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21/07/2019

Avignon OFF - 2019 J3

Le festival OFF bat son plein. Lundi, toujours plus de monde même si de l'avis général il y en a moins que l'an dernier. Trois pièces entrecoupées d'un repas fort sympathique à Villeneuve avec nos amis Aleth et Pierre.

  Intra Muros – aux Béliers

  • Metteur en scène : Alexis Michalik
  • Interprète(s) : Raphaël Bancou, Christopher Bayemi, Hocine Choutri, Johann Dionnet, Ariane Mourier, Marie Sambourg
  • Ass. mise en scène : M-C Soyer

La quatrième pièce de Michalik. Et on a vu les trois autres !

Tandis que l’orage menace, Richard, un metteur en scène sur le retour, vient dispenser son premier cours de théâtre en centrale. Il espère une forte affluence, qui entraînerait d’autres cours – et d’autres cachets – mais seuls deux détenus se présentent : Kevin, un jeune chien fou, et Ange, la cinquantaine mutique, qui n’est là que pour accompagner son ami. Richard, secondé par une de ses anciennes actrices – accessoirement son ex-femme – et par une assistante sociale inexpérimentée, choisit de donner tout de même son cours…

Du tout grand théâtre. Alexis Michalik nous entraine dans les méandres de l'univers carcéral où les vies se mêlent, s'entremêlent, se démêlent. Où les histoires se croisent, s'entrecroisent, se décroisent. On perd pied et c'est agréable.

Déjeuner avec Aleth et Pierre

La famille Ortiz Théâtre Actuel

  • Metteur en scène : Jean-Philippe Daguerre
  • Interprète(s) : Bernard Malaka, Isabelle de Botton, Stéphane Dauch, Antoine Guiraud, Kamel Isker, Charlotte Matzneff

Une famille extraordinaire : un père insubmersible, une mère protectrice. En leur sein, une fratrie qui fête et savoure chaque instant au rythme de scènes fantasmées de jeu de combat, rituels nostalgiques du passé glorieux de leur père. Un jour, pourtant, un acte manqué à plus d'un titre brisera leur équilibre. Ils feront tout pour éviter l'inéluctable... voire le pire. C'est l'histoire de la famille Ortiz qui vit d'amour comme dans un rêve… jusqu'à ce que la réalité s'en mêle.

Un autre must du festival. Comme on parle de "feel good movie" on peut ici parler de "feel good theatre" bien que tout ne soit pas good bien sûr. Un vrai plaisir.

40° SOUS ZÉRO

(L'HOMOSEXUEL OU LA DIFFICULTÉ DE S'EXPRIMER + LES QUATRES JUMELLES) 2 pièces de Copi. 

  • Metteur en scène : Louis Arene
  • Interprète(s) : Louis Arene, Sophie Botte, Delphine Cottu, Olivia Dalric, Alexandre Ethève, Lionel Lingelser, François Praud

Après "Le Chien, la Nuit et le Couteau" (succès Avignon 2017 à la Manufacture) le Munstrum Théâtre présente son nouveau spectacle.
Monstrueuses, hilarantes et subversives, ces deux pièces au climat frigorifique mettent en scène les luttes fratricides de personnages cruels et extravagants en marge de la société et de l’espèce humaine.
Ici, on change de sexe à gogo et on crève pour mieux ressusciter dans un ballet post-apocalyptique, trash et jubilatoire. 
La mise en scène joue des contrastes entre kitsch et sublime en créant une multitude de situations loufoques et d’images puissantes. Une fine double peau modifie les visages des acteurs et révèle des créatures étranges qui nous relient à notre humanité profonde. Les costumes, signés Christian Lacroix, dessinent des figures totémiques sublimes et outrancières. La scène se transforme en un cabaret déglingué où le sens se déleste de ses habituels attributs cartésiens pour s’aventurer dans des zones indéterminées, archaïques et primitives.
Dans une transe joyeuse et dévastatrice, le Munstrum célèbre un théâtre de la catastrophe et du rire, un théâtre de la fin de l’impossible. Un théâtre où la révolution pourrait enfin advenir.

Un spectacle délirant qui remue et nous remue.

15:02 Publié dans Avignon OFF | Lien permanent | Commentaires (0) |

20/07/2019

Avignon OFF - 2019 J2

Le 4ième mur 3 soleils

La guerre est folie, la paix doit l’être aussi. Sur son lit d'hôpital, Samuel Akounis a fait promettre à son meilleur ami, Georges, de monter Antigone d’Anouilh en pleine guerre du Liban en faisant jouer un fils ou une fille de chaque camp. Georges est parti à Beyrouth, main tendue à la paix. Mais la guerre lui a offert brutalement la sienne…
De retour auprès de Samuel, il raconte. Et comme il aime le théâtre, il rejoue aussi jusqu’à revivre ces souvenirs magnifiques, poétiques et bouleversants.

