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17/11/2012

Je me souviens

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Quand j'ai vu l'affiche, je me suis dis "Chouette, Perec !". Sur ce blog, je me suis laissé aller à quelques "je me souviens" à la manière de Perec qui en a écrit 480, c'est par ici 1 - ici 2 - ici 3. (Pas terrible à la relecture)

En fait, l'autre soir à St Julien, ce n'était pas les souvenirs de Perec mais ceux de Jérome Rouger. Eh bien, même moi, qui suis très perequien, je n'ai pas été déçu (ou alors déçu en bien).  

Jérome Rouger a transposé les "Je me souviens" à son enfance dans le bourg de Terves, une commune associée à la ville de Bressuire, sous-préfecture des Deux-Sèvres. Des "je me souviens" très locaux donc et pourtant, Jérome touche à l'universel. C'est aussi un très bon comédien et les personnages qu'il campe nous deviennent très présents et familiers. On les a déjà rencontré quelque part. Un délicieux spectacle qui commence comme ça...

Je ne me souviens plus du début. 

Je me souviens que j’habitais à Terves, juste à côté de Bressuire, dans les Deux-Sèvres.

Je me souviens que je n’aurais voulu habiter nul part ailleurs qu’à Terves.

Je me souviens que quand j’allais en vacances, quand on me demandait d’où je venais, je disais des Deux-Sèvres, et personne ne savait jamais où c’était.

Je me souviens qu’en arrivant dans le centre de Terves, depuis Bressuire, il y a le château d’eau, en face, le champ de mon grand-père, plus bas, la salle des fêtes à gauche, la place de l’église, l’église ; en face les deux cafés, le café Jourdain, tenu par les sœurs Jourdain, Marie et Yvonne, et le café des sports, tenu par Louis Revaud et sa femme Marie Gabrielle, la cordonnerie d’Abel Niort à droite de chez Revaud, un peu plus loin, les Carlos, Jacky Poupart au fond de l’impasse, et à droite des Carlos, la maison de Marie Charruault et devant la maison, le banc. Le banc public de Terves.

Je me souviens que Marie Charruault était une veille dame, et que c’était une des seules personnes de Terves que je connaissais qui avait une bibliothèque. Je me souviens qu’elle était souvent assise sur le banc en train de lire, et que quand je passais en vélo, je m’arrêtais régulièrement pour lui parler.

Je me souviens qu’à chaque fois qu’on rentrait de vacances, notre voisin, Pierrot Billy, venait nous voir à la maison et nous demandait « Alors, vous êtes plus avancés maintenant ? ».

Je me souviens qu’on faisait de la barque sur le lac de Terves et qu’il y avait une petite île au milieu du lac d’où le comité des fêtes lançait le feu d''artifice pendant l’assemblée du village.

Je me souviens qu''une année, le lac de Terves était entièrement gelé, et on avait fait du vélo et du foot dessus.

Je me souviens qu’à sa naissance, les médecins ont dit aux parents de mon copain Gilles Colin qu’il était déficient mentalement, et qu’au bout de trois ans, on leur a dit « non, finalement, il sera normal ».

Je me souviens que Chiché est un village qui se situe à 15 kilomètres de Terves et qu’on disait tout le temps quand on voulait se moquer de quelqu’un « tu serais pas de Chiché toi ? », et que j’ai longtemps cru qu’à Chiché, on était différent et plus bête qu’ailleurs.

Je me souviens que le 10 mai 1981, mon père, qui ne manifeste jamais ses émotions, s''est levé de la chaise et a crié « ouais » lorsque le portrait de Mitterrand est apparu à la télévision.

Je me souviens que Valéry Giscard d’Estaing n’a accordé la grâce à aucun condamné à mort quand il était président.

Je me souviens que, juste avant que je rentre au collège, une petite supérette Spar s’est ouverte juste à côté du séchoir à tabac de mon grand-père, tenue par Marie Roux, la mère de celui qui distribue le fuel dans le canton.

« Un bon petit diable à la fleur de l''âge La jambe légère et l''œil polisson Et la bouche pleine de joyeux ramages Allait à la chasse aux papillons ».

Je me souviens des vinyles de Georges Brassens sur le tourne disques de la maison. « Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part …».

