17/06/2012
Bestial Business 3
Lisez les deux épisodes précédents...
Est-ce qu’elle souhaite aussi voir mes araignées ? Elle hésite. Je sors un couple de mygales velues deux fois plus grosses que la tortue. Visiblement, elle n’aime pas les araignées. Elle recule au fond de la pièce et me demande de fermer la valise. Je la sens tendue mais, elle reprend vite ses esprits. Elle me remercie pour cette belle démonstration de spécimens, mais elle n’est pas là pour ça. Ah bon, je croyais.
Je lui explique que j’ai l’intention de reprendre le business de Julius, qu’il me faut beaucoup d’argent pour faire libérer mon oncle. Par chance, il m’a laissé tous ses contacts sur les cinq continents. Ces reptiles et ces araignées ne sont qu’une mise en bouche. Je peux, si c’est ce qu’on souhaite, lui procurer un éléphant ou un hippopotame. Cependant, il serait plus facile de se contenter de NAC ordinaires, des nouveaux animaux de compagnie de taille plus modeste. Disons, boas, pythons, iguanes, scorpions, moufettes, marmottes, mygales… Faites votre marché, chère Gaëlle ! Communs ou rares, autorisés ou interdits… Question de délais et de prix. Pour certains, si nécessaire, je peux même procurer des permis, disons, quasi légaux.
Je crois que la belle s’attendait à autre chose. Elle me pose sans conviction quelques questions un peu indiscrètes sur mes sources, je botte en touche. Elle sait qu’elle ne doit pas me poser ce genre de question… Essayé, pas pu ! Elle revient sur mes conditions de vie dans cette cité. Je lui explique à nouveau que c’était ici que Julius s’était installé, que c’est un endroit favorable pour passer inaperçu, les flics n’osent plus venir par ici. Trop dangereux ! J’y suis donc incognito.
Elle m’explique que, finalement, elle est venue pour un premier contact, qu’elle doit en référer à ses amis, que j’aurai sans doute des nouvelles bientôt. Pourtant, elle avait parlé de commande. Je suis déçu. Elle enfile ses gants, je l’aide à remettre son soyeux manteau de fourrure. Elle me fait un grand sourire. Si l’on n’était pas en affaire, j’aurais tenté ma chance… J’ai repéré un petit restau en frontière de ces immeubles et je déteste manger seul quand le restaurant est bon.
Du coup, je vais me préparer un petit encas pour midi puis je me replongerai dans Cents ans de solitude. Le loueur avait parlé d’un grille-pain parmi les avantages mirobolants de ce studio meublé. L’engin est bien là sur le plan de travail défoncé. Il n’est pas tout neuf. Marchera, marchera pas ? Je l’essaye à vide. Le ressort arrache un bruit aigu de ferraille fatiguée… Il a l’air de chauffer. Très bien, je vais pouvoir me faire un club-sandwich.
Le père Nicanor Reyna arrive à Macondo pour célébrer le mariage entre Aureliano Buendia et Remedios Moscote. Il découvre que le village vit dans le péché et décide de rester pour les évangéliser. Il fait construire un temple et pour attirer les fidèles, il propose des spectacles de lévitation. Le secret de sa lévitation repose sur une intense consommation de chocolat. Du coup, je suis pris d’une furieuse envie de manger du chocolat… Je n’en ai pas acheté. Tant pis ! Je mets en branle mon club sandwich, poulet, salade, fromage à raclette et sauce BBQ entre deux tranches de pain complet grillées. Je me sers un verre de Saint-Estèphe. Cet après-midi, je ramènerai les bestioles en essayant de raser les murs. Ensuite, il n’y aura plus qu’à attendre l’appel de la belle Gaëlle…
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16/06/2012
Bestial Business 2
Lisez d'abord l'épisode 1
Ma visiteuse a une trentaine d’années. Brune, élancée, avec ses talons elle est aussi grande que moi. Une poitrine avantageuse. Une belle cambrure de reins. Elle se fait appeler Gaëlle Petros. Elle veut bien voir mes échantillons mais d’abord, elle a quelques questions à me poser. Je suis archi-prêt. Je pourrais faire les questions et les réponses du tac au tac :
Pourquoi ne me suis-je pas manifester plus tôt ?