L’HUMANITÉ
Julien Bleitrach est de bout en bout seul sur le plateau (…) avec la force et la fougue des passionnés, il raconte, il témoigne.

Encore un numéro d'acteur grandiose qui illustre le livre de Sorj Chalandon, Le Quatrième mur, Prix Goncourt des lycéens 2013. 

Fausse Note au Barretta

Nous sommes au Philharmonique de Genève, dans la loge du chef d’orchestre de renommée internationale H.P Miller. A la fin d’un de ses concerts, ce dernier est importuné à maintes reprises par un spectateur envahissant, Léon Dinkel, qui se présente comme un grand admirateur venu de Belgique pour l’applaudir. Cependant, plus l’entrevue se prolonge, plus le comportement de ce visiteur devient étrange et oppressant. Jusqu’à ce qu’il dévoile un objet du passé… Qui est donc cet inquiétant Monsieur Dinkel ? Que veut-il réellement ?

Bien joué, bien construit. C'est sûr mais une impression d'histoire "déjà vue".

Tzigane – au Roi René

Un voyage d'une énergie incroyable, cadencé entre les volants des jupes virevoltantes.

À travers une dizaine de tableaux, le chorégraphe Petia Iourtchenko nous ouvre les portes de son peuple, celui des Tziganes. le son rythmé des chaussures martelant le sol et la voix chaude et profonde de Lilia Roos-Dalskaïa.
 
 
Pour changer des one man or two men shows

14:37 Publié dans Avignon OFF | Lien permanent | Commentaires (0) |

19/07/2019

Avignon OFF 2019 - J1

Le festival d’Avignon. Les deux festivals, le IN et le OFF. 1596 spectacles dans le OFF cette année. Le record bien sûr battu à chaque fois. Une chaleur accablante, une course pour les places, une quête des « bonnes » pièces, celles qu’il faut voir absolument. Les complets et les listes d’attente. La foule dès 10 heures du matin jusqu’à tard le soir…

Bref si votre patron vous envoyait à Avignon en juillet avec pour mission de voir 3 ou 4 spectacles par jour en essayant si possible de voir des bons, j’en connais beaucoup qui refuserait cette travail harassant. Les syndicats s’en mêleraient en parlant de pénibilité. Des gilets jaunes viendraient manifester devant une telle prétention de l’élite cultivée.

Et pourtant, il y a des milliers de personnes pour accepter le job. Catherine et moi en faisions parti cette année pour la 6 ou 7ième fois. On a baissé notre rythme. Pas plus de 3 pièces par jour (On en a eu vu 5 certaines fois). Une organisation parfaite. Pratiquement tous les spectacles réservés à l’avance. Un programme concocté par Catherine, digne d’un emploi du temps scolaire avec du noir, du bleu (les pièces), du vert (les théatres) et du rouge (les heures)  

Arrivée le vendredi au camping de Bagatelle avec installation du camping-car en deux temps, prise des cartes du OFF, quelques changements de dernière minute et deux pièces :

L’école des femmes

au Corps saints

De 15h15 à 16h46

Du 4 au 28 juillet à 15h15
Relâches les lundis 8, 15 et 22 Juillet

Avant-première le 4 (PAF festival)

Mise en scène : Gilles Droulez,
Scénographie : Patrice Balandreaud, costumes : Prêle Barthod, regard extérieur: Marie Démon
Avec Laurent Andary, Fanny Corbasson, Gilles Droulez, Pauline Tanca, François Tantot

Être cocu, certainement pas. Rire des histoires des autres, avec joie ! Mais être raillé, hors de question. Arnolphe a élaboré sa propre stratégie, secrètement, méthodiquement, et attend son heure de gloire : il fait élever la jeune Agnès, recueillie à l’âge de 4 ans, par deux valets stupides et à l’écart du monde, afin d’en faire sa femme, exemplaire, c’est à dire ignorante, soumise, docile, reconnaissante, dévouée, et par conséquent : fidèle.
Arnolphe est résolument plus intelligent et rusé que tous les hommes.
Il a tout prévu. Tout. Sauf Horace.
Adaptée pour 5 comédiens, cette Ecole des femmes prend le parti de la farce : rire de nous de mieux réfléchir… Car Molière nous livre ici un texte d’une stupéfiante actualité !

crepuscule.jpg

Le crépuscule – Présence pasteur

Lionel Courtot adapte et met en scène Les Chênes qu’on abat qui relate la dernière rencontre à Colombey entre de Gaulle et Malraux. Une joute verbale doublée d’une interrogation sur le destin de la France.

Incarné par deux acteurs d'exception : John Arnold et Phillipe Girard qui s’installent dans leur personnages par un jeu d’attitude : voutée et nerveuse pour le premier, altière et solennelle pour le second. Vertigineux !

12:29 Publié dans Avignon OFF | Lien permanent | Commentaires (0) |