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11/06/2007

Philippe Muray

Connaissez-vous Philippe Muray ? Non, eh bien moi non plus, enfin jusqu’à tout à l’heure. J’ai trouvé un texte sur lequel je vais revenir sur le site du nouveau réac.

 Mais qu’allais-je faire sur ce site moi qui me pique d’être plutôt progressiste ? Je ne sais pas. Certains diront que je deviens un vieux con et ils auront raison. Et comme dit la devise du journal l’imbécile auquel Murray participait :  « Même chez l’homme le plus intelligent, il y a toujours assez d’étoffe pour faire un imbécile. »

C’est vrai que j’ai trouvé des échos dans la biographie de Muray (1945-2006) qui n’a cessé de combattre le monde moderne et qui fut un pamphlétaire riche de formules et de brillants raccourcis.

medium_lastscan.jpg• « Ce devant quoi une société se prosterne nous dit ce qu'elle est. »

• « Le droit, c'est d'abord l'art de remplir les interstices. »


C’est ce dernier point, le droit, qui m’a attiré. Muray utilise la formule « envie de pénal. » Ce besoin de tout couvrir par une loi, cette judiciarisation de la société qui nous vient d’outre atlantique et qui nous amène les fameux droits opposables dont Sarko a parlé à propos des handicapés. Droit qui permettra à quelques nantis du savoir ou de l'argent de faire valoir le leur quand les droits des autres  seront bafoués. Le début du texte de Muray :

« De cette légifération galopante, de cette peste justicière qui investit à toute allure l'époque, comment se fait-il que personne ne s'effare? Comment se fait-il que nul ne s'inquiète de ce désir de loi qui monte sans cesse ? Ah! la Loi! La marche implacable de nos sociétés au pas de Loi! Nul vivant de cette fin du siècle n'est plus censé l'ignorer. Rien de ce qui est législatif ne doit nous être étranger. "Il y a un vide juridique!" Ce n'est qu'un cri sur les plateaux. De la bouillie de tous les débats n'émerge qu'une voix, qu'une clameur "Il faut combler le vide juridique!"
(…)
Saintes Lois, priez pour nous! Enseignez-nous la salutaire terreur du vide juridique et l'envie perpétuelle de le colmater! Retenez-nous, ligotez-nous au bord du précipice de l'inconnu! Le moindre espace que vous ne contrôlez pas au nom de la néo-liberté judiciairement garantie est devenu pour nous un trou noir invivable. Notre monde est à la merci d'une lacune dans le Code! Nos plus sourdes pensées, nos moindres gestes sont en danger de ne pas avoir été prévus quelque part, dans un alinéa, protégés par un appendice, surveillés par une jurisprudence. "Il faut combler le vide juridique!" C'est le nouveau cri de guerre du vieux monde rajeuni par transfert intégral de ses éléments dans la poubelle-média définitive."
La suite ici.