29/06/2008
Mémoire de l'eau
On se souvient de la mémoire de l'eau, une bien belle controverse commencée en 1988 après que Jacques Benveniste a publié les résultats d'une étude selon laquelle l'eau qui a été en contact avec une substance conserve les propriétés de cette substance alors que celle-ci ne s'y trouve statistiquement plus.
Une théorie qui confirmait les résultats obtenus mystérieusement par les médicaments homéopathiques depuis deux ou trois siècles.
Rien n’a permis de confirmer cette hypothèse mais le débat fait rage dans les salons. Un sujet aussi merdique que l’affaire Dreyfuss pour plomber une soirée entre amis.
Francis Beauvais, un disciple de Benveniste, qui est certain qu’il s’est réellement passé quelque chose de troublant à Clamart (au labo de Benveniste), a peu à peu élaboré une interprétation originale qui « colle » avec les résultats de Benveniste. Celle-ci fait appel à des notions empruntées à la physique quantique.
Je me méfie toujours des analogies avec la physique quantique. Peu de gens, dont moi, sont vraiment capables de bien comprendre ce qu’est la physique quantique et il est donc facile de créer des métaphores bidon.
Je préfère pour ma part le recours au surnaturel. Carrément ! Quand un guru empêche, par le seule force de son esprit, un train de partir dans une gare indienne, alors que le moteur de la loco est en bon état de marche, l’explication donné par le croyant est que tous les gens dans la gare sont prêts à admettre la chose et qu’en conséquence la chose peut donc se produire. MAIS, dès qu’un esprit fort arrive, quelqu’un qui pense que cela ne peut pas arriver, le train redémarre normalement.
Quand j’étais gamin on véhiculait par mal d’histoires paranormales arrivées à des gens plus ou moins crédules un soir d’hiver sans lune sur un chemin creux. Je me souviens qu’on utilisait l’expression curieuse de « faire de la physique » pour qualifier des opérations de sorcelleries, du style jeter un sort. Quelqu’un (un peu âgé sans doute) a-t-il déjà entendu cette expression qui doit venir de l’alchimie ?
Est-ce que monsieur Beauvais aurait du temps pour étudier ce phénomène des gurus qui arrêtent les trains et des sorts jetés par les Harry Potter de province.
21:20 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) |
27/06/2008
Une idée folle ?
Billet d’humeur posté par Massimo Gramellini dans La Stampa sous le titre « Buongiorno ». Traduction plus ou moins libre (et plus ou moins précise). Voici celui du 18 juin. "Pazza idea"
J'aimerais bien y participer, mais je suis conscient de la difficulté de l'entreprise. Qui connaît Big Brother et le reste de sa parentèle télévisuelle de grande écoute sait à quel point ils ont changé la société. Avant l'apparition de De Mol il y avait un vague lien entre la valeur et la célébrité entre la richesse et la gloire. Peut-être pas dans la vraie vie mais au moins à la télé, où pour devenir célèbre, il fallait savoir quel jour de quel mois est né Giosuè Carducci (prix nobel de littérature) ou combien de haricots ont bouilli dans la marmite de la Carrà (un jeu animé par Raffaella Carrà, style la valise de RTL)
Big Brother a instauré le fait que pour devenir quelqu’un on pouvait continuer à n’être personne, pourvu que ce personne puisse affronté la caméra de télé avec une certaine dose de spontanéité et encore plus de mesquinerie. Ainsi le public peut se reconnaître en lui sans en éprouver d’envie.
Je regrette pour De Mol, mais on ne peut pas aller plus loin. Même un concours de rôts entre gardiens de parking clandestins déguisé en faisans serait un retour en arrière vers plus de mérite et de compétence. Et alors, je crains que Bonolis (un autre pitre de la télé réalité sauce italienne) ne l'ait déjà breveté.
* John De Mol est un des créateurs d’Endemol, le big business de la télé nullos, on retrouve les noms d’Arthur et de Berlusconi qui via Mediaset a racheté Endemol
08:05 Publié dans Chroniques Italiennes | Lien permanent | Commentaires (1) |
25/06/2008
Grand corbeau
On ne possède bien que ce qu’on peut attendre,
je suis morte déjà puisque je dois mourir
Deux vers d’Anna de Noailles trouvés sur le blog d’Yves Paccalet (lien permanent à droite). Un site bien sympathique, je vous livre un de ses textes qui résume bien me semble t’il son style poétique et sa pensée.
