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05/12/2010

Viagra

 

 

 Encore un illustration due à Vidberg, l'actu en patates. 

 

 

Librement traduit d’un message de Daniel J.

un lecteur furtif comme RV.

Une devinette:

Les médicaments ont un nom commercial et un nom générique. Exemple : Le Doliprane est une version commerciale du générique Paracétamol. Mais quel est donc le nom générique du Viagra ?

Pensée du jour : On dépense plus pour se refaire les seins et pour le viagra que pour les recherches sur la maladie d’Alzheimer. D’ici quelques années on aura une population uniquement composée de vieilles avec de gros seins et de vieux avec de superbes érections mais plus personne pour se souvenir à quoi tout cela pouvait bien servir.

Réponse :  Pludebitmol.

11:21 Publié dans Humour | Lien permanent | Commentaires (2) |

03/12/2010

Robin opine

Depuis quelque mois, j’ai mon SDF personnel. C’est un personnage assez mystérieux qui pendule du nord au sud de la ville. Il a ses quartiers de nuit dans un abri-bus non loin du casino et ses quartiers de jour sur un banc non loin de la frontière et du rond-point qui voit passer les frontaliers matin et soir. Le soir proche des euros glissés dans les bandits manchot, la journée non loin de l’eldorado genevois qui attire comme des mouches les travailleurs pas trop manchots, il bouquine, il dort, il rêve. A quoi ?

Un autre vidberg pour illustrer :

Au début de l’automne, on me demandait d’où il venait et, depuis que la neige et les frimas nous sont tombés dessus, on me demande instamment mon avis, eh oui ça caille dur par ici. On s'inquiète car le bougre attire les regards avec sa dégaine pas ordinaire. Plutôt jeune, assez bizarrement coiffé d’un chapeau à la Robin de Bois. En guise d’arc et de flèches, il trimballe du nord au sud, sauf les jours de neige, des ballots toujours plus volumineux. Là dedans, il a des journaux, des livres, un réchaud avec une boite découpée utilisée en coupe-vent pour faire sa popote, casserole, cuillère, fourchette, gobelet, un rasoir, une brosse à dent, un mini savon, un miroir ébréché etc…

 

Sous le soleil ou les pieds et la tête dans la neige, j’ai tenté plusieurs fois de nouer conversation avec Robin (faut bien lui donner un nom). La première fois, il m’a répondu : « Non, pas d’aide, merci, pas besoin » et il s’est vaguement enquit de la puissance de mon scooter avant de tomber dans un mutisme total. Il lisait un livre écrit en anglais. Je n’ai pas osé pousser plus loin l’investigation pour connaître de quel livre il s’agissait, pourtant Dieu sait si j’aime savoir ce que lisent mes contemporains.  Les fois suivantes, il ne m’a pas adressé la parole. Lors du rendez-vous matinal froid et neigeux, il a continué de préparer son rasage matinal en m’ignorant. Comme j’insistais lourdement pour savoir s’il avait besoin d’aide ou non, il a fini par opiner négativement de la tête. *

 

Pourquoi me direz-vous, me préoccupe-je de ce monsieur ? Eh bien, parce que tout le monde me pose des questions à son sujet. Qui a dit que l’on vivait dans un monde indifférent. Pas du tout ! Les gens sont soucieux et ils détestent que le sandwich qu’ils viennent d’offrir finisse à la poubelle ou que la veille couverture donnée avec cœur reste pliée par terre mouillée par la neige. Et puis, ils veulent savoir, ils veulent comprendre, ils ont la trouille qu’un jour ce soit eux dans l’abri-bus glacé. Les plus concernés sont d’ailleurs les élus locaux qui s’inquiètent au moins autant que les bonnes âmes des associations. L’élu local a du cœur, faut pas croire !

 

* Si, si, on peut opiner négativement. Les docteurs en Sorbonne opinent même du bonnet en levant leur bonnet carré. En opinant du chef, on exprime une opinion, mon SDF le fait même avec opiniâtreté.

* Opiner et opinion viennent du latin opinari avoir un avis. A rapprocher du mot grec doxa, opinion, qui est le contraire de l’épistémè la connaissance scientifique. Doxa a donné orthodoxe, qui se conforme à l’opinion commune et paradoxe, idée contraire à l’opinion commune.

 

"Je n'aime pas beaucoup qu'on partage mon opinion, j'ai l'impression de n'avoir plus qu'une demi opinion." dit le chat de Geluck.

30/11/2010

Ortografe

Les demandes de réformes de l’orthographe pour adapter l’écrit et la prononciation datent de plusieurs siècles. Malgré la volonté farouche des révolutionnaires de 89, la cause a été perdue. Il était plus facile d’imposer le système métrique que de supprimer les doubles consonnes. Voici, selon le dictionnaire étymologique d’Alain Rey (qui, à l'article orthographe, se moque des conservatismes) les raisons des réacs de toutes époques pour garder le statu quo ante :

 

-         Il est important de garder l’étymologie (du latin ou du grec)*

-         L’écriture des bizarreries orthographique est plus esthétique

-         Les livres devront être réimprimés

-         La difficulté permet de distinguer l’élite (modernisé récemment en : c’est un effort formateur pour l’esprit.)

 

Une belle liste d’arguments médiocres. A noter que le fameux statu quo ante est une belle invention vu que l’orthographe n’est pas fixé depuis si longtemps et que les académiciens, gardiens du temple, ont bien dû s’adapter à la graphie imposée par les grands écrivains. En fait on nous encombre le cerveau de trucs sans intérêt. Montaigne le disait : Une tête bien faite plutôt que bien pleine.

 

* Stella devrait donner étoille.

** La seule orthographe a bien connaître est celle des adresses http//www.etc.etc..., encore que le plus souvent Google se débrouille avec des graphies très approximatives.

19:48 Publié dans Ecriture | Lien permanent | Commentaires (16) |