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14/03/2006

Jaloux ?

medium_pmartin2.jpgAprès Annie Hall il y a trois semaines, ce soir le ciné-club de St Ju passait Sonate d’automne, des merveilles dont je reparlerais ici.

J'ai reçu aujourd'hui une lettre de France Inter. Il faut envoyer une lettre d’acceptation et de bon pour règlement. C’est prêt ! J’ai même demandé l’autorisation de mettre des notes de lecture sans prendre trop parti. C'est pour rassurer les inquiets :-)

Je fais des jaloux, nous faisons des jaloux, Alexandra et moi, n’est-ce pas JPaul ? Alexandra c’est ma co-jurée, qui s’est signalée dans un commentaire cet après-midi. Elle a été choisie au premier essai, il y en a qui sont chanceuse. Je sens que l’aventure s’annonce palpitante.

Depuis cette nomination comme juré, on en parle beaucoup autour de moi. Il y a plusieurs types de réactions. Ceux qui ne savent pas de quoi on parle. Cela me surprend toujours qu’après 31 prix et autant de battages annuels, il puisse y avoir encore autant de gens pas au courant…

Et puis il y a ceux qui connaissent très très bien, qui ont éventuellement postulé une fois ou plus et qui me regardent avec un air envieux. Ils expliquent aux autres ce qu’est ce prix, un prix décerné par des lecteurs, pas par l’intelligentsia parisienne qui fait la pluie et le beau temps de la littérature française, un prix qui n’est pas concocté par des jurés confortablement installés chaque année chez Drouant et dont on dit qu’ils défendent plus leur éditeur que les livres… non le Livre Inter, ce sont des lecteurs passionnés qui sont podologue :-), infirmière, agent de maîtrise, vendeurs… et dont on peut être sûr et certain que le 14 mai, ils auront humé, caressé, lu, décortiqué, pesé, soupesé, analysé les dix livres en compétition.

Pour jeter un peu d’huile sur le feu de leur jalousie, je leur dis mon plaisir anticipé de rencontrer Jean Echenoz, les autres jurés, Vincent Josse le découvreur de talents passionné, et j’ajoute perfide « et peut-être même Patricia Martin. » Les yeux de ceux qui connaissent Patricia s’allument… on me parle du Masque et la plume, de Philofil, de ses chroniques littéraires… C’est incroyable le nombre de fans de Patricia (photo).

Et il y a aussi le Dauphiné qui m'a appelé, c'est la gloire!

00:05 Publié dans Livre Inter | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : Littérature

12/03/2006

Ravel

medium_ravel.jpg[Source]

 

Jean Echenoz

 

Ravel

 

Roman

 

Avant de lire les dix livres du prix Inter, je lis et relis Echenoz. Si vous n'avez rien lu de lui vous pouvez commencer par Ravel, un petit livre de 124 pages à 12 euros sorti depuis peu et victime de tous les éloges.  Ce roman nous raconte les dernières années de la vie du compositeur français Maurice Ravel (1875-1937).


Il n'est pas facile de rendre la vie par l'écriture et de ce point de vue, ce Ravel est une réussite. Il y a ici du Flaubert. Dès les premières pages on rentre dans la baignoire du compositeur, puis on prend le bateau, le France, avec notre héros et ses vingt-cinq pyjamas, ses soixante chemises, ses soixante-quinze cravates, ses trentes paires de chaussures plus ou moins vernies. Un Ravel en première classe, tiré à quatre épingle...  A New York, le 7 mars 1928, il fête ses 53 ans. Puis, on participe à son tour moucheronesque et vibrionnant des Etats-Unis dans des trains de luxe, des hôtels de luxes, des réceptions où il mange mal, lui qui "aimait la viande rouge bleue"... Il revient en France et on arrive à ce fameux boléro, « ce petit truc en ut majeur qui va marcher cent mille fois mieux que La Madelon. »  Pas beaucoup d'oeuvres citées, même pas sa pavane pour une infante défunte dont le titre sonne si bien.