Eh bien ! Depuis que mon cousin Julius s’est fait alpaguer par l’armée bolivienne, j’ai eu la trouille et je me suis planqué.
Depuis quand j’habite ici ?
Depuis que Julius m’a trouvé ce petit studio tout près du sien.
Quel travail je faisais pour Julius ?
Uniquement des petits boulots, toujours en France. Mais j’étais au courant de ses petits arrangements au cas où… J’ai son carnet d’adresses. C’est pour ça que j’ai repris contact pour écouler de la marchandise.
Est-ce que j’ai approché d’autres acheteurs ?
Non. J’ai suivi à la lettre les instructions de Julius.
Je crois que j’ai passé le test. La belle Gaëlle semble satisfaite. Néanmoins, je dois rester sur mes gardes. Elle veut voir les échantillons et si possible passer commande. Les choses se déroulent comme prévu.
Je sors la valise de sous le lit et l’ouvre avec une extrême prudence en gardant la belle dans le coin de mon œil gauche. Elle semble inquiète. Elle ne se doute probablement pas de ce que j’ai amené avec moi. Cette valise est un vivarium super bien organisé. A l’intérieur, trois sortes de serpents, des tortues et quelques araignées. Que des espèces rares. Des tortues de Muhlenberg, minuscules et si sympathiques. J’en mets une dans la main de la belle. La main est petite et fine mais la tortue miniature tient au creux de la paume. Elle a un instant d’hésitation puis elle retire son masque et esquisse un sourire.
J’ai prudemment refermé la valise. La suite sera plus rude. Dans un autre compartiment, il y a trois petites bombes : une vipère heurtante, un manba vert et un serpent corail albinos. Trois juvéniles, entre trente et quarante centimètres, tous trois redoutables et magnifiques. Je prends le corail avec précaution derrière la tête. La belle Gaëlle me dit qu’on dirait un collier. Il est très beau en effet. Je lui déconseille néanmoins de le mettre autour du cou. Elle recule. Je le remets dans sa boite et sors le manba. Magnifique serpent d’un beau vert métallique que Gaëlle regarde avec méfiance. La vipère heurtante semble fade, à comparer. J’explique que c’est sans doute elle qui est responsable du plus grand nombre de morts par morsure dans les champs africains. Je remets la vipère en place.
Est-ce qu’elle souhaite aussi voir mes araignées ? Elle hésite. Je sors un couple de mygales velues deux fois plus grosses que la tortue. Visiblement, elle n’aime pas les araignées. Elle recule au fond de la pièce et me demande de fermer la valise. Je la sens tendue mais, elle reprend vite ses esprits. Elle me remercie pour cette belle démonstration de spécimens, mais elle n’est pas là pour ça. Ah bon, je croyais.
19:46 Publié dans Textes | Lien permanent | Commentaires (0) |
15/06/2012
Bestial business 1
Une petite nouvelle pour attendre les vacances… quatre épisodes, un chaque deux jours... à lire à rebrousse poil sur le blog.
Bestial Business
Une veste en cuir achetée d’occasion, un vieux pull informe, une casquette de base-ball, un jean deux tailles de trop et troué aux genoux, de vieilles pompes qui n’ont jamais vu de cirage, pas rasé de trois jours, cheveux longs, poil hirsute, c’est mon nouveau look. Si vous m’avez rencontré dans une vie antérieure, vous ne pouvez pas me reconnaître.
Peu probable que mes amis viennent traîner leur costard-cravate dans ce coin de la ville. Hier je peaufinais le cuir de mes escarpins en veau retourné, ce matin, j’ai éculé les talons de mes groles, déjà bien entamés… Le sens du détail. Bon, assez de vantardises. Je ne suis pas venu habiter cette barre d’HLM pour mon plaisir. D’ailleurs ce ne sont pas des HLM. Ici, c’est de l’immeuble de rendement : maxi spéculation, délabrement et punaises de lit. 600 euros pour un studio pourri de 25 mètres carrés, loué par un bailleur écorcheur de la peau des poux.
