27/04/2014
Banques
Comment se faire du pognon en brûlant les banques ?
Dans son discours du Bourget, le candidat François Hollande avait désigné le monde de la finance comme l’ennemi public numéro 1. Les banques ont eu très peur. En fait, c'était pour rire. La loi a été édulcoré et elles pourront toujours mélanger dépôts et investissements.
Pour s’attaquer aux banques, il ne reste donc que les artistes.

Alex Schaefer, est un peintre américain dont les œuvres n’atteignaient pas les 1 000 dollars. Il s’est mis à peindre la succursale de la Chase Manhattan Bank près de chez lui en train de brûler. Soupçonné de terrorisme par la police de L.A., les journaux se sont emparés de l’histoire et depuis ses toiles dépassent les 25000 dollars.
De son côté Manuel Rufo, un artiste espagnol a décidé de “brûler et détruire symboliquement le siège des 20 plus grandes banques mondiales” à l’aide d’un... logiciel de montage photo. Manuel Rufo travaille pour le magasine Yorokobu. Sa série Justicia Digital est née en 2009. Série commencée quand il s’est vu imposer “des conditions démentes” pour l’obtention d’un prêt nécessaire à son travail. “J’en suis sorti avec une colère immense", raconte Manuel Rufo. Ce qui lui a donné une matière incroyable pour travailler.

Article inspiré par l’excellent Courrier International.
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26/04/2014
Commémorations
Notre premier ministre est à Rome cette fin de semaine pour "élever à la dignité de saint" deux ex-papes. Manuel Valls n’a-t-il rien de mieux à faire ?

