13/07/2014
Gett
Gett, un film de Ronit et Shlomi Elkabetz, en français le procès de Viviane Absalem. Une bonne critique ici sur la route du cinéma.
Le divorce selon la loi juive et israélienne est entériné par un acte de divorce écrit en araméen : le get (ou gett, guet…). Celui-ci ne s’obtient qu’avec l’accord du mari et après une cérémonie rituellement fixée devant un tribunal rabbinique.
Viviane et Elisha sont mariés mais le mariage bat de l’aile. Viviane ne supporte plus Elisha qui lui prétend l’aimer. Viviane a entamé une procédure de divorce. Le film nous raconte cinq années de procédure du tribunal rabbinique. Elisha s’obstine a dire non et le tribunal composé de vieilles barbes entérine à chaque fois sa décision sans se préoccuper de la souffrance de Viviane.
Ronit Elkabetz, la réalisatrice, joue Viviane, Simon Abkarian joue Elisha. Ils sont tous les deux exceptionnels, tout simplement. La caméra enchaîne les plans fixes, on sort à peine de la salle du tribunal pour... la salle d’attente du tribunal. C’est filmé de manière terriblement dépouillée, on pense à Bresson ou encore à Ozu. Un film magnifique à décortiquer dans de futures exégèses du cinéma.
Au delà de l’œuvre, pèse ici le poids de la tradition juive. J’ai parlé un peu ici du contraste étonnant dans ce pays entre modernité et traditions dans mes notes de janvier.
Avec ce film, on touche l’aspect le plus poussiéreux de la vie en Israël. En matière de traditions machistes et archaïques les israéliens n’ont rien à envier à leurs voisins arabes. Je me demande comment les progressistes de ce pays supportent de telles vieilleries. Ronit Elkabetzh en a fait un petit bijou de cinéma très graphique.
Une mention pour Sasson Gabai (le retour de la fanfare) qui joue le frère de Elisha et son défenseur. Une aussi pour Eli Gornstein qui joue le défenseur de Vivane avec une grande sobriété et économie de moyens comme tout le film.

19:24 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) |
11/07/2014
Les roux
Un article récent de The Independent, repris sur un blog, affirme que les roux vont disparaître à cause du réchauffement climatique. Inquiétude dans le petit monde des roux qui ne veulent pas disparaître.
Déjà qui ne supportent pas toujours la couleur de leur poil et qu'ils sont souvent victimes de roucisme. D'ailleurs, aux temps anciens, on a brûlé quelques femmes rousses supposées être plus sorcières que les autres et plus tentatrices.
D'où viennent les roux ?
L’apparition des roux (qui date de la plus haute antiquité) est probablement due à un manque de soleil dans le nord (Ecosse, Irlande…). Les individus héritant de ce gène étaient plus à même de supporter un ciel tout gris et de fabriquer la vitamine D, vitamine du soleil, donc avantagés et plus reproducteurs C'était à l’époque des aurochs . En Ecosse 13% de la population est rousse.
Le gène M1CR qui colorie le poil en roux est récessif.
Alors comment être roux ou rousse ?
La recette du poil de carotte :
- Avoir une maman et un papa roux (100% de réussite, les rousses mariées à un roux ne peuvent donc découcher qu’avec un roux)
- Avoir un parent roux et l’autre porteur du gène (50% de roux)
- Avoir deux parents non roux mais tous deux porteurs du gène (25% de roux)
Si seulement 1 à 2% des gens sont roux en moyenne, il existe beaucoup plus de gens qui porte le gène à l’état récessif (des non-roux transmetteurs de rousseur). Dans une population blanche occidentale, ce serait un individu sur 4. Donc même si le nombre de roux tendait à diminuer par dilution du caractère récessif, il ne sera jamais réduit à rien.
De plus, penser que le réchauffement climatique va réduire ce nombre, c’est confondre darwinisme et lamarckisme (ou lissenkisme). Si vous pas comprendre, révisez SVP ! Toutes les explications sont sur le web).
C’est Darwin qui a raison, les fils de bûcherons n’ont pas les gros bras et les fils des roux vivant au soleil ne deviennent pas bruns). En vertu du darwinisme, il faudrait des millénaires pour supprimer les roux en supposant que ceux-ci soient victimes de maladies dues au soleil, que les médecins ne les soignent plus et/ou qu’ils soient victimes de dédains de la part des roux/rouse et des non-roux/rousses.
« Voilà un article qui sent le roussi ! » dit la rousse sorcière attachée sur le bûcher.
14:34 Publié dans Au fil de la toile, Science | Lien permanent | Commentaires (1) |
08/07/2014
Echec et Mat
Le meilleur moyen de stopper la consommation des substances nocives est de les interdire. Plus personne ne fume de cannabis, impossible de se procurer de la cocaïne, de l’ecstasy ou de l’héroïne… Même les ersatz de ces produits ne sont plus accessibles. Il suffit d’interdire une drogue pour que tout le monde arrête immédiatement de la consommer !