Je ne suis pas là non plus pour jouer les sociologues ni les redresseurs de tort. Je suis là pour les bestioles. Je vais dormir ici ce soir comme si j’y avais passé toute ma vie. J’ai posé mes deux valises, vidé la première en rangeant mes vêtements dans l’armoire, planqué la seconde en sécurité sous le lit. Ensuite j’ai fait le lit au carré. Je me prépare un petit frichti sympa. Ma recette de Spaghetti à la carbonara à laquelle j’ajoute un oignon et une pointe de muscade. Par dessus deux verres de Saint-Estèphe. Après le repas, je relirai quelques pages de Cents Ans de Solitude avant de m’endormir. Demain, ce sera la rencontre décisive. Quelqu’un devrait sonner à neuf heures à ma nouvelle adresse.
Lever sept heures vingt. Deux tartines beurre et confiture, un grand café noir. Je débarrasse la table et me replonge dans la Solitude ; la pluie tombe sur Macondo depuis quatre ans, onze mois et deux jours ; La vieille Ursula attend la fin du déluge pour mourir. Neuf heures et quart, personne… Neuf heures vingt-cinq, on sonne. D’après les échanges par Internet, j’avais deviné que ce serait une femme mais je ne m’attendais pas à une telle beauté. Elle est telle que j’imagine Remedios la belle, la petite fille d’Ursula qui fait mourir tous les hommes qui tentent de la conquérir et qui restera vierge avant de monter directement au ciel. Belle, naïve et… vénéneuse sans le vouloir.
Ma visiteuse a une trentaine d’années. Brune, élancée, avec ses talons elle est aussi grande que moi. Une poitrine avantageuse. Une belle cambrure de reins. Elle se fait appeler Gaëlle Petros. Elle veut bien voir mes échantillons mais d’abord, elle a quelques questions à me poser. Je suis archi-prêt. Je pourrais faire les questions et les réponses du tac au tac :
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14/06/2012
Le GPS de mamie
A quel âge commence la vieillesse ? Il semble bien qu’à partir de 18 ans, voire même avant, on commence à perdre de l’acuité auditive et que nos capacités diminuent lentement en allant vers le troisième et le quatrième âge que chacun définira comme il l’entend.
Heureusement, le monde moderne permet de pallier à certaines de nos déficiences. Les prothèses fleurissent. Lunettes, appareils auditifs mais aussi des appareils étudiés pour les séniors comme ces téléphones à large touches et au son amplifié.
Dernière nouveauté, le Granny Nav, un GPS spécial grands-mères que les papys peuvent aussi utiliser. Le Granny Nav évite aux anciens, peu sûrs de leur jugement, les carrefours compliqués et les virages à gauche toujours plus difficiles à négocier pour les anciens (même en politique) car il faut couper la file d’en face.
Question : Y a-t-il toujours une route qui tourne à droite pour rentrer chez soi ?
Thèse, antithèse, synthèse et prothèse viennent du verbe grec tithenai, placer, mettre. Donc mettre à la place (pro).
11:15 Publié dans Au fil de la toile | Lien permanent | Commentaires (2) |
13/06/2012
Barbecue
Brett Sigworth avait organisé un big barbecue. Le soleil dardait sur l’Ohio. Prudent, Brett s’est enduit de crème solaire avant de mettre la viande sur le feu. En posant le T-bone sur la grille son bras s’est embrasé et le reste du corps a suivi. Grillé à point, Brett va attaqué la société Banana Boat qui a oublié d’indiquer que la crème était inflammable.
Finir d’un cancer ou en grillade, il faut choisir.
10:26 Publié dans Au fil de la toile, Brèves | Lien permanent | Commentaires (0) |

