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09/08/2009

Vive la gratuité

Après avoir écouté cette vidéo sur Agoravox, j'ai eu envie d'en savoir plus. La gratuité est-elle, comme le prétend Paul Ariès, une idée porteuse qui soit une alternative aux divers aménagements du capitalisme pour affronter les crises écologiques ? J'ai lu le livre écrit par le collectif dirigé par Ariès. C'est très inégal et un peu bâclé (nombreux typos). Malgré tout il en ressort des choses très intéressantes. Je vais revenir sur les chapitres qui m'ont paru dignes de creuser l'idée.

10:33 Publié dans Gratuité | Lien permanent | Commentaires (0) |

08/08/2009

Agave

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L'agave

Sur le roc se dresse un agave :
Là, dans les airs, depuis longtemps,
Il croît, plante impassible et grave,
Que n’émeut jamais le printemps.
Ni fleurs ni fruits dans sa verdure ;
Roide sur le granit brûlé,
Jamais sa feuille énorme et dure
A nul vent tiède n’a tremblé.
Tout d’un coup, après des années,
La plante sent une douceur.
Ses feuilles s’ouvrent étonnées :
Une tige part de son cœur,
Tige puissante qui s’élance,
Telle qu’un arbre, droit dans l’air,
Et qui, joyeuse, se balance
A la folle brise de mer !
Au soleil, comme par prodige,
D’heure en heure on la voit grandir :
Déjà, du bout de la tige,
Des boutons cherchent à sortir.
Ils s’ouvrent : la fleur triomphante,
Portée au ciel comme en un vol,
S’épanouit ; alors la plante,
L’œuvre achevé, meurt sur le sol.
Elle ne vivait, immobile,
Rassemblant toute sa vigueur,
Que pour voir, - sublime et fragile, -
Cette fleur monter de son cœur.”

Jean-Marie GUYAU, Vers d’un philosophe, “L’agave-Aloès”

04/08/2009

Effronté

Par hasard le programme de l’autoradio était sur France-Culture. Par hasard, Michel Onfray y tenait conférence sur le nouvel épicurisme et parlait de Jean-Marie Guyau. Par les hasards un peu orientés de Google, je tombe sur le site de Laurent Muller qui parle de Guyau, philosophe du XIXième siècle, mort à 33 ans. Allez-y ! Il y a pas mal de textes à découvrir.

Voici deux petits extraits de l'oeuvre de JM Guyau sur le doute…

Au retour du printemps nous fait un cœur nouveau !

Un long doute, labeur de la pensée, effraie ;

Les deuils longtemps portés pèsent comme un fardeau.

Quand tout s’épanouit autour de nous sur terre,

Notre cœur plus léger veut aussi rajeunir ;

Il nous prend des besoins infinis de bénir,

Et d’elle-même, au bruit calmant de la prière,

La souffrance s’endort : on croit et l’on espère...

Moi, j’aime mieux le doute et son anxiété.

Il suffit d’un seul cri d’appel aux cieux jeté

Et qui se soit perdu dans l’infini silence.

Le doute restera dans mon cœur révolté

Aussi long qu’ici-bas est longue la souffrance.

Jean-Marie GUYAU, Vers d’un philosophe, “Le devoir de doute”

"Le doute, c’est la dignité de la pensée. Il faut donc chasser de nous-mêmes le respect aveugle pour certains principes, pour certaines croyances ; il faut pouvoir mettre tout en question, scruter, pénétrer tout : l’intelligence ne doit pas baisser les yeux, même devant ce qu’elle adore. Sur un tombeau de Genève, se lit cette inscription “La vérité a un front d’airain, et ceux qui l’auront aimée seront effrontés comme elle ”.

Jean-Marie GUYAU, Esquisse d’une morale sans obligation ni sanction