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26/02/2023

Vase de Vix

Pour poursuivre sur le texte de Vialatte. 

La découverte du vase de Vix dans un champ près du Mont Lassois, en 1953, a marqué un tournant dans l'histoire de l'archéologie. Elle a révélé l'organisation sociale et le raffinement du peuple Celte, ainsi que les échanges qui existaient avec le monde du bassin méditerranéen.

L’objet proviendrait d’un atelier corinthien de la Grande-Grèce (sud de l’Italie), où il aurait été fabriqué vers 525 avant notre ère. Si tel est le cas, comment a-t-il fait le voyage jusqu’en Bourgogne ? L’énigme reste entière.

Comme le soulignait Vialatte, la présence du vase sur la commune de Vix atteste en tout cas de la richesse, à l’époque, des échanges en Europe : la haute vallée de la Seine était un carrefour commercial important. De riches castes aristocratiques s’y offraient les objets et les raffinements du mode de vie "à la grecque".

Le vase de Vix fut découvert dans une tombe, au côté du squelette d'une mystérieuse dame, enterrée avec tous ses objets d’apparat (un char, de la vaisselle) et parée de bijoux : aux chevilles, des anneaux ; au cou, un torque en or ; aux poignets, des bracelets en lignite et ambre ; et sur l'abdomen, un torque en bronze creux, d'un seul tenant. Qui était-elle ? Une princesse, une grande prêtresse, une aristocrate ? Ou une cheffe gauloise, grande guerrière tombée dans l’oubli ?

En étudiant ses restes, les archéologues découvrirent qu’elle souffrait de maux de dents et de rhumatisme.

Et déjà un désert médical à l'époque !

11:09 Publié dans Historique | Lien permanent | Commentaires (1) |

25/02/2023

Vix

Une petite pensée pour Eric Zemmour qui aimerait bien que la France revienne en arrière. Oui mais jusqu'à quand ? Vercingétorix n'est pas la limite. Une fameuse découverte en 1953 avait alerté Alexandre Vialatte sur le sujet :
 
"Nos aïeux les Gaulois étaient blonds. Ils avaient les yeux bleus, ils sablaient l’hydromel (dont nous sommes restés si friands qu’on interdit de le vendre aujourd’hui à moins de cinq cents mètres des gares), ils cueillaient le gui, obéissaient au druide, pratiquaient le folklore gaulois, et portaient la moustache tombante ; ils se livraient, pour tout dire en un mot, à mille façons naïves et locales d’être eux-mêmes d’où sont sortis Jeanne d’Arc et le vase de Soissons.
Tel était leur métier de Gaulois.
Jules César compliqua les choses en important dans le pan de sa toge les verbes déponents, les oies du Capitole et les subtilités de l’ablatif absolu.
On pense généralement qu’ils en furent très vexés. Il est difficile de le savoir. Il n’est resté d’eux, en effet, que deux squelettes en pièces détachées exposés dans le jardin de la gare de Sarliève, comme un Lebel pour la revue de détail, parmi des bijoux folkloriques. Le reste a disparu. C’est l’effet du pillage.
Et nous dormions sur des notions connues.
Un éboulement avait cependant sauvé à Vix, dans la Côte d’Or, près de Châtillon, une « chambre de mort » qu’un jeune professeur a nouvellement découverte. C’était celle d’une riche gauloise.
Et qu’y a-t-on trouvé ? Des recettes d’hydromel ?
Non, un cratère d’Athènes, aussi haut et large qu’une foudre, en bronze et décoré d’hoplites d’une facture qui rappelle les frises du Parthénon. Un vase romain. Un diadème d’or qui a l’air de venir de la rue de la Paix. En sommes, le mobilier de Pétrone.

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Cinq siècles avant Jules César, nos aïeux les Gaulois appréciaient donc les arts des gens les plus civilisés au point de faire venir d’Athènes – comment ?... – à Châtillon-sur-Seine les œuvres les moins transportables des sybarites méditerranéens.
Quelles ressources ! Quelle culture ! Quel raffinement !
Mais quel mépris du folklore local ! Qu’eût dit Vercingétorix ?
(Alexandre Vialatte - Nouveautés – La Montagne – 12 janvier 1954)

10:35 Publié dans Vialatte | Lien permanent | Commentaires (0) |

21/02/2023

Loire

Un petit Vialatte :

Les serpents se sont livrés à mille extravagances : ils se sont échappés des cirques, l’un d’entre eux s’est coincé dans une conduite d’eau. À Messine, les gens du faubourg que desservait cette conduite n’ont pas pu boire de trois jours.
 
Ce serpent, disent les gazettes, avait deux mètres de longueur.
 
Il en est peu de cette taille dans la montagne où naît la Loire. Mais le danger n’en est que plus grand. La Loire y sort d’un tuyau de fer sur un évier, dans une étable. Elle ne sert encore qu’à se laver les mains. On frémit en songeant qu’un orvet de faible taille, un nouveau-né sans expérience, pourrait étourdiment se loger dans ce conduit.
 
Il tarirait d’un coup le plus grand fleuve de France.
 
Et que deviendrait le port de Nantes ? Ce sont des choses auxquelles on n’ose penser.
(Activités particulières de la chèvre, du serpent et de l’Auvergnat – La Montagne – 7 août 1956)

20:06 Publié dans Vialatte | Lien permanent | Commentaires (2) |