aurait fait découvrir dans l’article Salève de Wikipedia.  
 
Au tout début du XIXième siècle, Mary Shelley, épouse du poète Shelley et ami de Byron avait répondu à un jeu d’un dimanche d’ennui pluvieux, partagé avec ses deux monstres de poètes anglais, dans un salon genevois par la création de Frankeinstein, qui lui avait, selon Mary, créé LE MONSTRE. Rien de moins  pour ce petit jeu dominical. Un monstre par ailleurs très gentil… mais malheureux et qui escaladait le Salève pour tenter de calmer son désarroi. Il n’est pas facile d’être un monstre, les monstres que nous sommes le savent bien.
 
C’est pourquoi l’homme escalade les Petites Croix, Orjebet, la grande Gorge, les Pitonsou les Convers aussi souvent qu’il le peut. C’est un assez bon exutoire au mal de vivre. Cela fait travailler le souffle et muscle les mollets, toutes choses excellentes à la santé de l’homme et à son bon moral. Et puis maintenant qu'il sait qu'il pourrait, un jour, rencontrer un de ces merveilleux personnages que la littérature nous a fabriquées par des dimanche pluvieux, l'homme se sent encore plus l'âme d'un grimpeur.

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