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23/05/2020

Méritocratie

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On connaît bien le terme de méritocratie et pourtant le mot n’est pas si vieux. Il date de 1958 publié dans un livre du sociologue anglais Michaël Young, ne pas confondre avec l’humoriste qui s’appelle Youn.

Le livre s’intitulait The Rise of the Meritocracy, la montée de la méritocratie que l’on a publié en français sous le titre :

« La méritocratie, mai 2033 ».

Le livre en français est introuvable et mériterait d’être réédité. Thomas Piketty qui me l’a fait découvrir pourrait-il pousser à sa réédition ? Une mauvaise version pdf est accessible sur le net.  

Ce livre est une fiction et même une dystopie pour faire savant *. L’affaire se passe en 2033 et il y a un petit quelque chose de notre époque de gilets jaunes, de premiers de cordée, de startup nation…

Méritocratie Du latin mereo être digne et du grec cratos pouvoir.

Quand on compare la méritocratie toute récente à l’aristocratie ancienne, le népotisme aussi vieux ou la ploutocratie de l’ère industrielle (toujours présente), on peut penser que confier le pouvoir aux gens qui sont méritants est une bonne idée. Du coup le modèle méritocratique est particulièrement valorisé dans les sociétés modernes dans la mesure où il est censé permettre une meilleure allocation des postes en fonction des compétences des prétendants.

QI + Effort = Mérite, cela semble être le moto du XXI ième siècle et en France, la macronie en est le fer de lance. Montrez votre mérite et vous serez appelé au pouvoir. Je viens d’attaquer le livre qui je crois montre les limites de la méritocratie.

* Pour les mots en cratie voir le note sur Clérocratrie

* Une dystopie est un récit de fiction dépeignant une socié imaginaire organisée de telle façon qu'il est impossible de lui échapper et dont les dirigeants peuvent exercer un pouvoir généralement sans contraintes sur des citoyens qui ne peuvent pas atteindre le bonheur. Une Utopie qui a mal tournée.

 

11:18 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) |

22/05/2020

L'italien

L’homme se prouve par le chapeau mou, qui le distingue des autres primates.
Mais, même prouvé par le chapeau mou, l’homme a beau être réellement homme, l’Italien l’est encore plus que lui. D’abord parce qu’il ajoute des plumes au chapeau mou, des plumes vertes qui font lyrique. Rien n’est plus beau que de le voir se marier dans cette parure ornithologique. En chantant Sole mio. On dirait un oiseau-lyre. J’ai eu ce bonheur en Italie. C’est un tableau qu’on oublie pas.
Mais, avec ou sans plumes, l’Italien a toujours quelque chose de si humain qu’il est toujours plus homme que l’homme. Nous ne le sommes, nous, qu’en amateurs ; et au hasard pour ainsi dire ; par suite de quelque heureuse rencontre entre les circonstances et notre faible talent.
L’Italien l’est en virtuose. L’Italien, c’est le professionnel. Il n’a qu’à laisser faire ou sa tête ou son cœur, son savoir-faire ou son génie, de toute façon, il imite l’homme à s’y méprendre. Rien d’humain ne lui est étranger.
Nous ne sommes à côté de lui que des barbares nordiques, paralysés de préjugés, empêtrés de morale, d’hypocrisie, de respect humain, de fausse honte. L’Italien c’est Polichinelle, c’est Roméo, et c’est Garibaldi. C’est Paillasse et c’est Pantalon. Il ne rougit de rien de lui-même. Il s’enthousiasme pour l’amour, la gloire, l’escroquerie, la Sainte Vierge, la Traviata, le banditisme sicilien, les chiens errants, le pétrole saharien. Sans compter le chianti, l’asti, et même le lacryma christi qui a l’âme ardente et sèche des cailloux du Vésuve. Et le gros rouge. Le joyeux italien le boit frais. Au goulot. Et à l’ombre d’un pampre. Parfois même à la régalade. En regardant scintiller la Méditerranée.
(L’automate – La Montagne – 28 avril 1964)
 
51wARBFoyUL._AC_SX466_.jpgQuand j'étais gamin, avec mon grand-père piémontais comme l'Asti, on ne buvait pas du champagne pour fêter un événement mais de l'Asti spumante.
 
Peu d'alcool (7,5), du coup les enfants y avaient droit à petite dose bien sûr.

21:44 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) |