08/11/2018
14-18
Ce 11 novembre, j'ai envie de me souvenir de mes deux grands-pères, un que je n'ai pas connu et qui fut gazé à Verdun, gazage dont il mourut quelques années plus tard. L'autre, Laurent/Besso qui s'est battu en 15-18 dans le Tyrol, les Dolomites, l'Isonzo et qui se faisait une joie chaque 11 novembre à Abondance de rejoindre des poilus d'autres fronts, d'une autre nation pour le banquet offert par la mairie. En Italie, l'armistice fut signée le 4 novembre. Mes remarques ci-dessous s'appliquent à l'Italie, une guerre dont la stupidité a été bien illustrée dans le film de Rossi "Les hommes contre". Sur le front français, on a le chef d'oeuvre de Kubrick, "Les sentiers de la gloire".
Selon l’Universalis : Depuis 1922, le 11 novembre est en France une fête nationale fériée (donc deux fois fête) qui commémore la victoire et la paix.
Le 11 novembre marque la fin de la première guerre mondiale. OK, mais ce ne fut pas vraiment une fête. Le pape Benoit XV, pape de du 3 septembre 1914 au 22 janvier 1922 la définissait comme un massacre. Et on ne fête pas les massacres !
Des millions de gens sont morts inutilement, des innocents sacrifiés sur l’autel du nationalisme xénophobe, de la folie humaine, de l’ambition des apprentis sorciers qui ouvrirent la route à cette grande tuerie du XXième siècle.
La première guerre mondiale fut un immense drame, une tuerie, un carnage, une boucherie, une hécatombe, un massacre infligé aux citoyens envoyés à l’abattoir pour satisfaire la soif de pouvoir de chefs nationalistes incapables et ineptes.
En 2016, l’assemblée nationale a refusé la réhabilitation des fusillés de 14-18. Pourtant ces soldats qui ont osés se rebeller devant la barbarie sont les vrais héros de cette guerre.
Ce n’est pas que Pétain qu’il faut mettre au ban de la nation, ce sont aussi tous les maréchaux, le général Nivelle ainsi que les politicards qui se sont montrés incapables d’arrêter cette escalade stupide qui a conduit au massacre.

Illustrations de Tardi pour Voyage au bout de la nuit.
Oublions ces généraux pusillanimes et déjà multi-décorés qui ont envoyés tant d’hommes à la mort. Contentons nous de nous souvenir de « ceux de 14 ». Ces civils enrôlés pour être envoyés à la mort dans ces folles batailles, la Marne, la Somme, les Flandres, Verdun, le chemin des dames… Et aussi les déserteurs qui ont eu le courage de résister.
Joffre « Offensive à outrance »: ainsi pourrait être résumée la stratégie déployée par le maréchal Joffre.
Foch Théoricien militaire, il est à l’origine du plan XVII prônant la combativité et l’offensive à tous prix.
Nivelle Il incarne à lui seul l’aveuglement de l’état-major français face à la réalité du conflit! C’est lui qui est choisi pour remplacer Pétain durant la bataille de Verdun, ce dernier étant jugé pessimiste et peu agressif (voir ci-dessus).
Oh Barbara
Quelle connerie la guerre !
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07/11/2018
Hérédité
Je viens d’installer Heredis, un logiciel de généalogie. Ma cousine Josiane m’a envoyé tout mon pedigree* côté paternel. Ceci permettra à mes petits enfants de connaître les 16 grands-pères des grands-pères des grands-pères de leur grand-père (moi). Idem pour les grands-mères. Normalement cela devrait faire 32 si j'avais les aïeux de ma mère et 64 si on rentrait leur deuxième famille au même niveau de détail. Les puissances de 2 quoi. Des milliards au temps de Charlemagne.
Le plus vieux de la bande (Pietro-Guiseppe Costa) est né en 1756. A l’époque Louis XV avait 46 ans. Il avait succédé au roi soleil son arrière grand-père le 14ième du nom. Voltaire avait 62 ans et Rousseau 44. Le Piémont était très loin de Versailles et aussi de Ferney.
Il ne me reste plus qu’à compléter le tableau avec ma descendance et celle des cousins-cousines, et idem en ce qui concerne la partie maternelle, enfin ce qu'en connait mon powerpoint. Non, je ne ferai pas le tour des mairies et des cimetières. Peut-être mettrais-je à contribution quelques cousins-cousines supplémentaires.
* Le mot pedigree est encore un mot qui nous vient de l’anglais qui eux-mêmes disaient jadis pedegru, emprunté au moyen français « piè de gru », par l’anglo-normand pe de gru. Le pied de grue par analogie aux 3 petits traits utilisés dans les registres officiels anglais pour désigner les ramifications d’un arbre généalogique à 3 branches. Utilisé en français pour les chevaux et les chiens, il est plus tard utilisé pour les hommes en commençant par les repris de justice. (Alain Rey bien sûr!)
Quant à faire le pied de grue, qui se disait au XVIe siècle "faire la grue" et au XVIIe "faire la jambe de grue". Le verbe 'gruer' voulait aussi dire 'attendre'.
Bien entendu, toutes ces formes ont pour origine notre échassier capable de rester longtemps debout à attendre on se sait quoi ou encore à dormir. Une grue était utilisé en argot pour désigner une prostituée qui faisait justement le pied de grue dans la rue en général appuyée contre un mur.
Pour en finir avec le mot grue sans grumeau ni gruau (le petit de la grue). Voici la grue de chantier qui elle aussi n’a qu’une jambe.

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