Ravel fut grand comme un jockey, donc comme Faulkner. Son corps était si léger qu'en 1914, désireux de s'engager, il tenta de persuader les autorités militaires qu'un pareil poids serait justement idéal pour l'aviation. Cette incorporation lui fut refusée, d'ailleurs on l'exempta de toute obligation mais, comme il insistait, on l'affecta sans rire à la conduite des poids lourds.


Le personnage toujours souriant, dandy et solitaire était-il sympathique? Difficile à dire. Echenoz nous renvoie à la vérité de l'être sur la fin de sa vie entre art et vanité. Il y a au moins deux choses que j'ai aimé chez Ravel, c'est qu'il s'intéresse au Jazz, ce qui ne devait pas être si courant à l'époque, et il ne se prend pas toujours pour un maître. A preuve ce paragraphe.

Il est devenu tellement incontestable que les jeunes compositeurs commencent à s'énerver, ruent dans les brancards jusqu'à l'éreinter dans la presse mais on dirait qu'une fois de plus il s'en fout. Un soir qu'il assiste avec le jeune Rosenthal à un ballet de Darius Milhaud, il applaudit à se faire mal et trouve ça parfaitement formidable, bravo, magnifique, superbe. Mais enfin, lui dit son voisin, vous ne savez pas ce que Milhaud dit de vous ? Il passe son temps à vous traîner dans la boue. Il n'a pas tort, fait observer Ravel, c'est ce qu'il faut faire quand on est jeune. Un autre soir avec Hélène, cette fois c'est un autre ballet composé par Georges Auric et qu'il trouve tout aussi formidable, tellement bien qu'il veut aller complimenter l'auteur. Comment, dit Hélène, vous iriez féliciter Auric après ce qu'il a écrit sur vous ? Pourquoi pas, répond-il. Il tape sur Ravel ? Eh bien il a raison de taper sur Ravel. S'il ne tapait pas sur Ravel, il ferait du Ravel et ça suffit, maintenant, avec Ravel.

 

Je ne vous raconte pas la fin un peu triste et qui nous ramène à un autre époque.

00:05 Publié dans Livre Inter | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : Littérature

10/03/2006

Juré !

Voilà, j’ai été choisi.

Je m’étais fait à l’idée de ne pas être sélectionné, je me disais même que j’allais gagner du temps et lancer un nouveau blog et puis voilà, mon nom est tombé ce midi au 13-14 de France-Inter. J’avais dit dans ma lettre que je tiendrais la chronique sur mon blog, je vais donc le faire. Je vais vous parler des dix livres que je vais lire d’ici le dimanche 14 mai et un peu de l’expérience que cela représente d'être membre d'un jury populaire qui décerne un prix très prisé et qui peut lancer la carrière d'un écrivain.

Pour l’instant, je suis un peu surpris et plutôt content. Ce soir, le téléphone n’a pas arrété de sonner, à croire que tout le monde écoute la radio à midi. Certains avaient été avertis par des copains par email… C’est étonnant de voir comment les réseaux fonctionnent bien.

Vous avez peut-être lu le début de ma lettre ici. Mon fils a fait remarquer que finalement, c’était comme partout, qu’il n’y avait que la lèche que marchait. Et si vous lisez la fin, vous allez voir, c’est encore pire, de la pure flagornerie…
_______la _ fin____________________________________

Que dire de plus ? Que la lecture est sans doute le seul domaine où je ne cours pas le risque de devenir blasé. Bien sûr mes goûts ont changé, je ne relis plus Jules Verne avec le même appétit mais quand on me parle avec enthousiasme des nouvelles de Flannery O’Connor, de celles de Trevor William, du Siège de l’aigle de Carlos Fuentes, du Tzvetan Todorov, de ce recueil de nouvelles de Mishima, DoJoji paru en Folio, en parlant de Folio, j’aimerais aussi relire ces courtes nouvelles de Tchekhov… Alors, il me prend des envies furieuses d’île désertes pour enfin lire tout mon soûl et peut-être écrire… un peu.
 
