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12/11/2006

PdJ

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Philippe de Jonckheere
Philippe, pourriez-vous vous présenter en quelques lignes ?

Lorsque j'étais alors peintre, j'étais peintre en bâtiment ; Liu Sian, lui, était peintre, vraiment peintre. D'ailleurs, je suis aussi peintre, vraiment peintre, enfin, pas uniquement peintre en bâtiment, non je peins, comme on dit.

Mais à l'époque, je peignais peu. Enfin sur toile. Parce que je peignais beaucoup, enfin suffisamment pour vivre, pour nous faire vivre ma femme et moi, encore que je devrais écrire mon ancienne femme et moi - c'est toujours ce que dit ma femme d'ailleurs -ton ancienne femme- encore qu'à l'époque, elle n'était pas mon ancienne femme, pas même ma femme, bref, c'était surtout de la peinture alimentaire, comme on dit, sauf que quand on dit peinture alimentaire, le plus souvent on pense quand même à la vraie peinture, enfin la peinture sur toile ; c'est en général ce que font les peintres en matière de peinture alimentaire. Liu Sian m'avait souvent dit que pour une hypothétique exposition de mes toiles au Canada qu'il comptait organiser lui-même, il faudrait faire des choses en bleu pour qu'elles se vendent. Sauf que, moi, j'avais surtout pensé que l'exposition au Canada serait l'occasion rêvée de montrer mes nouvelles toiles. Et j'étais davantage dans une période rouge. Encore que si effectivement le rouge qualifiait le mieux ma peinture du moment, pour ce qui était du reste de mon existence, je traversais surtout une période noire.