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25/04/2003

Histoire

Lafontaine questionnait ses amis : « Avez-vous lu Baruch ? »
Je pose la question : « Avez-vous lu Vialatte ? »
Voici le début de la chronique d'hier datée du 4 Mars-1958

Rien n’est plus grandiose que l’Histoire, plus inquiétant, plus dramatique. J’entends encore la vase de Soissons rouler su les dalles du parvis, sous la hache de Clovis, avec un bruit de tonnerre, pendant la leçon sur le Mérovingiens(…) Et les Atrides, qui se mange entre eux…

Qui goûtent la sauce ! Qui trouvent le grand père trop salé, la grand-mère pas assez cuite !
Que de drames, que de tâtonnements culinaires ! Mais que de récits passionnants !

Ce Romulus qui tète la louve (…) Et les ruses de Bismarck ! Et le cheval de Troie ! On voudrait être dedans. ! Et l’enlèvement des Sabines ! La poule au pot ! Les oies du Capitoles ! L’œuf de Colomb !

Le mot du jour: Histoire. Du latin historia pris au grec historia (avec un alpha à la fin) qui voulait dire enquête puis récit, récits fabuleux et finalement sornettes... Attesté depuis 1105, ce qui prouve qu'en français, grâce entre autre à Charlemagne, la chose a plus de bouteille que le mot, il s'écrivait istorie, estore, hystoire (1240) ou même estoir.

Conclusion: Il n'y a pas que mon joueb dont l'orthographe est fantaisiste.

24/04/2003

Vialatte et l'histoire

Que diriez-vous d'un peu d'Alexandre Vialatte ?
Chronique de la Montagne – 4 Mars-1958 :

Rien n’est plus grandiose que l’Histoire, plus inquiétant, plus dramatique (...) On a vu des messieurs de complexion chétive, avec un barbiche poivre et sel et un commencement de calvitie, des gens complètement honorables, diplômés jusqu’aux dents, qui avaient en conséquence le droit d’enseigner toute leur vie au ronron des ventilateurs, dans des établissements parfaitement ombragés et rafraîchis par des jets d’eau, creuser le sable avec une fourchette pour le seul amour de l’Histoire, sous un soleil à tuer l’éléphant, dans des désert où le chameau de bât fait durer une semaine une asperge des sables pour en avoir encore un petit morceau le dimanche. Zèle admirable ! Ils tombent la jaquette d’un coup de rein, et de trois coups de pelle-bêche sortent une ville romaine, comme on dépote un hortensia.

Telle est la séduction de l’Histoire !

22/04/2003

Compétition

Le week-end qui s'annonçait long et beau fut gras et copieux. Le Giono, qui s'annonçait mystérieux et passionnant s'est avéré ennuyeux et mal foutu dans la deuxième partie. D'après Raymonde, il faut lire Regain et Un de Beaumugne.

  • Vous savez, madame Schmidt, ils ont toujours été très turbulents ces deux là.
  • Mon amie, ne vous plaignez pas, vous avez de très beaux enfants. 
  • Oh, ils étaient mignons quand ils étaient petits, c'est vrai... enfin... quand ils ne se battaient pas pour être le premier…. 
  • Oui, et aujourd’hui, vous me dites que ce sont ces foutues voitures qui les occupent ?… 
  • Ne m’en parlez pas, madame Schmidt, c’est le grand qui a pris le virus en premier et maintenant, Ralf ne rêve plus que de suivre l’exemple de son frère.
  • Ma pauvre madame Schumacher, vous ne devez plus vivre le dimanche avec Michael qui court… 
  • Les dimanches et les autres jours. J’espère bien que Ralf ne le suivra pas dans cette voie... Déja qu'avec un, je ne vis plus... Alors deux, vous pensez.

Voilà. On imagine cette pauvre femme avec deux garçons qui, depuis des années, chaque semaine risquent leur vie à 300 à l’heure sur tous les circuits de Formule 1 du monde, à peine protégés par un casque, une combinaison et quelques tôles...

Fière la maman de ses deux fils, les meilleurs du monde ? Probablement.
Inquiète ? Toujours. Alors, quand elle décède avec ses deux enfants survivants, le jour où ils prennent les deux premières place de la grille de F1, on espère qu'elle meurt en  paix...

Comme tout le monde, j'ai pensé : « s’ils courent cela ne changera rien. » C’est vrai ! Mais n’empêche que s’ils avaient décidé de ne pas courir, s'ils etaient rentrés tranquillement en Allemagne pour la veillée funèbre de leur mère avec le reste de la famille… Quel geste ! Quel symbole ! Quel pied de nez au fric qui domine tout, ces temps ci !

N'empêche...

Le mot du jour : Compétition. De cum, avec, et petere, chercher à obtenir (pétition), qui a donné l’ancien verbe compéter qui ne veut pas dire péter avec mais « appartenir à, revenir à qq » Donc compétition est tiré de competere, tendre avec vers un même but, il nous revient par l’anglais (encore !) dans le sens de rivalité. A noter que le fameux pet, du latin pedere, a donné péter mais aussi pétard et pétarade, retour donc à la F1.

04:10 Publié dans Historique | Lien permanent | Commentaires (0) |