Depuis l’an dernier, il y a autre chose qui me mange du temps et me soustrait un peu plus à mes obligations sociales et familiales : Les blogs. Passionnants ces blogs littéraires qui allongent la liste des livres à lire, des notes à publier, des commentaires à faire…

(…) Et, vous savez quoi ? Je vais tout écrire sur mon blog. Et même que, si vous me choisissez, je vais consacrer mon blog rien qu’à cette expérience, comme ça non seulement je rencontrerais ce grand écrivain qu’est Jean Echenoz mais en plus je passerais à Blog à part l’émission du matin sur France-Inter, parce que j’ai oublié de vous dire tout le bien que je pense de France-Inter :-)

00:05 Publié dans Livre Inter | Lien permanent | Commentaires (12) | Tags : Littérature

01/03/2006

Lettre Inter

medium_lettre_de_motivation.jpgUn extrait de ma lettre pour participer au jury du livre inter:

Saint-Julien le 4-février-2006

Je suis un multirécidiviste à cheval sur le siècle. Ce qu’il y a de bien, c’est que je peux reprendre l’entête des années passées. Ce qu’il y a de moins bien c’est que je ne connais toujours pas les consignes. Lettre longue ? Lettre courte ? Curriculum de lecteur détaillé ? …


Il y a juste une chose que j’ai notée ces deux dernières années à la lecture des bribes de lettres qui précèdent l’annonce des noms des vingt élus au journal de 13 heures, il est de bon ton dans sa lettre de dire qu’on aime bien le futur président du jury (vrai, écoutez les enregistrements !) Donc, je vous dis tout de suite à quel point je suis un fan de l’œuvre de Jean Echenoz, pas seulement son Goncourt, le sublime et  incontournable Je m’en vais qui met en scène cet attachant et inoubliable personnage de Ferrer mais aussi ce Cas Ravel un texte parfait que seul la musique de Ravel égale en beauté. Voilà qui est fait !  


Il me semble que si vous n’avez jamais retenu mes lettres, c’est parce que je m’y étais résolument présenté sous mon meilleur profil. Cette fois, j’ai décidé d’être franc : Il y a du Mister Hyde en moi. Non, je n’ai as été le bon père, le bon mari que je vous avais dépeint, en fait j’ai passé une grande partie de ma vie à me prélasser pendant que ma femme assurait les tâches domestiques. Je n’ai pas mon pareil pour me tirer au moment de la vaisselle avec un bon bouquin.

(Il y en a que cet excès de franchise vont étonner:-)

T'as aucune chance a dit ma femme. Elle a raison!

06:20 Publié dans Livre Inter | Lien permanent | Commentaires (13) | Tags : Littérature

24/02/2006

Livre Inter

medium_jean_echenoz.jpgJean ECHENOZ

Président du Jury du Livre Inter 2006.

Né en décembre 1947, à Orange, Jean Echenoz publie son premier livre à 22 ans en 1979 "Le méridien de Greenwich". Il remporte de nombreux prix dont le Prix Médicis pour "Cherokee" en 1983, le Prix Novembre 1995 pour "Les grandes blondes" et le Prix Goncourt, en 1999, pour "Je m'en vais". En hommage à son éditeur disparu, il publie "Jérôme Lindon" En 2001. "Au piano" en 2003. Tous sont publiés aux Editions de Minuit. "Ravel", son douzième livre, paraît en ce début 2006. On y retrouve son écriture sèche, précise, et son ironie, pour évoquer les dix dernières années de la vie de Maurice Ravel.

Voilà, j'ai encore postulé cette année pour faire partie du jury. J'ai envoyé une lettre comme chaque année et j'attends le jeudi 9 mars pour l'annonce de la composition du jury.