10:26 Publié dans Théatre | Lien permanent | Commentaires (2)

10/11/2012

Mister Green

Au théatre de Ferney, hier soir, une pièce montée par Béatrice Croquet du théatre du Torrent, Visite à mister Green. Vous pouvez la voir le samedi 17 novembre à l'ECLA à Vulbens. Elle ne passe pas à Saint Julien et c'est bien dommage !

L’histoire.

Ross, jeune cadre dynamique chez American Express, est contraint par la justice de New-York de se rendre une fois par semaine pendant six mois chez M. Green, un vieil homme qu'il a failli renverser avec sa voiture, afin de lui rendre de petits services ménagers. Mais au fil des visites, les rebondissements inattendus se succèdent !

Mais quelles blessures secrètes cachent donc les deux hommes ?...

Un duel subtil,  émouvant, brillant, tendre et cruel à la fois, d'où surgissent à chaque instants  de grands éclats de rire salvateurs ! Une écriture puissante et rythmée au service d'une histoire sensible et pleine d'humanité  !

Un hymne à la vie et à la tolérance qui touche à l'universel !  

Merveilleusement jouée par deux comédiens tout en finesse, on est souvent au bord des larmes dues au trop plein d'émotion.

A noter que la salle de Ferney est assez précaire, ce soir, il pleuvait même sur la scène ! Heureusement, il ne pleuvait pas à Torrent. C'est dommage que Ferney n'encourage pas mieux une salle qui produit des spectacles de qualité. Les conditions seraient meilleures à St Julien, encore dommage !

23:02 Publié dans Théatre | Lien permanent | Commentaires (0)

08/11/2012

Ciné - Théatre

J’ai bien aimé « César doit mourir » des frères Taviani,film qui a remporté l'Ours d'or au dernier festival de Berlin. Film vu au Rouge et noir bien sûr.

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Le film raconte la mise en scène de Jules César, de Shakespeare, par les détenus d'un quartier de haute sécurité de la prison de Rebibbia, à Rome. Le film commence par la fin : Brutus, avec d'autres sénateurs, vient de tuer son père adoptif César. La tragédie de Shakespeare s'achève ainsi. Ensuite , le film nous fait entrer dans la « fabrication » de cette pièce par de dangereux détenus, des meurtriers dans la vie réelle, qui interprètent cette pièce en prison. C’est passionnant !

225px-MaratSadePlayCover.jpgCe film m’a rappelé un autre film tiré d’une pièce elle-même tirée d’une autre pièce. Marat-Sade joué par le Shakespeare Theater, dirigé par Peter Brook, d’après une pièce de Peter Weiss, un auteur allemand, dont le titre complet est « La Persécution et l'Assassinat de Jean-Paul Marat représentés par le groupe théâtral de l'hospice de Charenton sous la direction de Monsieur de Sade. ». 

La pièce de Weiss est inspirée d'un pièce écrite par Sade lui-même pour être jouée par les "fous" de Charenton, hospice où lui-même était détenu en 1808 après la Bastille et autres lieu sympathoches. Sade avait fait l'éloge funêbre de Marat, assassiné par Charlotte Corday.

Pièce montée au Brésil en 2008... Illustration piquée ici.

Somente para Ilustração: Peça Teatral Marat-Sade, dirigida por Luis Furlanetto, com Gutto Daloia e José Loretto como protagonistas, apresentada em 2008 no Rio de Janeiro

 

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30/09/2012

Macondo

macondo_3.jpgUn spectacle des plus poétiques samedi à la comédie de Ferney intitulé Macondo.

Un jeu d’actrices exceptionnel (Déborah Lamy et Catherine Vial ?) Spectacle drôle, poétique, enchanteur...

Deux histoires tirées de courtes nouvelles écrites par Gabo.  

El ahogado más hermoso del mundo

“Le noyé le plus beau du monde”

Sur une côte désolée, des villageois trouvent un noyé au corps de géant et si beau que les femmes lui taillent un pantalon et une chemise, se plaisent à imaginer sa puissance sexuelle, lui donnent même un nom : Esteban. Puis elles le voient embarrassé par son corps et enfin aussi pitoyable que leurs époux. Mais, quand ceux-ci veulent le jeter à la mer, elles le couvrent de reliques, ce qui amène les hommes à le vénérer eux aussi. On lui fait des funérailles magnifiques après lesquelles ils se sentent transformés, améliorés.

