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28/05/2011

Frédéric Lordon

Connaissez-vous Frédéric Lordon ? C'est un économiste français indispensable. Il est directeur de recherche au CNRS.

Ses travaux comportent notamment un programme de recherche spinoziste en sciences sociales et ses récentes propositions concernant la crise financière avec son ouvrage Jusqu'à Quand ? Pour en finir avec les crises financières ont été accueillies avec intérêt.

Il propose un impôt nommé le SLAM (Shareholder Limited Authorized Margin, ou marge actionnariale limite autorisée) pour lutter contre les « ravages de la finance ». Le SLAM consiste à fixer un niveau de rentabilité actionnariale maximale au-delà duquel est appliqué un taux d'imposition confiscatoire.

Ecoutez le répondre à l'intriguante question, déjà posée par Kou l'ahuri, : "Les financiers sont-ils plutôt cons ou plutôt cyniques ?"


Frédéric Lordon parle du monde de la finance par Complot_helleno_balayeur

08/12/2010

Ninja

  

Qu’est ce qu’un Ninja ?

Un guerrier-espions japonais du moyen age qui pratiquait le ninjutsu entre le 12ième et le 16ième siècle. Les ninjas étaient cagoulés, experts en techniques de diversion, dissimulation et empoisonnement. Ils n’étaient pas soumis aux taxes ni au code d’honneur (bushido) des samouraïs.

Un Ninja trader est un guerrier moderne de la finance qui a appris à fourguer des prêts (Ninja Loan) à des gens qui n’ont pas de revenu (No Income), pas de boulot (No Job) et pas de patrimoine (no Asset). Si vous allez sur Internet, on vous propose des dizaines de formations et des milliers d’astuces pour réussir dans ce monde merveilleux de l’arnaque collective. On prête du fric à des gens qui n’ont rien, certains s'enrichissent artificiellement et ensuite c’est la collectivité qui va devoir se débrouiller avec les dettes et la pauvreté.

Deux ans après la crise des sub-primes (une des techniques Ninja), on n’a toujours pas exterminé ces dangereux guerriers, au contraire on continue d’en former de nouveaux. Comme les soldats japonais, ils se dissimulent cachés derrière leurs écrans plats. Ils génèrent chaque jour des milliards de mouvements financiers basés sur du sable - plus de 95% des transactions financières n’ont rien à voir, de près ou de loin, avec un quelconque besoin de fabriquer, divertir ou commercer- L’escroquerie fait florès. Et nous ? On laisse faire.

13/10/2009

Imbécile

Ca-vient.jpgUn article fort intéressant de George Monbiot dans le Guardian qui explique que ce qui pèse lourd dans le déséquilibre écologique de la planète, ce n’est pas la surpopulation des pauvres mais l’hyperconsommation des riches. Il parle d'un bateau qui ridiculise les conducteurs des 4x4 les plus idiots, genre Hummer H1 (photo) ou encore les jets de nos ministres qui ne consomment que 750 litres à l’heure.

Ca-vient.jpgIl cite ce bateau en photo,  le WallyPower 118 (qui confère aux imbéciles finis un sentiment de puissance [En argot anglais, wally signifie imbécile]). Un bateau à usage privé, pour la famille et quelques amis choisis.

Il consomme 3 400 litres a l’heure lorsqu’il file à 60 nœuds. Ce n’est pas loin d’un litre par seconde. Mesuré autrement, 3100 litres au 100 kilomètres, soit 1000 fois plus que mon scooter. Bien sur, pour faire un vrai tabac, il faut du tek et des accessoires en acajou de mahogany, y ajouter quelques jet skis, ainsi qu’un mini sous-marin, transporter ses invités au port en jet privé et en hélicoptère, leur offrir des sushis de thon rouge et du caviar beluga, et pousser le monstre si rapidement qu’il hachera menu la moitié des espèces rencontrées. Voilà comment un homme seul peut provoquer plus de dégât à la biosphère en 10 minutes que la plupart des Africains ne peuvent le faire au long de toute une vie.

