30/08/2015
Programmeur prends garde !
Daniel Cohen était chez Patrick Cohen. Daniel, l'économiste, auteur de l'homo economicus, vient d’écrire un livre au titre superbe : “Le monde est clos et le désir infini”.
Dans l'homo economicus, il posait le problème de la compétition effrénée, ici il pose assez bien le vrai problème de la menace du monde numérique.
La grande relève de l’homme par la machine chère à Duboin, est en train de prendre des proportions cata-clysmiques.
Le mantra de l’informaticien : « Si tu fais deux jours de suite le même job, pense au logiciel qui le fera à ta place le troisième jour »
Daniel Cohen : "Le progrès devient une menace... par franceinter
Pour être franc, je n'ai pas encore lu ce livre qui vient de sortir et je n'ai que feuilleté Homo Economicus mais s'il fallait tout lire pour en parler, il y aurait encore plus de journalistes au chômage. Quand est-ce que les robots liront les livres à notre place ?
07:54 Publié dans Duboin, Numériclash | Lien permanent | Commentaires (1) |
29/08/2015
Le toupet de Trump
Selon l’économiste Daniel Cohen, 90% des américains n’ont pas augmenté leur pouvoir d’achat dans les 30 dernières années.
Pendant ce temps Donald Trump multimilliardaire, qui a fait sa fortune dans l’immobilier, monte dans les sondages. Comment est-ce possible que tous ces gens qui galèrent puissent penser que cet homme serait un bon président pour eux ? Sans doute le mythe de la réussite qui laisse à penser que quelqu’un qui a réussi va amener les autres au succès. Et pourtant tout le monde sait que quelqu’un qui a amassé une si grande fortune, surtout dans ce domaine, ne peut l’avoir fait qu’au détriment du plus grand nombre, donc de l'intérêt général.
En plus, ce triste sire est sexiste et raciste. Il accumule les déclarations qui puent. Mais il amuse la galerie. Son dernier truc en date tourne autour de sa soi-disant perruque (toupée*). On dirait qu’il en a une mais en fait ce sont ses vrais cheveux fait-il constater par une dame du public.
L’anglais toupée veut dire postiche, vient du français toupet. Un toupet est une touffe (même origine de l’allemand topf) de cheveux sur le sommet de la tête, le mot viendrait donc de l’anglais top, sommet. Quant à Trump, s’il n’a peut-être pas pas de toupée mais il a un sacré culot qui l’amène au sommet des sondages. Perso, je ne trouve pas ça top.
10:52 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) |
28/08/2015
Rudologie bis
Lilian, 8 ans, me parle avec grand enthousiasme de sa visite à Bruniquel* et d’un homme « presque » Cro-Magnon, homme qui lui a montré comment se servir d’un propulseur à sagaies et autres instruments genre fronde à tuer le mammouth bâtie façon marteau d’athlète... Il me dit qu'il a même essayé avec le propulseur et la fronde de tuer une balle de foin faisant office de pachyderme... "mais ce n'était pas si facile." Finalement, il me chante la chanson qu'il connaît assez bien...
Du coup, je cherche la chanson des 4 barbus, le commentaire du Garde-Mots... et je retombe sur ma note sur la rudologie postée en 2009 avant que je ne sois élu au Sidefage et bientôt institué spécialiste du déchet*…

La rudologie, une science de notre temps.
Comme dirait Vialatte, le rudologie date de la plus haute antiquité et même plus. Déjà dans sa caverne l’homme de cro, l’homme de ma, l’homme de Cromagnon, pon pon laissait des déchets. Très peu en comparaison de l’homme moderne, cela va de soi.
Ah oui, j'allais oublier, du latin rudus, décombres, la rudologie est l’étude des déchets.
Eh oui, la poubelle, est un bon moyen de mesurer le pouls de la société. (La poubelle ne date que du 19ième siècle, Eugène Poubelle (1831-1907), préfet de Paris, fut amené à prendre un arrêté en 1884 qui obligeait les propriétaires d'immeubles à mettre à disposition de leurs locataires des récipients communs, munis d'un couvercle et d'une capacité suffisante pour contenir les déchets ménagers.)