Interprétation et mise en scène exceptionnelle de cette nouvelle par les deux comédiennes. Magique. Difficile à décrire mais, pour moi, un des plus grands moments de théâtre de cette année qui en a pourtant comportée pas mal.

Ensuite on assiste au déluge qui s’abat sur Macondo dans Cent ans de solitude pendant 4 ans, 2 mois et 11 jours Puis nos deux comédiennes enchaînent sur une autre nouvelle de Gabo :

Un señor muy viejo con unas alas enormes

“Un monsieur très vieux avec des ailes immenses”

Un vieillard misérable mais doté de grandes ailes tombe chez de pauvres villageois qui le placent dans le poulailler et qui, la nouvelle s'étant répandue, font de lui une attraction foraine qu'on vient voir de très loin jusqu'à ce qu'elle soit concurrencée par une «femme changée en araignée». Avec l'argent gagné, les paysans peuvent même se construire une nouvelle maison, mais ils ne touchent pas au poulailler. Cependant, l'hiver étant passé, de nouvelles plumes poussent au vieillard et il s'envole. 

Que du bonheur ! 

La fin du spectacle est un peu ratée. On passe rapidement sur l'Incroyable et Triste Histoire de la candide Eréndira et de sa grand-mère diabolique. Puis sur un texte lu qui me semble tiré des ses mémoires Vivre pour la raconter «La vie n'est pas ce que l'on a vécu, mais ce dont on se souvient et comment on s'en souvient». Le spectacle ne colle pas vraiment avec l'annonce mais grâce au noyé Esteban et au viel ange, tombé du ciel dans le poulailler on pardonne tout.

Toujours de bonnes pièces à la comédie de Ferney. Dommage que la commune ne mette pas un peu d'argent dans l'amélioration du confort.

12:15 Publié dans Blog, Théatre | Lien permanent | Commentaires (0)

18/07/2012

Avignon 3

FESTIVAL-AVIGNON-OFF-2012_2266820191853448494.jpg?1337697118000

1200 spectacles au OFF d'Avignon

et

un catalogue parfait

pour s'y retrouver.

Enfin,il y faut un peu de conseil, un peu d'argent (si on en voit beaucoup) et un peu de chance dans la jungle des réservations.

Troisième jour, deux piéces... de choix.

Pourquoi j’ai mangé mon père

A la condition des Soies

Tiré du célèbre roman de Roy Lewis, ce spectacle solo est drôle et époustouflant. Il retrace les joyeuses tribulations d'une famille de pithécanthropes philosophiques... Vous croiserez le chef de tribu, Edouard, génial inventeur qui part chercher le feu sur un volcan, impose des règles de vie en société, dirige une production de silex. L'oncle Vania, fidèle gardien des traditions millénaires (et sa célèbre formule "back to the trees !") et le fils Ernest, un artiste rêveur et imaginatif mais dépassé par les trouvailles de son père... 

A travers les relations d'un père et de son fils, ce best seller de Roy Lewis revisite la transmission du savoir, l'écologie, le rôle de la femme et de la famille, et l'éternel combat entre progressistes et réactionnaires. Une fresque grandiose peinte par un seul homme doué d’une expressivité hors du commun.

Solo ahurissant de Damien Ricour 
Mise en scène : Patrick Laval

Ne vous fiez pas trop à la vidéo.

THN-LES-ORANGES-22-320x479.jpgLes Oranges au Petit Louvre 

À Alger, un homme seul à son balcon regarde la mer et les gamins qui jouent au foot. Entre la balle tirée par un soldat français lors de la prise d’Alger et les oranges fruits du bonheur et de la paix, sa pensée chemine à travers l’histoire de l’Algérie depuis 1830 : la colonisation, la guerre d’indépendance, le FLN, la montée du terrorisme islamiste, le chaos, la mort.

Sans relâche, le narrateur, amusé, passionné, laisse filtrer l’espoir dans tous les méandres du récit. Une épopée haute en couleur qui retrace les déchirures, les errements, les espoirs du peuple algérien, son lent et difficile parcours vers la liberté.

Deux interprètes (Azeddine Benamara et Mounya Boudiaf) de grande qualité pour un texte très poétique et très fort de Aziz Chouaki.