Le 24 avril, notre président commémorait le 99ième anniversaire du génocide arménien. A l’occasion il a annoncé qu’il serait à Erevan le 24 avril 2015 et qu’il allait proposer une loi "contre ceux qui nient l'existence du génocide arménien". François Hollande n’a-t-il rien de mieux à faire ?
S’ils veulent continuer leur frénésie de commémoration, je leur propose le calendrier suivant. Que des 100ième anniversaires ! Quoi de mieux ?
- 28 juin Sarajevo Assassinat de l’archiduc
- 28 juillet Belgrade Déclaration de guerre de l’Autriche-hongrie à la Serbie. Bombardement de la ville.
- 30 juillet Moscou mobilisation générale
- 31 juillet soit Bruxelles pour la mobilisation générale soit retour à Carmaux pour l’assassinat de Jean Jaurès.
- 1 août Berlin déclaration de guerre de l’Allemagne à la Russie
- 2 août Paris mob générale – Luxembourg envahit
- 3 août Lunéville premier bombardement
- 4 août Assemblée nationale Poincaré appelle à l'Union sacrée devant les deux chambres qui votent les crédits de guerre à l’unanimité.
- 5 et 6 août Strasbourg - Libération d’une partie de l’Alsace sous domination allemande depuis 1870
- 16 août Liège – prise de la ville
- 20 aout Namur –chute du fort
Il y en a tous les jours. Il n’y a qu’à se reporter à Wikipedia Chronologie de la Première Guerre mondiale. Ne pas rater :
- 6 septembre 14 Première bataille de la Marne (inauguration en taxi)
- 15 décembre 14 Offensive en Champagne
- 15 février 15 Dardanelles – début de l’offensive
- 22 Mars 15 Przemysl Capitulation austro-hongroise
- 25 avril 15 Gallipoli ou Canberra Échec de l’expédition. Mort de 200 000 soldats britanniques.
- 23 mai 15 – Rome (pour Manuel) – L’Italie entre en guerre
- 23 aout 15 - Brest-Litovsk, les Russes abandonnent la ligne du Bug
- 18 octobre 15 Rives de l’Isonzo - Des morts en veux-tu en voilà
- 2 décembre 15 Salonique
- 21 février 16 début de la bataille de Verdun
- 1 avril 17 Chemin des Dames. Début de l'offensive Nivelle
- 4 mai 17 Chemin des Dames. Echec de l'offensive Nivelle
Ce périple touristique devrait s’arrêter là car le 4 mai 2017, on sera à 2 jours du deuxième tour des présidentielles. Hollande pourra reprendre le chemin des dames et Valls ira prier à Rome.
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24/04/2014
Trystan
On dit souvent qu’après trente ans, on ne se fait plus de vrais amis. C’est faux. Trystan en est la preuve… enfin en était la preuve. J’avais coutume de dire qu’il était un ami d’enfance rencontré sur le tard. C’est à sa perte que je mesure combien je l’aimais, combien nous l’aimions, Catherine et moi, et aussi tout ce que nous avions encore à faire ensemble.
Nous nous sommes connus grâce à ce blog. Il était un de ses fidèles lecteurs. Il commentait peu ou alors par email. Son premier mail date de mai 2011, il disait « Lentement je découvre le coin, Neydens, Archamps, St Julien et ce Salève tant de fois gravi par Ella Maillart...! » Après le Salève et Ella Maillart, on a bien sûr parlé de Nicolas Bouvier, de son Usage du monde. Puis nous avons enchainé sur bien d’autres écrivains voyageurs.
Le voyage et la littérature, c’était nos dadas, dadas surréalistes bien sûr. En matière de littérature, Trystan était un puits de science. Il avait beaucoup lu et parlait avec talent aussi bien de Virgile, de Montaigne, de Robert Musil, de Kazantzakis, de Vialatte, que de Mankell ou d’André Blanchard. De bien d'autres. Quelle richesse d’échanges !
Il parlait aussi de sa famille, de son père ingénieur chez Peugeot, de son frère, de son fils… Il était très fier du petit Malo qui changeait son statut social... Depuis le 4 Juillet je suis le grand père d'un petit Malo parfaitement bâti selon la médecine moderne...! Il ne peut pas se plaindre de moi car je l'ai copieusement arrosé le long de ma virée ( Berlin-Prague-Vienne- Budapest ). Pudeur de sa part ou malchances du calendrier, on n’a jamais rencontré Barbara qui l'avait pourtant amené par ici.
A la relecture de ces mails, je constate la difficulté que nous avions à nous rencontrer, moi à mes occupations municipales, lui à ses voyages. Ses passages vers Genève ne permettaient pas forcément la rencontre, c’était toujours avec moult regrets. Après l’Europe centrale, c’était l’Anatolie, l’Iran puis repos à Turin avec Barbara avant d’aller à Bangkok et à Pékin. Turin… il adorait ce coin d’Italie : Je me sens piémontais parfois tant le mode de vie me convient. On parlait de nos origines transalpines.
C’était un bourlingueur convivial. Il nous a recommandé une échoppe à Venise, deux ou trois gîtes en Crète. Des adresses précieuses car il avait vécu là et rencontré les gens, de vrais gens, des gens simples, des gens qui vivent, des gens qui existent… Pour Trystan, ce qui comptait c’était d’être, de vivre, de profiter de l’instant… C’était un homme libre. Il ignorait les gens qui vivent pour posséder et encore plus ceux à qui importe le paraître, ou alors il se moquait d'eux avec humour. A l’image de Montaigne qu'il aimait citer, il savait sonder les grâces et façons de chacun pour engendrer l’envie des bonnes et le mépris des mauvaises.
Notre voyage en Crète, c’était un peu le sien. Je le comparais à Zorba et il me répondait : comme j'aimerais avoir la spontanéité solaire de Zorba et son détachement. La mine fera faillite certes mais l'ingénieur apprendra le sirtaki. Quoi de mieux ..?
C’est aussi à cette époque qu’il a commencé à parler de ses problèmes de scalp qui devaient mal finir comme on sait.
Ce matin, j’ai parcouru tous nos mails et constaté à quel point sous son dilettantisme Trystan cachait une grande érudition et un goût profond pour la vie et pour les êtres. Je réalise aussi tout ce que l’on aurait pu faire si ce maudit mélanome… quel vilain mot mélanome !
On t’attendait Trystan. La chambre d’amis était prête. On aurait trinqué au spritz vénitien, Apérol et Proseccho, ensuite tu nous aurais concocté ce petit plat que tu nous avais promis. Le lendemain, nous aurions été dégusté le menu gastro à l’Angelick, ensuite on aurait fait une petite marche sur la Salève à admirer le Mont-Blanc et le Jura en parlant d’Ella Maillart, de Nicolas Bouvier, de tous nos chers auteurs, de la Crète, du Piémont ou encore des progrès du petit Malo.
Adieu l’artiste !
09:15 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (1) |

