11/05/2011
Un héros

En lisant la bio de Stéphane Hessel, je découvre que sa mère, Helen Grund, était l’héroïne de Jules et Jim, le roman d’Henri-Pierre Roché mis en scène par Truffaut avec Jeanne Moreau qui est Khate/Helen. C’est l'écrivain Serge Rezvani qui joue Albert dans le film qui a écrit la fameuse chanson qu'il accompagne à la guitare. A sa naissance donc, Stéphane Hessel était déjà un personnage de roman, on sait le résistant qu’il deviendra et le beau vieillard si jeune par ses idées.
Roché, était le Jim du film et le père de Stéphane, l’écrivain allemand Frantz Hessel était Jules. Les deux hommes sont amoureux d’Helen/Kathe. Truffaut avait trouvé le livre chez un bouquiniste.
Les manuscrits de Roché ont été rachetés par un américain d’Austin, Carlton Lake, qui s’est promené en France avec son carnet de chèques et a acheté les archives de Beckett, de Cocteau, de Roché et bien d’autres. Ceci a permis à Maud Simmonot de travailler à partir des romans de Roché et de la matière intime que constituent les Carnets, mais aussi avec le Journal d’Helen (avec l’accord de son fils) et les romans de Franz Hessel, Romance Parisienne, Le Dernier Voyage, le Petit Bazar du bonheur et dans ces romans, qui ne sont pas l’histoire de Jules et Jim, il y a des passages très troublants parce qu’ils correspondent exactement. Ce qui lui a permis de combler certaines syllepses* pas toujours évidents de Jules et Jim. Dans le journal de sa mère S. Hessel s'appelle Kadi.
Je tiens tous cela de ce PDF… si le cœur vous en dit…
* Une syllepse est une figure de style. Il en existe de toutes sortes. Selon Émile Littré, la syllepse est une figure de grammaire qui accorde des mots non d’après les règles grammaticales mais d’après une vue particulière de l’esprit. Elle est dite syllepse « grammaticale » car elle concerne le genre, le nombre, et, pour le latin, le cas.
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10/05/2011
Dardanaires

Je ne retrouve pas mon exemplaire de Kou l’ahuri que j’ai dû prêter. J'en avais parlé ici.
[le dessin de couverture représente un économiste barbu monté sur une vieille vache rossinante et brandissant l'étendard de la Saint économie.]
Heureusement le PDF est sur la toile...
...et je relis donc le livre de Jacques Duboin. Un petit livre mais grand par le talent ! Je relis donc quelques unes des lettres que Kou, notre mandchou qui visite la France, envoie à son père resté au pays. En voyant fonctionner la France des années 30, Kou est totalement ahuri par ce qu’il constate: dans le pays de l'abondance les économistes libéraux ont crée la pénurie au nom du profit. Il relate une conversation avec un jeune chercheur en pharmacie :
— Kou, croyez-vous que ce soit de gaieté de coeur et vraiment pour empoisonner les gens que l'on fabrique tant d'alcools variés et avariés ? Lorsqu'on entreprend de fabriquer quelque chose, on se demande rarement si elle est utile. On pose la question : est-ce payant ? et l'on se décide en conséquence. Or les choses payantes sont souvent nuisibles et les choses utiles ne sont pas toujours payantes.
On pense bien sûr au Médiator. En lisant le livre on pense que, après la guerre et l’impasse des 30 glorieuses, le monde que découvre Kou est le notre sauf que le phénomène qu'il décrit est devenu mondial. Les dogmes de l’économie libérale (la Sainte Economie) sévissent toujours et pour le profit d’un petit nombre, on truque la société d’abondance. En plus, depuis Duboin, on a l’alibi de la rareté des matières premières pour faire le beurre des dardanaires (un vieux mot d'origine latine pour monopoleurs et spéculateurs qui créent la rareté à leur seul profit. Mot qui semble utilisé en allemand)
Un sujet d’actualité quand on entend les propositions honteuses de Laurent Wauquiez qui veut emmerder encore un peu plus les receveurs du RSA qui déjà ne trouvent pas de boulot et doivent survivre avec des sommes si minces alors que d’autres se gavent par millions au nom de la soi-disant rareté de leur soi-disant compétences. Suivez mon regard côté Renault, Nissan et autres banquiers ou traders divers.
14:39 Publié dans Duboin, Mots | Lien permanent | Commentaires (0) |

