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09/06/2007

La traque

medium_traque.2.jpgPour poursuivre le feuilleton lancé

par Dario

sur son blog

voici ma version de l'épisode

002

Bien sûr, vous devez avoir lu le premier

à l'adresse ci-dessus pour pouvoir suivre.

.

Cher John,

Vous ne me connaissez pas et pourtant nous avons un passé et surtout un avenir commun. Je suis votre blog avec attention depuis deux mois et, croyez-moi, ce n’est pas par hasard. Je suis en mission. Désolé de devoir utiliser ce moyen de communication mais c’est celui que l’organisation a choisi pour moi car il importe que tout le monde soit informé en même temps que le jour est enfin arrivé et que chacun doit se tenir prêt.

Veuillez m’excusez de ne pas être plus explicite mais je sais que vous postez une note pratiquement chaque soir et que chaque matin vous êtes en quête de commentaires. Vous allez trouver dans votre email privé les instructions nécessaires, veuillez vous y conformer strictement. Je sais que vous êtes un homme digne de confiance et un père de famille responsable et que vous n’allez pas prendre de risque. C’est une des raisons qui a fait de vous un homme de choix. Soyez raisonnable et tout se passera bien.

Votre dévouée
Irina

     Avant même de prendre son petit déjeuner, John mis en route son PC comme chaque matin pour voir si un message l’attendait, Il cliqua machinalement sur le favori qui conduisait à son blog. La veille, il avait mis une note assez percutante sur la modélisation de données. Il ne s’attendait à aucune réponse et c’est avec empressement qu’il cliqua sur le lien qui l’amenait sur le commentaire signé Irina.

John lu et relu le message. C’était sans doute un canular. De toute façon, il n’y avait rien dans sa boite électronique, même pas la réponse tant attendue de son chef sur ce voyage prévu à Singapour fin juin. Au fait d’où avait été posté ce commentaire d’Irina à six heures ce matin. L’adresse IP le menait directement à… Singapour. Il devait être plus de midi par là-bas.  
 

 

00:30 Publié dans Ecriture | Lien permanent | Commentaires (5) |

07/06/2007

Avec le pouce!

medium_pouce.jpgEncore un texte

de Jack Rollan,

vite fait sur le pouce.

Paru dans le 

journal La Suisse.

Toujours vers l'année septante.

Donc, étant parvenu à faire ça sans ouvrir la braguette de sa combinaison spatiale (pour la première raison qu'il n'y en  a  point), l'Homme est en droit de se dire que la Créature du Créateur est véritablement faite à son image, comme il fut dit au sixième bonjour.
Je croyais tout cela jusqu'à hier. Et vous aussi.

Tous, nous avons cru que plus rien n'était impossible à cette poignée de poussière à laquelle le doigt de Dieu a donné la vie, 1a raison, la parole et le droit de donner des conseils au Conseil fédéral.
Mais hier, je me suis foulé le pouce...

Et je vous dis, mes amis, que sans son pouce, et malgré le doigt de Dieu, la merveille de la Création, eh ! bien, c'est plus rien !! Sans pouce, mon pauvre vieux, tu peux même pas presser ton tube de dentifrice!- Quoi? de l'autre main?... De l'autre main, hi baleine ! tu dois tenir ta brosse ! Rien, vous dis-je, rien n'est plus possible.

Sans même parler de 1a sonate ni des jeux olympiques, le geste le plus simple est interdit Tiens ! Essayez d'ouvrir « La Suisse » sans le pouce... L'écouteur du téléphone, la fourchette, le dictionnaire (pour voir comment s'écrit « Neandertal » !), la cravate, le trousseau de clefs, 1e moindre objet quotidien vous pose un problème insoluble.

Soulever ses lunettes pour regarder de près, se pincer les narines pour avoir l'air de réfléchir, déboucher le beaujolais, allumer 1e transistor, ouvrir le frigo, fermer les rideaux, boutonner sa chemisé chercher sa monnaie, tout, tout, tout, oui TOUT SE FAIT AVEC LE POUCE - et si vous ricanez, malheureux, c'est parce que vous n'avez jamais été privé du vôtre !
Mais patience. Le jour ou ça vous arrivera, vous comprendrez alors pourquoi je disais que l'Homme avait atteint le sommet de 1a civilisation dans le Cosmos...

Parce que, quand il faut faire ÇA ici-bas, et sans son pouce on en vient à se dire que c'est vraiment là que le doigt de Dieu devrait faire un miracle...

18:40 Publié dans Jack Rollan | Lien permanent | Commentaires (1) |

06/06/2007

Modernité

medium_marx_thumbnail.jpg Tout le monde a lu ces derniers jours l’histoire du cheminot polonais, Jan Grzebski, tombé dans le coma à la suite d'un accident en 1988, et qui s'est réveillé au bout de 19 ans.