Le grand corbeau croasse la brièveté de nos existences dans la fuite du temps. Je me demande comment il a passé toutes ces décennies. Il est moins fringant qu’autrefois. Enroué. Tassé. Noueux. Avec des pertes de mémoire et des rhumatismes… Je compare nos carrières. J’ai ôté mes doigts de mon nez, lu la Critique de la raison pure et écrit quelques livres. J’ai embrassé la mer Caraïbe, la forêt d’Amazonie, la Chine et les Quarantièmes Rugissants. J’ai une femme et quatre enfants, une maison à Tincave et une chatte noire qui ronronne. Bon père de famille par parole et par action. Pervers polymorphe par pensée et par ennui. Ma barbe est blanche. J’aurai bientôt des rhumatismes et des pertes de mémoire.
Le grand corbeau n’a pas changé d’adresse. A-t-il (ou elle : j’ignore jusqu’à son sexe) compté ses nichées ? Connu la disette ? Eu les plumes gelées en hiver ? Voué le chasseur aux gémonies ? J’enfile mon habit de plumes. Je deviens grand corbeau. Je jouis de la vie par becquées. Je bois mon vin comme Li Po sous la Lune, ou Omar Khayyam dans son jardin de roses. Je copule sans référence au docteur Freud et je me lisse la poitrine quand j’ai vidé mes génitoires.
Je me persuade que j’ai acquis de la substance ou de l’épaisseur, mais c’est une illusion.
Je ne suis rien. Je ne sais rien. Je ne vois pas plus loin que la morve de mon nez. Je ne joue aucun rôle. Je n’ai ni âme, ni destin, ni place au paradis, ni supplice à craindre en enfer. Rien à espérer du Bon Dieu barbu, rien à redouter du diable cornu.
Né d’une fantaisie de l’acide désoxyribonucléique et des protéines, je suis apparu sur une planète naine, en orbite autour d’une étoile moyenne, dans une galaxie qui en compte cent milliards, sachant qu’il existe cent milliards de galaxies dans l’univers et peut-être plusieurs univers emboîtés ou chiffonnés depuis l’inflation du Grand Bang.
S’il y a eu un Grand Bang.
Je croasse ces soupirs sur mon carnet dérisoire que le vent effeuille ainsi qu’un arbre sec, sous les glaciers du temps perdu.
16:00 Publié dans Portrait de blog | Lien permanent | Commentaires (0) |
24/06/2008
Ivraie
L’ivraie enivrante est une plante messicole comme le bleuet, le coquelicot ou la nielle des blés [photo].
Une plante messicole pousse avec la moisson, c’est pourquoi il est si difficile de séparer le bon grain de l’ivraie comme le dit la parabole biblique (Matthieu 13:24-30) Difficile aussi dans le cas de l’ivraie car, comme le blé, l’ivraie donne des épis.
Difficile mais indispensable, car l’ivraie vit en symbiose avec une champignon hallucinogène qui contient de la témuline, une substance toxique, plus précisément un alcaloïde narcotique. Il faut environ une livre d’ivraie pour tuer un cheval de six cents kilos. A moins on l’endort et s’il rate l’obstacle on le disqualifie, c’est la dure loi du sport équestre. Pour un homme compter cinquante à cent grammes, ce qui fait bien moins d’une baguette garantie 100% ivraie. Demandez la à votre boulanger un jour où il est saoul.
Botanique : Le blé comme l’ivraie font partie de la super famille des Poacées ou graminées dans laquelle on trouve toutes les céréales, blé, riz, orge… et aussi la canne à sucre, les plantes à fourrage, les bambous…
Etymologie : L’ivraie enivrante s’appelle en grec zizania qui a donné zizanie. En latin l’adjectif ivre se dit temulentum d’où la témuline. On tourne autour de la bagarre d’alcoolos.
12:15 Publié dans hallucinant | Lien permanent | Commentaires (3) |