Idem pour les gros mots. Il suffit d’interdire de dire fuck, dick, bite, putain, cul, merde, pine et boxon pour que plus personne n’utilise ces mots tabous sauf Georges Brassens bien entendu. Enfin naguère, le pornographe du phonographe tous les samedis allait à confesse s'accuser d'avoir parlé de fesses et promettait ferme au marabout de les mettre tabou. Mais craignant, s’il n'en parlât plus, de finir à l'Armée du Salut, remettait bientôt sur le tapis les fesses impies.
Et bien figurez-vous que les anglais ont décidé d’interdire la clope aux gens nés après l'an 2000. Interdiction définitive qui un jour s'appliquera aux gens de 20 ans, puis les mêmes à 30, puis 40 etc... Les rois de la dope, les Pablo Escobar et les Al Capone de la clope british se frottent les mains.
De leur côté les russes ont décidé que, depuis le premier juillet, il est désormais interdit d’utiliser le « mat ». Le mat, en russe MAT, désigne une façon de s'exprimer argotique, grossière et obscène, basée sur un vocabulaire spécifique très cru, utilisée en Russie et dans d'autres communautés de langue slave.
Il semblerait que le mat soit très spécial. Andreï Zviaguintsev, dans la Komsomolskaïa Pravda affirme que : « Le mat est un phénomène linguistique unique, voire sacré. Il puise ses racines au plus profond de la culture traditionnelle russe. »
Sacré ? ben merde alors ! L’argot russe serait plus balaise que le notre, mieux que les insultes du capitaine, plus fort que la vulgarité de nos humoristes... j’en suis sur le cul.
Désormais, en Russie, le mat sera interdit dans les livres et dans les films. Il faudra donc se contenter de films américains pour entendre des phrases aussi inspirées de sacralité que « Don’t fuck yourself but fuck the fucking fucker before the fucking fucker fucks you »
* D'après deux articles de Courrier International.
18:12 Publié dans Courrier International | Lien permanent | Commentaires (2) |
07/07/2014
Ville durable
Depuis la plus haute antiquité, on sait que les villes ne sont pas durables. Je me souviens de ce professeur de latin qui nous expliquait jadis qu’à Troie on avait trouvé pas moins de 7 villes superposées. Sept ! Difficile de les imaginer ces villes empilées l’une sur l’autre. Depuis, on prétend qu'il y en avait même douze. Sept à la douzaine, ce sont les progrès de l'archéologie*. C’est à Troie que la guerre avait eu lieu entre grecs et troyens. Pâris le troyen avait enlevé la belle Hélène, une grecque très jolie que son mari Ménélas se gardait pour la soif. Ménélas en avait parlé à son frère Agamemnon qui en avait parlé à Ulysse et à tous les archontes grecs… etc… Par le jeu des alliances, ils étaient partis bras dessus bras dessous, à Troie en bateau, comme en 14... après la mort de l'archiduc.

Comment sept ou douze villes avaient-elle pu être construites pêle-mêle les unes sur les autres ? De plus, on ne savait pas vraiment qu’elle était la vraie Troie dont parlait Homère, celle d’Ulysse, d’Ajax, de Nestor. On a pas retrouvé le Cheval truqué. Comment ces villes avaient-elles pu être oubliées pendant plus de 25 siècles avant que Schliemann, un allemand naïf et tenace, grand lecteur d’Homère, ne les redécouvre au XIXième siècle.
Tout ça pour dire que les villes sont fragiles et finissent dans la poussière d’une nouvelle invasion.
Il ne sera pas dit que la chose doive durer au XXIième siècle. Nous on est plus malins.
Des maires chinois et français ont décidé de construire une ville... durable.
Madame Aubry aidée de son ami Laurent Fabius ont convaincu des maires chinois de construire une ville durable de plus de 100'000 habitants dans la province du Hubei, le district de Caidian, sous contrôle de la ville de Wuhan, en Chine donc, c'est plus facile. Les conseillers seront Français, nous on sait construire des villes. Wuhan est une conurbation (un groupement de villes) de plus de 10 millions d’habitants au centre de la Chine. La deuxième ville intérieure de Chine après Chongqing, autre conurbation, qui fait la bagatelle de 18 millions d’habitants. A cette échelle, la future ville durable qui n’a pas encore de nom sera un gros bourg.
A noter que ce projet sino-français n’est pas le premier du genre. La ville de Dongtan, projet sino-british, prévue au environ de Shanghai pour l’expo de… 2010 n’a point encore vu le jour. On peut donc se demander si ces villes durables vont… durer. La réponse dans 25 siècles.
* Certains historiens vont jusqu'à nier l'existence même de Troie et de la guerre en question. Homère ne serait qu'une chimère, au mieux un poète analphabète. Les récits, des légendes. L'Iliade et l'Odyssée seraient les œuvres de tout le peuple grec. A quel érudit se vouer ?
15:48 Publié dans Au fil de la toile, Géographie | Lien permanent | Commentaires (0) |