Comme l'héroïne de  "Good bye Lenin", Jan Grzebski est tombé dans le coma à l'époque communiste, au temps des magasins vides et de toutes les pénuries.

 

On imagine facilement la surprise de Jan confronté aux téléphones portables et à tous ces gens pressés qui courent on ne sait où. Cette histoire m’a rappelé un petit texte que j'avais écrit et qui racontait le retour de mon grand père maternel. Je n’ai pas connu mon grand-père maternel qui après avoir fait Verdun en 1916 et respiré quelques gaz délétères en est finalement mort vers la fin des années 30. Il aura tenu jusqu'à la naissance de ma mère donc, et ce n'est pas moi qui m'en plaindrai.

Depuis il n’a pas donné signe de vie, ce j’ai toujours trouvé très regrettable. J’ai  pu m’entretenir avec mon autre grand-père, Lorenzo, des joies du front Austro-Italien, des cacciatori alpini guerroyant dans les névés tyroliens,  mais avec Augustin, rien ! Pas un mot du moral des troupes dans la tranchée, des connards d’officiers, des déserteurs… que dalle !  

J’ai recherché ce texte (la lettre à Gustin)… en vain. Une preuve que je ne garde pas tous mes fonds de tiroirs (qui a dit, c’est une bonne chose ?) Bref Le Gustin, non seulement il ne m’aura pas connu moi, le plus torturé de ses petits enfants, mais il n’a rien su de la résistance, du Général de Gaule, de Pompidou, de Giscard, de Chirac  et encore moins de Sarkozy. Rien de la télé, de TF1, du PAF, de Vivement Dimanche, des Beatles, de Johnny et de ses soucis fiscaux, de Coluche et des restos du cœur, de Paris Hilton, des CD-ROM, du DVD, de l’ordinateur et même rien de la 2CV…

Lui qui était boulanger, il n’aura jamais vu de sa vie un pain industriel (c’est peut-être une bonne chose, on est d’accord). Il faisait son jardin à la bêche sans savoir que Botanic vendrait des plantons et des fleurs tous prêts à des prix astronomiques. Il mangeait ses tranches de lard bien épaisses sans souci de son cholestérol. Bref, je vous la fais courte mais je trouve que, dans le fond, ce cheminot polonais n’a finalement pas raté grand-chose si l’on songe que quand il est tombé dans le coma, Jean-Paul II était déjà pape depuis une bonne dizaine d’années.

01:25 Publié dans Textes | Lien permanent | Commentaires (1) |

04/06/2007

John Cowper Powys

medium_fugeus.jpgJe n'ai encore rien lu de

John Cowper Powys

mais en me promenant sur des sites de ci de là, je retrouve son nom. En cherchant, j'ai aussi trouvé un site dédié à la famille Powys, des écrivains qui méritent d'être connus.

C'est ici

On y trouve des références et aussi ce texte lumineux sur la simplicité.

Que pourriez-vous faire de mieux, jeune homme, jeune fille, pour la race humaine aujourd'hui? Simplifier votre vie individuelle, jusqu'à ce qu'elle devienne un épitome microcosmique de ce lointain Age d'Or! Simplifier vos désirs, jusqu'à savourer chaque sensation physique avec une extase sacramentale. Simplifier pour votre bonheur vos exigences auprès de ceux que vous aimez sans exprimer revendications pleurnichardes, attendrissements sur soi, reproches exaspérants envers eux. Ce n'est pas seulement votre propre bonheur qui viendra alors à vous à travers cette attitude solitaire, stoïque, détachée envers l'altérité de ces vies si intimement reliées à la vôtre.

Tout ce mouvement secret en faveur d'un anarchisme contemplatif, spirituel, n'est pas simple retour à une vie de sensation, opposée à une vie d'action. C'est s'abandonner à la seule chose, en ce bref moment d'Etre entre deux Silences impénétrables, qui possède une grandeur authentique et majestueuse digne des traditions les plus nobles de notre race.

Se battre pour le pouvoir sur les masses n'est pas une chose noble ou digne, ni une chose digne de réelle noblesse. Il faut faire trop de sacrifices. Personne ne peut conserver son respect de soi et manier les foules. Tous ceux qui gouvernent vraiment—sauf ceux qui ont la chance de pouvoir se cacher—deviennent les esclaves de leurs propres ruses et les victimes de leur propre despotisme.

John Cowper Powys, A Philosophy of Solitude (pp.190-1)  

* Je viens de constater que cette note est la 600ième

19:30 Publié dans Simplicité | Lien permanent | Commentaires (4) |