Le Musée d'Art moderne de San Francisco à choisit le 118 WallyPower comme seul bateau de son exposition d'architecture et de design Glamour : Fashion, Industrial Design, Architecture du 9 octobre 2004 au 16 janvier 2005.

14/10/2008

Récession 2

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Suite à mon article sur la récession, Dario avait expliqué qu’il ne fallait pas confondre récession et ralentissement. Sur ce j’avais tenté une comparaison vélocipédique en disant que le ralentissement c'est quand tu pédales plus vite et que tu avances moins fort et la récession c'est quand tu pédales plus vite et que... tu recules. Daniel dit que ni le modèle cycliste ni le modèle astronomique ne lui semble corrects. Allons bon !

Daniel relève que la récession astronomique est une expansion alors que la récession économique est une contraction tout en reconnaissant qu’une contraction puisse être en fait une expansion négative. Espérons seulement que cette récession économique qui se profile ne soit ni astronomique ni totalement négative par ses conséquences et donc qu’elle ne reste qu’un ralentissement.

Ceci dit, on ressent bien le besoin de ralentir. Ce qui me rappelle une anecdote que me racontais le même Daniel qui enseignait jadis la conduite automobile à des jeunes marocains. Ceux-ci, qui n’était jamais monter en voiture, freinaient au dernier moment, c'est-à-dire quand la voiture était à un mètre du mur donc elle finissait en mauvais état. D’où l’idée qu’un petit ralentissement par anticipation pourrait être bénéfique.

Daniel me signale aussi qu’en anglais le mot recession peut signifier aussi un retrait. Vérification faite je trouve “Recession*: Le retrait du cœur (de l’église) du clergé et du choeur (des chanteurs) en procession à la fin d’un office » Une sorte de coïtus interromptus du clergé et des chanteurs. Faudra-t-il interrompre le coït ultra-libéral pour quitter en procession les ruines fumantes de notre système économique en chantant "ite missa est" ? On verra bien.

* the withdrawal of the clergy and choir in procession from the chancel at the conclusion of a church service”

16/09/2008

Banqueroute

Le rêve américain, selon Wikipedia, est l'idée selon laquelle n'importe qui, vivant aux Etats-Unis, peut, par son travail, son courage et sa détermination, devenir prospère. Une idée est aussi vieille que la découverte du continent américain.
Ca-vient.jpg

 

Rêve

Banqueroute

Statistiques

et

Ploutocratie

 

Que pense, aujourd’hui, de ce rêve les ex-employés de Lehman Brothers, qui quittent l’immeuble de la banque (banqueroute*) après avoir été convoqués par leur chef pour confirmation de la nouvelle qu’ils connaissaient déjà : « les gars on ferme. Je nous souhaite bonne chance ! » Pourtant début 2007, leur banque faisait encore des profits faramineux et ils ont sans doute acheté quelques actions de plus.

Ce qui est étonnant c’est que, contre toute logique, contre les statistiques** dont les journaux américains sont pourtant friands, le rêve américain va survivre comme il a survécu depuis deux siècles. Il survivra même chez nous en Europe, il y aura encore des gens, souvent riches mais pas toujours, pour nous dire que la précarité, la flexibilité, la loi du plus fort constituent un bon système de gestion de la société.

* Les mots du jour:

Banqueroute. De l’talien Banca Rotta, banc cassé. Au moyen âge on cassait le comptoir du banquier en faillite.

Ploutocratie : Gouvernement par les riches.

**Cette idée de prospérité quasi garantie par le travail impliquerait que d’une génération à l’autre la richesse augmente et que les riches ne seraient pas toujours les mêmes de père en fils. C’est la notion de mobilité économique.

Selon une étude datant de 2007 de The Pew Charitable Trusts, une organisation américaine de réflexion  sociale à but non lucratif, la mobilité économique aux US n'a pas de réalité statistique. Les autres pays font bien mieux, la France (où la mobilité est 1,2 fois plus forte par rapport à celle des États-Unis), de l'Allemagne (1,5 fois), du Canada (un peu moins de 2,5 fois) ou encore du Danemark (un peu moins de 3,2 fois). Seuls les anglais font moins bien que leurs maîtres.