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24/11/2011

Air chinois

veridique_histoire_compteurs_air.jpg

Dans l’empire du milieu, la qualité de l’air empire.

(Illustration : la vérifdique histoire des compteurs à air  (1973) raconte un monde un peu triste, à la Cardon, où les gens sont contraints d'utiliser des compteurs à air et de payer le prix.)

A Pékin, comme à Genève, le mois de novembre amène son lot de smog . Et, si on se fie aux mesures officielles, il n’y aurait pas de quoi s’alarmer. Les indicateurs sont au jaune clair : Pollution légère. A Genève, ces jours, on en est à pollution modérée.

L’ambassade américaine dans la capitale chinoise a d’autre chiffres. Ces sournois de ricains décèlent les particules de moins de 2,5 microns (PM 2,5) au lieu de s'en tenir aux "particules grossières" de 10 microns comme le font les chargés de la protection environnementale pékinoise. Petit problème l’indice ricain est téléchargeable sur smart phone et indique jusqu’à 300 µg/m3, alerte rouge vif quand la météo chinoise dit "pollution légère".

pollution_Chine.jpgLes chinois les plus aisés ont décidé que la chose n’était plus tolérable. Et au lieu de vendre des compteurs à air, ils agissent. Pan Shiyi, figure de l'immobilier local, a écrit sur son microblog chinois, qui a plus de 7 millions d'abonnés : « On est tous égaux devant l’air qu’on respire ». Ce citoyen a vraiment tous les culots. En plus il réclame le PM2,5 des américains. En plus, d’autres tycoons (mot d’origine chinoise) leaders riches et respectés suivent Pan Shiyi dans sa démarche.  

Mais le centre de contrôle de qualité de l'air de Pékin maintient que Pekin a connu "63 jours d'excellente qualité de l'air sur les dix derniers mois, soit 12 de plus qu'en 2008". L’indice PM2,5 des ricains agace au plus haut niveau à l’excellent motif qu'il "crée de la confusion dans la population chinoise" et "sabotent l'autorité du bureau de l'environnement". Bref les gens du haut niveau déteste qu'on chinoise et qu'on leur pompe l'air.

Cerise sur le gâteau, les internautes chinois ont déniché le site Internet du fournisseur officiel de purificateurs d'air de Zhongnanhai, le complexe sécurisé ou vivent et travaillent les leaders chinois, tout près de la Cite interdite. Un fabricant chinois basé dans le Hunan, a installé 200 purificateurs d'air à Zhongnanhai depuis 2008. Et "c'est une bénédiction pour le peuple de savoir que nos purificateurs ont créé un environnement sain et propre pour les hauts dirigeants"...

Ils sont cons ces riches chinois, z’ont qua utiliser des purificateurs eux aussi et surtout en vendre à la populace.

11/08/2011

Makine à Petersbourg

Avec une touche de sérendépité, j’avais choisi un livre d’Andreï Makine, La vie d’un homme inconnu, pour partir quelques jours à St Petersbourg.

 

L’histoire débute avec Choutov, un écrivain, la cinquantaine, d’origine russe qui vit à Paris et écrit en français (mais n’a pas le Goncourt). Suite à une histoire d’amour qui finit mal, Choutov part pour St Pétersbourg pour renouer avec une de ses ex. Il la retrouve au milieu des fêtes du 300ième anniversaire de la ville (2003 ?). Comme la ville, son amie est complètement absorbée par le maelström de la féroce modernité qui agite la vie des VIP et autres nouveaux riches en Russie et dans cette belle cité en particulier.

 

L’amie en question est sur un gros projet immobilier qui marche du feu de Dieu. Il y a juste un petit hic, trois fois rien, un vieillard grabataire et muet qui ne peut pas rejoindre son hospice. Le problème sera réglé après le week-end. Le fils de son amie, Vlad, un djeune hyper branchouille, confie la garde du complexe immobilier et donc du vieux à Choutov. Celui-ci a l’idée de montrer la télé qui diffuse en boucle la modernité simplette sur CNN (quelques mini-reportages bien choisis par Makine) au vieillard alité.

 

Et le muet, qui s'apelle Volsky, touché sans doute par ce geste, se met à raconter sa vie à Choutov. Il a connu l'horrible siège de Leningrad (ex. St P.) et raconte ses heurts et malheurs. C’est tragique et très triste. La stupidité de la guerre et de ces années de communisme y est montrée dans toute son effrayante horreur.

 

Ce qui m’a surtout plu dans ce livre, c’est la réflexion qui naît du choc de ces deux mondes qui ne semblent plus du tout corrélés. On dirait que plus personne ne se rappelle (à part l’écrivain bien sûr) que l’histoire de Volsky, l’inconnu, est le passé pas si lointain de ces gens qui célèbrent le tricentenaire de Petersbourg dans un capharnaüm d’images et de non sens mondialisé.

 

Le mot du jour : Capharnaüm était une ville de Galilée. Son nom vient de l'hébreu כפר נחום Kfar (village) et Nahum (compassion, consolation). Désigne un état de pagaille, de désordre.