10/08/2007
Rhône
MARSEILLE (AFP) - Depuis mardi, il est interdit de consommer tout poisson pêché dans le Rhône en raison d’une pollution sans précédent aux polychlorobiphényles (PCB) qui concerne désormais la quasi-totalité du bassin français du fleuve, de l’est de Lyon à la Méditerranée.
Par Ouerdya AÏT-ABDELMALEK AFP - Mardi 7 août, 20h07
Ceci a l’air d’une nouvelle fraîche mais on ne fait pas plus frelaté avec une odeur de poisson pourri. Cela fait plus de 20 ans qu'on s'est endormi sur ce problème. Les PCB (pyralène) affectent chez l’homme le système immunitaire et provoquent la stérilité. Interdits de commercialisation en 1987, ils sont très peu biodégradables et se sont étrangement accumulés dans les vases et sédiments du Rhône depuis plus de 20 ans. Si on a pas interdit plus tôt la pêche dans le Rhône, c'est qu'on a continué de polluer et que les organismes de contrôle n'ont pas fait leur boulot.

[ Photo: Bernard et la grosse truite du Rhône]
On peut, par exemple, lire un article paru dans Le Courrier de la Cellule Environnement de l’INRA n°10, février 1990 et intitulé « Les difficultés de l’évaluation des risques liés à une pollution chronique du milieu aquatique par les PCBs. Un cas sur le haut-Rhône ».
Extrait : « ...En 1986, des analyses réalisées à la demande de la Fédération Rhône-Alpes des Associations de Protection de la Nature (FRAPNA) à partir des moules d’eau douce nous ont permis de préciser l’origine de la pollution. Les concentrations en PCBs étaient 100 fois plus élevées chez les individus capturés en aval du collecteur des effluents de la zone industrielle de la plaine de l’Ain, site sur lequel se trouve une usine de destruction des PCBs (L’entreprise Trédi située dans l’Ain, au bord du Rhône, à Saint-Vulbas)
À la même époque, la capture de poissons par le Conseil Supérieur de la Pêche. (CSP) a également démontré la présence d’une forte contamination chez les individus prélevés en aval du collecteur. Pour les raisons précisées plus haut (exposition des zones de captage d’eau potable, consommation humaine des poissons contaminés) nous avons réalisé un rapport transmis en novembre 1986 à la Direction Départementale de l’Action Sanitaire et Sociale (DDASS) du Rhône. Ce rapport a également été communiqué au Ministère de l’Environnement.... »
Quelques réflexions et questions : En 1986 on connaissait déjà parfaitement les effets très nocifs des PCB. Depuis 21 ans on ne rejette plus, en principe, de PCB dans le fleuve. Comment se fait-il que l’on interdise aujourd’hui seulement la pêche sur le Rhône (Le préfet du Rhône a interdit en septembre 2005 la consommation des poissons pêchés dans ce canal de Jonage qui communique avec le Rhône. En 2006, 80 kms de Rhône ont été interdits à la pêche). Se pourrait-il qu’on ait fermé les yeux sur 20 ans de rejets ?
Que font Les DRIRE, les Directions Régionales de l’Industrie, de la Recherche et de l’Environnement, chargé de la police industrielle ? Que font les préfets ? Faudra-t-il encore 20 ans pour que l’on interdise vraiment tous les rejets ? Comme le conclut l’article du CPEPESC, la Commission de Protection des eaux... et des chiroptères (les chauve-souris) paru en juin dernier et qui m’a servi de base : On va encore invoquer le changement climatique ou la sécheresse... et pourquoi pas le diable ?
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