Plus près de nous entre 1985 et 1990, la société française avait quatre grandes catégories de poubelles :
- Les poubelles de l’abondance pour les déchets des ploutocrates, les riches, ceux qui ne jettent que des Rolex usagées ou des bijoux dessertis.
- Les poubelles du choix possible pour les déchets de la classe moyenne qui jette des choses moins fantaisistes, des Swatch qui ne marquent l'heure que deux fois par jour, des quolifichets achetés au souk de Marrakech...
- les poubelles du nécessaire pour les déchets des HLM. Très riches en cartons d'emballage, pack de bières vides, jouets toc en plastoc et autres rogatons.
- Enfin les poubelles de l’indispensable, les déchets des pauvres, assez proches des déchets que laissait Cromagnon. Peu de choses en somme.
Les déchets sont précieux pour révéler les comportements spatio-temporels d’une société donnée. Ainsi par exemple, rien qu’en examinant les ordures rejetées par une catégorie sociale, les rudologues peuvent apprendre qui travaille et à quel heure, qui fait la fête, en famille, qui partouze, qui chôme, qui se gave etc… Dans la poubelle on distingue aussi le rat de ville du rat des champs… Bref, la rudologie est devenue une branche importante de la sociologie. Et en ce moment les fours des incinérateurs à ordures du Sidefage ne fonctionnent pas à leur pleine capacité. On se demande bien pourquoi.
A noter que les hommes de la grotte de Bruniquel étaient sûrement des Néandertaliens et pas des sapiens comme l'homme de cro, l'homme de ma, l'homme de gnon, l'homme de Cro-Magnon, ce n'est pas du bidon...
* Déchet à la même origine que déchoir et décadence qui vient du decadere latin qui veut dire tomber (cadere en italien). Peu à peu le sens du mot a déchu et on a dit "aller en déchié (sic Alain Rey) pour les ordures puis le mot s'est transformé en déchet. Les intercommunalités en ont fait des déchetteries (intercommunales) pour la propreté du territoire (intercommunal).
* Ordure vient de ord ou orde qui voulait dire sale. Mot dérivé du latin horridus, hérissé ou à l'aspect sauvage qui a donné horreur et horrible.
A propos de déchié, une petit contrepèterie : "La philanthropie de l'ouvrier charpentier"
09:04 Publié dans Rudologie | Lien permanent | Commentaires (2) |
27/08/2015
Nader et l'IA
Ce blog parle assez souvent de robots et aussi de la singularité. Récemment, j’ai fait une note sur le film Ex Machina. Je rappelle que la singularité est ce moment, pour l’instant hypothétique, où la machine va devenir indépendante de l’homme voire même être un réel danger pour la race humaine.

Dans son roman Rainbows End, Vernor Vinge nous raconte, à travers une fiction, ce moment singulier où la machine va prendre son essor, disons vers 2025-2035.
Pas mal de gens pensent que cette idée est stupide que la machine sera toujours une bête machine. Un gros robot stupide, disait Boris Vian.
Pourtant, je lis de plus en plus d’articles écrits par des personnes sérieuses qui s’en inquiètent. Vous avez peut-être entendu parler de l’alerte lancée par Stephen Hawking sur la menace que cause l’Intelligence Artificielle (IA). Il a été rejoint par Bill Gates. Aujourdh’hui, je lis un article de Ralph Nader, le pape de l’écologie aux US. Nader pointe les robots militaires :
On sait que 70% du volume des échanges boursiers des Etats-Unis sont désormais le fait d'ordinateurs (…) Les armes autonomes, par exemple, peuvent être conçues dans un certain but par les armées, mais leur usage peut déboucher sur des situations non souhaitées et plus redoutables, où ces armes décideraient d'elles-mêmes qui et quand elles frapperaient. Bien sûr si cela peut arriver, cela arrivera !
Effrayant ? N’est-il pas ?
Que de chemin parcouru depuis 1953 et le fameux robot à Ducros dont se moquait Boris Vian ! « He va donc gros robot ! » disait-il à un robot obèse. Qu’en penserait-il aujourd’hui ? On peut se demander si l’avenir est encore à Pic de la Mirandole ou s’il ne serait pas plutôt à un nouveau Robespierre debout face aux apprentis sorciers.
17:02 Publié dans Numériclash, Science | Lien permanent | Commentaires (1) |

