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31/01/2011

Boucliers

Dans le cadre des élections cantonales, le PS propose un bouclier rural ainsi que le logo vert ci-joint avec bocage incorporé. 

  

La ruralité des cantonales ne peut pas être mise en doute, on se dit donc que le titre est vachement bien choisi. Ils ont dû mettre à contribution tous les éléphants et peut-être même les veaux, vaches et cochons du parti pour une si belle trouvaille. On pense immédiatement au Grenelle à Borloo patronné par monsieur Hulot.

 

En effet, le canton sent la terre comme la politique sent le compromis ou comme la station d’épuration sent la merde. Il arrive aussi que la station d’épuration sente le compromis quand on maltraite les eaux usées et parfois les champs sentent la merde après épandage… Mais, il ne peut pas être question ici de se  moquer du monde rural. Nous avons besoin du monde rural, sans lui on crève la dalle comme on dit à la cafetaria chez Bouygues immobilier. Et puis, le monde rural existe de la plus haute antiquité, il nous fournit de belles tomates bien rouges, du blé panifiable et du maïs à ensiler pour nourrir les boeufs dont on fait des steaks.

 

Mais revenons à nos moutons. Après le bouclier fiscal, on va avoir le bouclier rural. Demain ce sera le bouclier natal pour défendre les nouveaux-nés, le bouclier social pour aider les anciens riches, le bouclier fatal ou final pour lutter contre le l’augmentation du prix des funérailles, le bouclier conjugal pour défendre les conjoints harcelés… Bref, on peut déposer les sites comme bouclier-social.fr pour les revendre ensuite aux partis politiques.

 

Dans le même ordre d’idée, rappellez-vous feu le grenelle de l’environnement… Et bien, si Borloo était resté au gouvernement, on aurait eu le grenelle fiscal (pour tuer le bouclier) et peut-être même le grenelle de la coupe du monde de foot. Personnellement, j’avais déposé grenelle-de-la-mondialisation.com (et aussi .cn pour China), grenelle-du-tourisme.eg (pour l’Egypte et .tu pour Tunisia), grenelle-des-ours-blancs.gl (pour le Groenland) et quelques autres. Je pensais que d’ici quelques années je serais riche.

 

Maintenant, pour les boucliers, c'est à vous de jouer.

*Quel nom de rubrique pour publication sur un site de grande envergure ? La vie qu’on nous propose ? Merci pour les ours blancs. Au service du Web.

29/01/2011

De culture

La neige de culture, c’est de l’eau de l’air et c’est tout. N’est pas une belle phrase pour aborder cette rubrique On nous ment* ?

Je suis aller faire du ski. Oui, je sais, le ski est un sport de riches, un sport pour parisiens qui ont les moyens de mettre des pneus neige sur leur 4x4, de payer un studio au prix d’une suite princière au Carlton, de louer skis et chaussures pour les enfants, d’acheter des forfaits hebdomadaires aussi chers qu’une inscription au Paris-Dakar, et je vous passe les faux frais, tout ça pour se retrouver avec des mômes qui ont froids au milieu d’une queue bourrée d’autres parisiens agressifs qui vous abîment vos skis tous neufs sous prétexte d’avancer vers le tire-fesse. 

N’empêche que, s’il fait beau, pas trop froid, si l’on est hors vacances de février, le ski c’est sacrément sympa. Dévaler les pentes à grandes vitesses et se prenant pour un danseur qui vire et volte dans la poudreuse, c’est simplement magique.

 

Bien sûr, il faut oublier un instant sa fibre écolo. Parce que quand on lit l’affiche, collée sur les poteaux du télésiège, un ânerie comme celle écrite si dessus, je rappelle : « La neige de culture, c’est de l’eau de l’air, et c’est tout » On se dit que, même ici, même en pleine montagne dans ce décor de rêve, le Mont-Blanc devant, la Pointe-Percée derrière, le ciel bleu, on n’est pas débarrassé de ces mots de faux-culs qui nous gâchent la vie.

 

Vous me direz, il faut bien donner un peu de lecture au skieur solitaire qui n'a pas su s'entourer sur le télésiège. Et puis, cela change des sempiternels : "Veuillez revenir impérativement dans votre station avant 16 heures" affichés sur le poteau précédent. Pas toujours facile de revenir quand on est resté coincé dans une autre vallée et 16 heures c'est bien tôt et le forfait Grand-Massif c'est cher. Mais revenons à de l'air, de l'eau, c'est tout !

 

Neige de culture. Déjà le mot arrache. On ne fait pas dans l'artificiel, non, faute de pouvoir se prétendre naturel, on fait dans la culture. C'est riche la culture, c'est noble, c'est grand, bienfaisant, on fait pousser des choses, de bonnes choses, et peut-être même que, avec un peu de chance, on apprend des choses.

 

Ce qu’il faut savoir, c’est que la neige de culture produite par les dizaines des milliers de canons, ce sont des retenues d’eau creusées à la dynamite et au bulldozer, ce sont des modifications de l’écoulement des eaux torrentielles pas toujours calculées, des barrages pas forcément sécurisés et qui seront encore un problème quand les stations de ski fermeront faute de carburant, c’est de l’eau qui ne retourne pas nécessairement à sa destination, c’est enfin de l'énergie et donc pas loin de 10 tonnes de CO2 par hectare, soit sur le parc de ski alpin français un accroissement kilotonnesque du dérèglement climatique.

 

Mais non, circulez, détendez-vous, skiez tranquille braves gens, ce n’est que de l’eau et de l’air, quoi de plus sain, de plus naturel ! Et puis, pour ceux qui auraient un peu trop d’esprit critique, la station nous rappelle, sur le poteau suivant du télésiège, que le ski, ce sont des milliers d’emplois créés. Qui peut être contre la création d’emplois ? Alors, ne gachez pas le plaisir de tous ces braves gens, SVP.

 

Pour plus d’infos sur le business de l'or blanc, louez le DVD reportage de l'excellent Gilles Perret Ça chauffe sur les Alpes.  

  

* On nous ment est une nouvelle rubrique très prétentieuse qui cherche son inspiration chez Noam Chomsky mais pas seulement. Elle puisera aussi chez Franck Lepage, Jean-Pierre Le Goff, Eric Hazan voire même Philippe Muray… enfin chez toius les gens qui ne prennent pas les discours et les mots ambiants pour des lanternes à guider les aveugles.